AU DELA DES MONTAGNES

Affiche Au dela des montagnesFilm de Zhang-ke Jia
(Drame – Chinois – 2015 – 2h06 – V.O.S.T)
Avec Zhao Tao, Sylvia Chang, Dong Zijian …

Chine, fin 1999. Tao, une jeune  fille de Fenyang est courtisée par ses deux amis d’enfance, Zang et Lianzi. Zang, propriétaire d’une station-service, se destine à un avenir prometteur tandis que Liang travaille dans une mine de charbon. Le cœur entre les deux hommes, Tao va devoir faire un choix qui scellera le reste de sa vie et de celle de son futur fils, Dollar. Sur un quart de siècle, entre une Chine en profonde mutation et l’Australie comme promesse d’une vie meilleure, les espoirs, les amours et les désillusions de ces personnages face à leur destin.

« En 1999, ils sont jeunes, désirant et pleins d’espérance. Ils dansent à l’unisson sur Go west, le tube des Pet Shop Boys, et c’est, pour eux, davantage qu’une chanson : un irrésistible appel d’air, un rêve d’ouverture au monde occidental et à ses merveilles supposées. Dans une atmosphère post-maoïste, ces filles et garçons de la Chine profonde, électrisés par la culture pop anglo-saxonne, se sentent à l’aube d’une nouvelle ère, plus belle et plus libre. A la fin du film, soit vingt-cinq plus tard, on réentendra cette chanson, Go west, mais chargée d’un tout autre sens. Quel cinéaste est assez fou pour vouloir, et pouvoir, montrer un changement de civilisation dans son pays et au-delà, sur un quart de siècle ? Actuellement, on n’en voit qu’un seul : Jia Zhang-ke, le plus grand réalisateur chinois en activité, l’auteur de Still life et d’A touch of sin. Âgé de 45 ans, il fit partie de cette jeunesse aimantée par l’Ouest, mais rattachée, organiquement, à la Chine traditionnelle. Les trois personnages principaux évoquent, d’ailleurs, les jeunes gens déboussolés de ses premiers films, tournés à cette époque, comme Xiao Wu, artisan pickpocket et Platform. A Fen­yang, ville natale du cinéaste, la gracieuse Tao, issue de la classe moyenne, est aimée par deux jeunes hommes très différents : un mineur humble, comme elle en a toujours connu, et un affairiste nouveau genre, en plein fantasme américain. Hésitante, déchirée, elle se marie avec le second, comme si elle s’obligeait à suivre le sens de l’Histoire. Pour mieux éclairer le destin de ces trois héros, et le faire résonner avec celui de toute une génération, Jia Zhang-ke sort, cette fois, le grand jeu. L’expressivité de certains détails vire à l’outrance sarcastique : le fils de l’héroïne est prénommé Dollar par son père, l’homme d’affaires décomplexé. Des ellipses spectaculaires nous propulsent de la fin du xxe siècle à 2014, puis à 2025. Ce troisième et dernier chapitre se déroule en Australie, eldorado d’une diaspora chinoise richissime, déployant à perte de vue des paysages grandioses tels que le cinéaste en n’avait jamais filmés. Et la taille de l’écran change deux fois, passant du carré au scope, pour accompagner la dispersion des personnages au fil des années. Ces choix donnent le cap, apportent l’ampleur et le souffle, même si le jeu de l’actrice Zhao Tao, muse de Jia Zhang-ke, émouvante à trois âges différents, préserve la finesse originelle de ce cinéma jadis artisanal. Particules égarées dans un monde agrandi, endurci, l’héroïne, son époux, son ancien soupirant, malade, mais aussi son fils se perdent de vue, au point de devenir indifférents les uns aux autres, sauf par bouffées de culpabilité ou de nostalgie dérisoires. Voir la tocade amoureuse de l’adolescent Dollar, loin de chez lui et ne parlant qu’en anglais, pour une maîtresse-maman chinoise, bien vite repoussée. Comme Antonioni en son temps, Jia Zhang-ke met en scène une glaciation progressive des rapports humains, une «éclipse» des sentiments, sur fond de matérialisme, de technologie et de migrations sans fin. Mais sa fougue romanesque, son énergie pop et ses talents d’artificier conjurent la froideur du constat : cette fresque somptueuse nous donne moins le bourdon que le frisson. »
Louis Guichard – Télérama

Ce film est précédé du court métrage
SINGLE LIFE
Film de Marieke Blaauw , Joris Oprins , Job Roggeveen
(Animation – Pays Bas – 2014 – 02’15)

En écoutant un mystérieux 45-tours, Pia peut soudain voyager dans le fil de son existence.

 

Séances

Vernoux (espace culturel Louis Nodon)
vendredi 5 février à 21h
samedi 6 février à 21h
lundi 8 février 20h30

Lamastre (centre multimédia)
jeudi 4 février à 20h30
vendredi 5 février à 21h

Chalencon (salle polyvalente)
dimanche 7 février à 20h30

Bande annonce

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