DIAMANT NOIR

affiche-diamant-noirFilm de Arthur Harari
Drame – France – 2016 – 1h55
Avec Niels Schneider, August Diehl, Hans Peter Cloos, Abdel Hafed Benotman, Raphaële Godin
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

On ne s’attendait quand même pas à la splendeur tragique de ce « Diamant noir ». Avec ce film, Harari rentre immédiatement dans la cour des (très) grands.
Transfuge

Variation noire et contemporaine sur le thème de Hamlet, il traite de la vengeance, bien sûr, mais aussi du destin et du libre arbitre.
Première

Remarqué pour ses courts métrages percutants (La Main sur la gueule, Peine perdue), Arthur Harari réussit son passage au long en restant fidèle à ses obsessions, forgées notamment par la fréquentation des mélodrames de Kazan et de Minnelli.
Télérama

SYNOPSIS

Pier Ulmann vivote à Paris, entre chantiers et larcins qu’il commet pour le compte de Rachid, sa seule « famille ». Son histoire le rattrape le jour où son père est retrouvé mort dans la rue, après une longue déchéance. Bête noire d’une riche famille de diamantaires basée à Anvers, il ne lui laisse rien, à part l’histoire de son bannissement par les Ulmann et une soif amère de vengeance. Sur l’invitation de son cousin Gabi, Pier se rend à Anvers pour rénover les bureaux de la prestigieuse firme Ulmann. La consigne de Rachid est simple : « Tu vas là-bas pour voir, et pour prendre. » Mais un diamant a beaucoup de facettes…

CRITIQUE

Le milieu très fermé des diamantaires d’Anvers, rarement montré au cinéma et romanesque en diable, est le premier atout de ce film noir, qui en dévoile la géographie, les méandres et les ­secrets. Dans cette microsociété ­opulente et feutrée débarque Pier Ulmann, un jeune truand parisien au sang chaud, un genre de Hamlet de Barbès, venu venger son père. Celui-ci vient de mourir dans la rue ; il fut jadis un tailleur de pierre réputé, avant d’avoir la main broyée par une facetteuse. Et d’être rejeté par sa famille, comme on se débarrasse d’une gemme fissurée.

Remarqué pour ses courts métrages percutants (La Main sur la gueule, Peine perdue), Arthur Harari réussit son passage au long en restant fidèle à ses obsessions, forgées notamment par la fréquentation des mélodrames de Kazan et de Minnelli : violence des rapports humains, fatalité de la filiation, pulsions mal contrôlées. La défaillance morale des protagonistes fait inexorablement glisser ce thriller, à la photographie superbement contrastée, vers la tragédie. Oncle, cousins, père de substitution, tous semblent incapables d’arrêter la malédiction familiale dont un prologue sanguinolent, à la Dario Argento, a donné un aperçu.

Tiraillé entre son désir de vengeance et la promesse d’un métier pour lequel il se découvre des dons, le héros intrus se mue, comme malgré lui, en ange exterminateur. Méconnaissable avec ses cheveux lissés, son air exsangue et ses yeux fous, Niels Schneider traverse le film tel un fantôme. « T’es pas chez toi, ici ! », lui rappelle son vieil oncle diamantaire, ­impressionné par le jeune prodige à qui il refuse, pourtant, une place au ­soleil…

Jéremie Couston – Télérama

SÉANCES

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