DHEEPAN

Affiche DheepanFilm de Jacques Audiard
(Drame – France – 2015 – 1h54 – VOST)
Avec: Antonythasan Jesuthasan, Kalieaswari Srinivasan, Claudine Vinasithamby …
Palme d’Or – Cannes 2015
Avertissement: certaines scènes de ce film risquent de heurter le jeune public.

Fuyant la guerre civile au Sri Lanka, un ancien soldat, une jeune femme et une petite fille se font passer pour une famille. Réfugiés en France dans une cité sensible, se connaissant à peine, ils tentent de se construire un foyer.

« […] Le septième opus de Jacques Audiard est longtemps surprenant, et indiscutablement pertinent par son sujet. Difficile d’imaginer des héros plus contemporains que des migrants, dont on suit l’installation incertaine en banlieue parisienne. Ces trois Sri Lankais, fuyant la guerre civile et le pouvoir, qui a décimé leur minorité tamoule en 2009, ont un secret, une fragilité supplémentaire : ils ne forment une famille qu’en apparence. L’homme, la femme et la fillette ne se connaissaient pas avant de quitter leur pays. Leurs liens prétendus permettent de conforter leur statut de réfugiés. Car Dheepan, le faux père, est un ancien soldat, un « Tigre » tamoul… Identités truquées et réflexes réprimés : ainsi Jacques Audiard installe-t-il la tension, lui, l’expert en « thriller d’auteur », parvenu au sommet de la popularité avec De rouille et d’os, en 2012. C’est pourtant dans une longue parenthèse de calme relatif que le film convainc le plus. La fausse famille de réfugiés se retrouve logée dans une cité difficile. L’homme, effaçant son expérience guerrière, assume un rôle de gardien d’une barre d’immeuble. La femme se voit confier un travail d’aide ménagère. L’enfant fréquente une classe spéciale à l’école. Ils ne parlent pas le français (seule la fillette possède quelques rudiments), ignorent si l’eau du robinet est potable, cherchent leurs marques en toutes choses, et d’abord les uns vis-à-vis des autres. Leur flottement, leur apprentissage forcé, avec terreurs incidentes, mais aussi satisfactions et répits : tout concourt à un vrai cinéma de regard(s), inquiet et précis. Audiard endosse les points de vue de ces arrivants sur un pays étranger, indéchiffrable. Le film y gagne sa singularité, d’autant qu’une piste sentimentale s’ouvre assez subtilement : ces faux mari et femme pourraient en devenir de vrais, et cette juxtaposition de solitudes, une famille pour de bon. Quelque part entre les Dardenne et Ken Loach à son meilleur, le réalisateur semble se réinventer, au-delà des ressorts un peu épais de ses films antérieurs, la vengeance et l’exaltation de la virilité agressive. Jusqu’au personnage secondaire de caïd/dealer joué par Vincent Rottiers, le trait est équilibré, étrangement délicat. Ce qui cloche, c’est l’articulation avec le polar d’action que Dheepan devient soudain. L’impression que le film se dérobe, au profit d’un autre, nettement plus convenu. Jacques Audiard a bien le droit d’aimer le cinéma de genre testostéroné et de vouloir refaire, in extremis, Un prophète. Mais après une première partie nuancée, ouverte, humaine, l’artillerie de la violence ­façon Hollywood grince terri­blement. Il a le droit de transformer une cité désolée en un nid de gangsters ­déchaînés, donnant du coup de feu pour un oui ou pour un non. Mais après avoir atteint une certaine justesse sociologique, volontairement ou non, il sème la confusion : ce tableau est-il sa vision d’une France qu’il suggère de « karcheriser » d’urgence ? Faut-il, question subsidiaire, opposer cette France à la terre promise anglaise, aperçue dans le halo de bonheur des dernières images ? Dheepan, film aventureux, se termine sans doute trop bien, mais surtout, il se termine trop, replié sur des recettes déjà utilisées. En nous immergeant dans le monde de l’exil, auprès de personnages (et d’acteurs) d’une culture et d’une langue méconnues, Jacques Audiard prend des risques, et réussit le plus difficile. Dès lors, que n’a-t-il mené jusqu’au bout cette passionnante expérience de désorientation ?   »
Louis Guichard – Télérama

Ce film est précédé du court métrage
DILLI DREAM
Film de Etienne Sievers
(Fiction – Inde – 2012 – 09’12 – VOST)

Un journalier âgé, travaillant dans les rues surpeuplées d’Old Dehli, se rappelle son enfance à la campagne et quelque chose qui a changé sa vie.

Séances

Vernoux (espace culturel Louis Nodon)
samedi 26 septembre à 21h
dimanche 27 septembre à 18h
lundi 28 septembre à 21h

Lamastre (centre multimédia)
jeudi 24 septembre à 21h
vendredi 25 septembre à 21h

Bande annonce

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