COMME UN AVION

Affiche Comme un avionFilm de Bruno Podalydès
(Comédie – France – 2015 – 1h45)
Avec: Bruno Podalydès, Agnès Jaoui, Sandrine Kiberlain …

Michel, quinquagénaire passionné par l’aéropostale, qui se rêve en Jean Mermoz dès qu’il monte sur son scooter, fait l’acquisition d’un kayak… qui ressemble à s’y méprendre à un fuselage d’avion. Après avoir pagayé des heures sur son toit, poussé par sa femme, il largue les amarres et part sur une jolie rivière inconnue. Sa grande traversées en solitaire ne va pas durer bien longtemps avant qu’il ne tombe sur la guinguette de Laetitia…

« La crise de la cinquantaine, personne ne l’avait imaginée ni filmée comme ça. Non pas sur la Riviera en décapotable aux côtés d’une créature ardemment aimée, et beaucoup plus jeune. Non pas sur un trois-mâts avec selfies exaltés devant les merveilles du monde. Mais comme une échappée minuscule, un voyage quasi immobile en eau douce et au ralenti… Avouons-le, on s’est souvent identifié aux héros rêveurs, pas toujours battants, des comédies de Bruno Podalydès : trentenaire faisant de l’indécision un art (Dieu seul me voit, 1998), père rendu irascible par son fantasme de plaisance (déjà ! — Liberté-Oléron, 2001), plus récemment pharmacien qui rêve d’une autre vie (Adieu Berthe, 2012). Jusque-là, c’est le cadet des frères Podalydès, Denis, qui prêtait son talent de «comédien-français» à ces hommes fragiles et raisonneurs. Cette fois, c’est le cinéaste lui-même, Bruno, qui s’y colle, avec une puissance burlesque et poétique remarquable, chaînon manquant entre Edouard Baer et Alain Chabat. En s’offrant le premier rôle, il abandonne la veine truffaldienne (suivre Denis comme Truffaut suivait Léaud) pour l’autofiction façon Nanni Moretti — on jurerait qu’il a revu Journal intime avant de se filmer à deux-roues, écharpe blanche au vent. Donc, Michel, dit à son corps défendant «Choumi», plaque temporairement son boulot de graphiste 3D – le nez en permanence dans les réalités… virtuelles – pour la petite grande aventure dans la vraie vie. Lui qui rêve d’aéropostale se contente d’un «avion sans ailes», comme le chantait Charlélie Couture : un kayak. Sa capacité d’émerveillement devant le mot, un palindrome, puis l’objet, un Grand Raid à ossature bois, enchante. Une fois assemblé, lesté de provisions choisies, posé sur l’eau pas trop vive d’une petite rivière, ce vaisseau magnifique le mènera enfin ailleurs. Jusqu’à la mer, peut-être, si la distance n’excède pas la petite semaine de congé qu’il a prise. Puisqu’il s’agit d’une mini-Odyssée, notre Ulysse a sa Pénélope – Sandrine Kiberlain, lumineuse -, épouse compréhensive qui accepte le caprice comme on l’accepterait d’un grand malade ou d’un enfant. Et sur son chemin surgit Circé : elle a les traits plantureux d’une patronne de guinguette (jouée par une Agnès Jaoui libérée et facétieuse) et on ne peut lui échapper. Commencé par une sieste, poursuivi au rythme de l’escargot (de rivière), le périple s’immobilise : quoi que le voyageur tente, le destin le ramène sans cesse au bizarre havre de paix et de pure jouissance, où les femmes sont douces et l’alcool coule en abondance… Comme dans un conte, puisque cette échappée belle tient aussi du retour à l’enfance, avec le Manuel des Castors juniors comme guide, le kayakiste est victime d’un sort qui le scotche à une dolce vita champêtre et arrosée. On aimerait en connaître l’adresse. L’art de Bruno Podalydès est un mélange d’observation ludique du quotidien et de léger décalage, une poé­tisation du réel. En son coeur, ce personnage lunaire, qui monologue mezzo voce sur tout et rien, tente de se laver des songes noirs qui l’habitent, finira par toréer, seul, dans une prairie, avec une tente de camping pour muleta, avant de s’écrouler, vaincu par le plaisir – et l’absinthe. Autour de lui, une galerie de rencontres irrésistibles, collègue sympa mais pédant (Denis Podalydès), voisine nymphomane (Noémie Lvovsky), jolie routarde en carafe que la pluie fait pleurer (Vimala Pons), et autant de situations charmantes ou drôles, toujours inventives. Le rire ou le sourire sont voisins de la mélancolie à mesure que les déambulations s’accompagnent des voix de Bashung (Vénus) ou de Mous­taki (Donne du rhum à ton homme, Le Temps de vivre) : parce que cet hymne aux plaisirs simples, cette fable anti­stress, forme une parenthèse qui, forcément, se refermera. Le temps de (la) vivre, cela faisait des mois qu’on n’avait pas été aussi heureux, serein, complice au cinéma. »
Aurélien Ferenczi – Télérama

Ce film est précédé du court métrage
OMNIBUS
Film de Sam Karmann
(Fiction – France – 1992 – 10’00)

Pour notre homme, l’armature de sa vie, c’est son emploi. Malheureusement, la clef de voûte de son emploi, c’est la SNCF. Qu’un jour celle-ci s’arroge le privilège de modifier ses horaires, et voilà que la vie de notre homme est bouleversée. La pluie tombe, l’hiver est triste, pourquoi faut-il en plus que l’enfer de notre quotidien soit pavé de bonnes intentions?

Séances

Vernoux (espace culturel Louis Nodon)
samedi 18 juillet à 21h
dimanche 19 juillet à 18h
lundi 20 juillet à 21h

Lamastre (centre culturel)
vendredi 17 juillet à 21h
mardi 21 juillet à 21h

Chalencon (salle polyvalente)
dimanche 19 juillet à 20h30

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