DANS LES FORETS DE SIBERIE

affiche-foret-de-siberieFilm de Safy Nebbou
Aventure France – 2016 – 1h45
Avec Raphaël Personnaz, Evgueni Sidikhine

Jouant de ces mirages sans rien forcer, trouvant l’équilibre juste entre la musique d’Ibrahim Maalouf et le silence d’un paysage qui se suffit à lui-même, injectant les hasards de la fiction sans tomber dans l’anecdote, le film avance avec son double désir de dépaysement et de retour à soi.
Sud Ouest

Face au spectacle de ce naufragé volontaire, chacun trouvera ce qu’il cherche. Le caressant réconfort de ne pas être à sa place… ou, au contraire, l’envie puissante d’affronter, comme lui, l’air glacé et les tempêtes de neige.
Culture Box – France Télévisions

Une oeuvre exaltante qui resitue avec magnificence l’homme au sein d’un macrocosme naturel de glace plus que jamais cinématographique.
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SYNOPSIS

Pour assouvir un besoin de liberté, Teddy décide de partir loin du bruit du monde, et s’installe seul dans une cabane, sur les rives gelées du lac Baïkal. Une nuit, perdu dans le blizzard, il est secouru par Aleksei, un Russe en cavale qui vit caché dans la forêt sibérienne depuis des années.

CRITIQUE

« Je suis parti parce que la vie m’étouffait comme le col d’une chemise trop serré. Je voulais vivre de la lenteur, de la simplicité et de l’émerveillement. Ne garder que l’essentiel. Mais on ne peut pas garder l’essentiel, on le découvre. » Las de sa vie terne de citadin, Teddy a quitté la France et ses habitudes pour passer un hiver en Sibérie sur le lac Baïkal.

Malgré un accueil émouvant, sa démarche suscite l’ironie des habitants du cru : « Nous rêvons de vivre en Europe et toi tu viens ici ! » Lorsque Teddy s’installe loin de tout dans une modeste cabane de pêcheur, l’un d’eux glisse narquois : « L’endroit idéal pour se suicider… » Notre exilé n’en a cure : une vie s’offre à lui aussi jubilatoire qu’inédite, mais probablement dangereuse.

La solitude de la forêt

En septembre 2011, Sylvain Tesson publie Dans les forêts de Sibérie dans lequel il relate son retrait du monde, pendant six mois en Sibérie, dans une cabane sur la côte nord-ouest du lac Baïkal, à 120 km du village le plus proche, mais avec quelques amis russes pour voisins. Son livre est couronné en novembre du prix Médicis Essai.Réalisateur de L’Empreinte de l’ange et de L’autre Dumas, Safy Nebbou envisage aussitôt de l’adapter. Mais si l’ouvrage de Tesson avait séduit nombre de lecteurs par son style élégant et ses réflexions sur les conditions de vie dans le monde contemporain, comment ne pas ennuyer le spectateur avec le long tête-à-tête d’un homme avec lui-même ?Pour contourner cette difficulté, Safy Nebbou invente de toutes pièces un anti-alter ego : un Russe contraint à la solitude de la forêt, sans possibilité de retour à la société des humains avant de longues années. S’il passe par un cliché éculé (le sauvetage du héros inanimé par un inconnu qui disparaît sans se faire connaître), ce personnage apporte au récit un contrepoint intéressant et sort le Français d’une réflexion existentielle qui finit par tourner en rond.Dans un décor à couper le souffle

Mais la réussite du film se situe ailleurs. Qui a envie de passer un hiver en Sibérie sur les rives du lac Baïkal ? Il y a fort à parier qu’après avoir vu le film, nous serons plus nombreux à répondre par l’affirmative avec enthousiasme. La beauté de ces confins figés dans la glace et la neige coupe le souffle.

Sous des ciels immenses et changeants, ce lac gelé offre une vision sublime à laquelle la musique d’Ibrahim Maalouf ajoute encore du lyrisme : de longues veines blanches, saisies par une caméra aérienne, courent dans le bleu de la glace et reflètent un soleil éblouissant. Loin d’être un décor figé dont on admire « à froid » la splendeur, on se trouve emporté par l’ivresse de Teddy qui, devenu comme seul au monde, libère une fantaisie enfantine, une exaltation joyeuse.

Le temps suspendu

Glissades à plat ventre sur l’étendue gelée, cris de joie expressifs au coucher du soleil, bain de lac nu au sortir du sauna, trompette à toute heure sans souci du voisinage… notre solitaire volontaire savoure chaque instant de sa nouvelle existence. « Je suis venu me rapprocher de ce que je ne connaissais pas : le froid, le silence, l’espace et la solitude. En ville, les minutes, les années nous échappent. Ici, le temps se calme, je suis libre parce que mes jours le sont. » Le lac réserve des surprises comme ces grondements qu’il pousse lorsque l’eau, emprisonnée, frappe sous la glace.

Dans son humble cabane, Teddy installe rapidement les étagères qui reçoivent les livres, ses fidèles compagnons d’exil. Son quotidien s’organise autour de routines : casser la glace pour avoir de l’eau, casser du bois pour avoir du feu. La nature est rude et parfois Teddy, incarné par Raphaël Personnaz, très juste, paraît bien frêle pour y faire face, dans un comique dont on ne sait pas s’il est toujours complètement assumé dans les moments les plus critiques.

Mais en cinq heures de patin à glace, il retrouve la communauté des hommes pour refaire sa provision de vivres, partager quelques verres de vodka autour d’une cheminée et prendre des nouvelles du monde qu’il a laissé derrière lui. À défaut de plier bagage à notre tour pour la Sibérie, le suivre dans son périple nous aura apporté une belle bouffée d’air (très) frais.

Corinne Renou-Nativel – La Croix

Ce film est précédé du court métrage

TIMBER
Film de Nils Hedinger
Animation, sans dialogue – Suisse – 2014 – 5’34

Un groupe de bûches risque de mourir de froid au cours d’une nuit d’hiver glaciale. Lorsqu’elles se rendent compte que, pour se réchauffer, le seul combustible à leur disposition, c’est elles-mêmes, l’affaire sent le roussi.

SÉANCES

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