BLUE JASMINE

Affiche Blue JasmineFilm de Woody Allen
(Comédie dramatique – USA – 2013 – 1h38 – V.O.S.T.)
Avec: Alec Baldwin, Cate Blanchett, Sally Hawkins, Peter Sarsgaard …

Alors qu’elle voit sa vie voler en éclat et son mariage avec Hal, un homme d’affaire fortuné, battre sérieusement de l’aile, Jasmine quitte son New York raffiné et mondain pour San Francisco et s’installe dans le modeste appartement de sa sœur Ginger afin de remettre de l’ordre dans sa vie.

« Qui attendait de Woody Allen qu’il s’empare d’un sujet aussi contemporain, aussi brûlant que le déclassement ? Minuit à Paris et To Rome with love, ses deux films précédents, disaient son retrait du monde, sa fuite dans le passé. Au contraire, Blue Jasmine semble avoir été conçu sous le coup de l’affaire Madoff et de la ruine d’une multitude d’Américains depuis la fin des années 2000. La dégringolade a un visage, celui de cette Jasmine cafardeuse, « blue » en anglais. Elle vivait la grande vie à New York, épouse d’un homme d’affaires richissime. Elle débarque à San Francisco seule, gavée d’anxiolytiques et criblée de dettes, avec des bagages Vuitton, une veste Chanel et une allure altière comme seuls vestiges de ses années fastes. Jasmine parle toute seule ou à n’importe qui. Elle a souvent les larmes aux yeux et la sueur au front. Elle a tout le temps envie d’une vodka-Martini. Elle manque d’air et s’applique à inspirer profondément, comme le conseillent les psys. C’est un personnage pathétique et spectaculaire, risible et bouleversant. Il n’y a que Woody Allen pour tenir cet alliage instable pendant tout un film. C’est même une vertu qu’il cultive avec le temps, et porte aujour­d’hui à un degré de maîtrise sensationnel. […]. Blue Jasmine est à la fois un vrai mélo et une grande comédie. Le déclassement de Jasmine a des résonances cinéphiles et théâtrales. Cette femme paumée, hagarde, divagante, qui débarque chez sa sœur prolo, laquelle forme un couple avec une brute sexy, oui, c’est forcément un peu Blanche DuBois dans Un tramway nommé désir. Même si la pièce et le film ne sont pas mentionnés au générique, Woody Allen s’amuse à en actualiser la trame. Qu’est-ce qui peut briser une femme aujourd’hui ? Non plus d’avoir été l’épouse d’un gay, comme au temps de Tennessee Williams, mais l’épouse, crédule et passive, d’un homme faussement protecteur, un vrai sac à fric, sans morale, menant tout le monde à l’abîme […]. Comme Blanche DuBois, Jasmine refuse la réalité, ne peut s’empêcher de mentir, de truquer. Il fallait donc, pour l’incarner, mieux qu’une actrice : une actrice au carré, qui sache jouer à jouer. Cate Blanchett est prodigieuse, tant elle refuse la victimisation de son personnage et dégage de force arrogante dans la déconfiture. […] L’irrésistible, dans ce personnage, c’est qu’elle est non pas une folle, mais l’exagération — légère — de névroses très partagées aujourd’hui. Chacun pourra se reconnaître un tant soit peu. […] Jasmine dira ainsi, pour justifier ses mensonges, un lieu commun dans l’air du temps : « On a bien le droit de se réinventer ! » Par son versant dépressif, elle reflète un autre mal du siècle : le désespoir de n’être pas à la hauteur de ses propres rêves. Elle veut, dit-elle, « un métier d’envergure », pas comme sa sœur, caissière.[…] Envers elle, Woody Allen le fabuliste se fera cruel comme il ne l’a jamais été avec aucune de ses héroïnes — c’est pourquoi la solidité, la dureté de Cate Blanchett sont si indispensables. A l’évidence, il s’en prend, à travers Jasmine, à notre époque, avec le regard sans pitié de celui qui en a connu d’autres — d’époques. Bourgeoise cousue de fil blanc, petite grande dame de pacotille, la belle semble s’approcher toujours plus près du précipice. Pourtant, une anecdote, au passage, laisse filtrer un peu de compassion, un début d’espoir, une lueur. Aux deux tiers du film, Jasmine s’attarde un moment sur le sens de son (faux) prénom. La fleur de jasmin bleue, assure-t-elle, est une variété qui s’épanouit seulement sur le tard, à la tombée du jour… C’est tout le mal qu’on lui souhaite. »
Louis Guichard – Télérama

Ce film est précédé du court métrage:
MADEMOISELLE KIKI ET LES MONTPARNOS
Film de Amélie Harrault
(Animation – France – 2013 – 14’27 »)

Kiki de Montparnasse était la muse infatigable des grands peintres avant-gardistes du début du XXe siècle. Témoin incontestable d’un Montparnasse flamboyant, elle s’émancipera de son statut de simple modèle et deviendra reine de la nuit, peintre, dessinatrice de presse, écrivain et chanteuse de cabaret.

Séances

Vernoux (salle Louis Nodon)
samedi 26 octobre à 18h
dimanche 27 octobre à 17h
lundi 28 octobre à 20h30

Lamastre (centre culturel)
jeudi 24 octobre à 21h
vendredi 25 octobre à 21h

Chalencon (salle polyvalente)
dimanche 27 octobre à 20h30

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