BLANCANIEVES

affiche BlancanievesFilm de Pablo Berger
(Drame – Espagne – 2013 – 1h44 – Sans dialogue)
Avec : Maribel Verdú, Daniel Gimenez-Cacho, Ángela Molina …

Chaque année apporte son adaptation sur grand écran de Blanche-Neige: l’année passée, le long métrage de Tarsem Singh épousait le point de vue de la marâtre ; plus grave, Blanche-Neige et le chasseur de Rupert Sanders naviguait entre film fantastique et épopée de reconquête du pouvoir. À l’évidence, Blancanieves s’impose comme l’adaptation la plus originale et la plus belle. Dans l’Espagne des années 1920, une foule converge vers les arènes pour une corrida. Six taureaux pour un seul matador, le célèbre Antonio Villalta. Dans les tribunes, une spectatrice vibre plus que tout autre à ses passes : la belle Carmen de Triana, son épouse, non loin du terme de sa grossesse. Mais le toréador, blessé, est emporté à l’hôpital entre la vie et la mort. Choquée, Carmen accouche et décède en mettant au monde une petite fille, Carmencita. D’abord élevée par sa grand-mère, l’enfant, à la disparition de celle-ci, tombe entre les mains de sa belle-mère, Encarna, qui lui impose les tâches domestiques les plus rudes et cache sa présence à Villalta. Plus tard, elle charge son amant de tuer Carmencita. Laissée pour morte, la jeune fille est recueillie par une troupe de forains toréros qui la rebaptisent du nom de l’héroïne à la peau si blanche. On pourrait se croire loin du conte des Grimm, et pourtant tout est là (ou presque) : Blanche-Neige, le père veuf, la marâtre cruelle, les (six) nains, la pomme fatale… Entre les mains du scénariste et réalisateur Pablo Berger, l’histoire s’enrichit, multiplie les rebondissements qui réussissent à surprendre malgré une trame familière. Elle puise sa profondeur dans le récit de l’enfance, un contexte historique et social fort, une réflexion sur l’héritage paternel et la place de la femme. Le cinéaste s’autorise des emprunts à d’autres contes : la piqûre au bout du doigt de la Belle au bois dormant, la condition misérable de Cendrillon, le coq qui ouvre le chemin de la transgression comme le lapin dans Alice au pays des merveilles…  Le parti pris radical consistant à réaliser un film muet et en noir et blanc ajoute à l’intensité de Blancanieves. Dénué de paroles, il laisse toute la place à l’image. Sublime, celle-ci concilie le contraste de noirs profonds et de blancs lumineux, avec une fascinante richesse de détails que permet une restitution minutieuse de l’Espagne des années 1920. Alors que The Artist rendait hommage au cinéma muet en noir et blanc, Blancanieves semble le réinventer. L’absence de dialogue sert l’émotion, tant le jeu des acteurs, entre expressionnisme des films de Murnau et interprétation moderne, est maîtrisé. Blancanieves est un film libre et émouvant, infiniment personnel, il se décline comme un poème lumineusement cruel, rythmé par la flamenco endiablé d’Alfonso de Vilallonga.

Ce film est précédé du court métrage:

JE MAUDIS MA NUIT
Film de Félicie Haymoz (Animation – France – 2011 – 08’30 – Sans dialogue)

Perdu dans ses cauchemars, Thirry le gardien du phare regarde tristement les méduses qui passent en ondulant derrière les fenêtres… Il y a des années que son phare s’est abîmé sous l’océan. Dans sa chambre vide, Lucie contemple la gravure d’une plage lointaine. Lucie s’endort. Thierry perd le sommeil. Tous deux vont se rejoindre sur la plage de leurs rêves…

Séances

Vernoux (salle Louis Nodon)
samedi 23 février à 18h
dimanche 24 février à 15h
lundi 25 février 21h
Lamastre (centre culturel)
jeudi 21 février à 21h
vendredi 22 février à 18h
Chalencon (salle polyvalente)
dimanche 24 février à 20h30

Bande annonce

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