BELGICA

affiche-belgicaFilm de Felix Van Groeningen
Comédie dramatique – Belgique, France – 2016 – 2h07 – VOST
Avec Tom Vermeir, Stef Aerts, Hélène De Vos…
Interdit -12 ans

SYNOPSIS

Jo et Frank sont frères, et comme souvent dans les familles, ces deux-là sont très différents. Jo, célibataire et passionné de musique, vient d’ouvrir son propre bar à Gand, le Belgica. Frank, père de famille à la vie bien rangée et sans surprise, propose à Jo de le rejoindre pour l’aider à faire tourner son bar. Sous l’impulsion de ce duo de choc, le Belgica devient en quelques semaines the place to be…

CRITIQUE

« La Merditude des Choses avait marqué par son ton doux amer, tandis qu’Alabama Monroe avait surpris aussi bien par sa maîtrise technique que sa propension à jouer les tire-larmes bas du front. On espérait par conséquent que le metteur en scène parviendrait à l’occasion de ce troisième effort à nous proposer un récit qui combine le meilleur de ses précédentes expériences et en élimine les rares scories. Il faut dire que sur le papier, Belgica se prête merveilleusement à une synthèse des thèmes et motifs esquissés précédemment. Nous y suivons deux frères, que la vie a momentanément éloignés, aussi différents que complémentaires, réunis par le projet fou de faire du petit bistrot acheté par l’un d’entre eux un établissement nocturne digne de ce nom. Et le duo de s’embarquer sur le chemin de la gloire éthylique, quitte à sombrer sur une pente stupéfiante. A bien des égards, l’histoire que déroule Felix Van Groeningen est dénuée de surprises, classique, voire convenue. Peu importe, tant l’artiste semble conscient que si la route est connue, le véhicule dans lequel il nous invite à l’arpenter est gonflé à bloc. L’émotion sera le premier carburant du récit, grâce à l’authenticité que lui accordent ses prodigieux comédiens, ainsi que la dimension autobiographique de cette odyssée festive. Au détour de chaque réplique, dans le moindre regard, mouvement d’humeur, se niche l’écho des choses vues, des épreuves vécues, des humiliations bues. C’est que Felix Van Groeningen a passé sa jeunesse dans l’établissement qui inspire Belgica. Toutefois, le métrage ne se contente pas d’afficher une humanité et un sens de l’anecdote frappant, il fait également preuve d’une virtuosité esthétique qui laisse souvent bouche bée. Fort d’une partition musicale protéiforme et surpuissante signée Soulwax, le réalisateur s’échine à mêler image et son le plus intimement possible. Un mariage d’une efficacité rare, qui ne tombe jamais dans l’illustration glacée symptomatique du clip vidéo, mais permet au scénario d’avancer sans même s’encombrer de dialogues. En son cœur, le film recèle ainsi des séquences de plusieurs minutes, véritables articulations de l’œuvre, qui se meut alors au rythme des concerts, des live et des hémorragies de champagne. La mise en scène se mue ainsi en un véritable tour de force, qui culmine lors de l’ultime séquence de Belgica, ou le temps d’un long plan séquence désabusé, un des protagonistes mesure avec amertume le chemin parcouru, ce que son rêve aura consumé, dévoré et la fragilité des biens remportés en contrepartie. Sans révolutionner le genre du Rise and Fall, Belgica le ramène sur le plancher des vaches et nous met soudain face à ce que nos ambitions recèlent de plus excitant, salvateur et amer. Un constat évident, magnifié par le savoir-faire racé de son auteur, qui signe ici son meilleur film. »
Simon Riaux – Écran Large

SÉANCES

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