DIVINES

affiche-divinesFilm de Houda Benyamina
Drame – France – 2016 – 1h45
Avec Oulaya Amamra, Déborah Lukumuena, Kevin Mischel, Jisca Kalvanda, Yasin Houicha
Interdit -12 ans
Caméra d’or – Festival de Cannes 2016

Le film de Houda Benyamina est tout à la fois : un récit d’apprentissage, une éducation sentimentale, sociale et religieuse, une déclaration d’amour à la danse et au cinéma, un thriller féminin sous tension, une histoire d’amitié…. Le tout conté tantôt avec lyrisme et poésie, tantôt avec réalisme et violence. Parfois avec humour. « Divines » est inclassable, en marge, libre. Donc unique.
LCI

Le résultat est stupéfiant : un film aussi brutal que la société, aussi humain que celles qui font feu de tout bois pour s’y faire une place au chaud. Au risque de périr dans les flammes d’un enfer dont elles ont préparé le brasier.
L’Humanité

Un film coup de poing, en forme de tragédie moderne, sombre et drôle.
Le Parisien

SYNOPSIS

Dans un ghetto où se côtoient trafics et religion, Dounia a soif de pouvoir et de réussite. Soutenue par Maimouna, sa meilleure amie, elle décide de suivre les traces de Rebecca, une dealeuse respectée. Sa rencontre avec Djigui, un jeune danseur troublant de sensualité, va bouleverser son quotidien.

CRITIQUE

L’enthousiaste « t’as du clito » lancé par la réalisatrice à Edouard Waintrop, le délégué général de la Quinzaine des réalisateurs restera l’un des moments forts du Festival de Cannes 2016. En parsemant d’un zeste de provocation sexiste cette cérémonie de clôture obligatoirement glamour et parfaitement orchestrée, Houda Benyamina nous entraîne directement dans l’ambiance de son film : secouer gentiment mais fermement un monde trop correct, pétri d’injustices et laissant sur le bord de la route un bon nombre d’humiliés, de ceux qui apprennent à vivre tant bien que mal avec les moyens du bord. N’ayez crainte, pas de discours ennuyeux ou moralisateur. Bien au contraire, grâce à l’énergie communicative des trois comédiennes, ça bouge, ça vibre, on rit, on pleure, c’est lumineux comme la vie. Loin des stéréotypes de banlieue, entre chronique sociale et polar, on découvre une jeunesse dans toute son humanité, aussi belle que laide, maniant humour et débrouille avec une facilité déconcertante.

Sans que l’on y prenne garde, entre tragique et comique, on se retrouve embarqués dans l’univers de désolation de deux gamines au bagout et à la rage de vivre inaltérables, animées du désir commun de s’élever dans ce monde qui les rejette. Laurel et Hardy de banlieue (c’est ainsi que les présente la réalisatrice), Dounia la gringalette qui rêve de puissance et Maimouna la solide qui n’est que douceur forment un duo au ressort comique imparable basé sur leurs oppositions notoires. Dounia habite dans un camp de Roms avec sa mère. Elle ne connaît pas son père et dans la cité, on l’appelle « la bâtarde ». Elle est en quête de dignité. Elle refuse de croire aux discours de l’imam déconnectés de la réalité et bien plus encore aux jobs sans avenir qu’est censé lui offrir un BEP accueil (superbe scène où Oulaya Amamra révèle toute l’ampleur de son talent de comédienne). Elle veut être reconnue pour ce qu’elle est et n’a qu’un but : gagner beaucoup d’argent pour s’offrir voyages et voitures de luxe, habile alibi permettant à la réalisatrice de dénoncer sans s’appesantir les méfaits de l’ultralibéralisme. Mamounia a plus de chance que son amie Dounia. Elle vit dans un cadre familial strict, elle est la fille de l’imam. Le lien fusionnel qui va les porter tout au long du film est à la vie, à la mort, constitué d’un amour absolu et total comme seuls peuvent en concevoir des êtres purs et entiers. La gentillesse et la naïveté de Maimouna nous donneront l’occasion de nous régaler de quelques dialogues ciselés et hauts en couleurs.

Mais quand Dounia décide de travailler pour Rebecca la dealeuse, c’en est bien fini de la tendresse et de l’innocence. On plonge abruptement dans un nouvel univers, décrit avec toujours le même souci du détail et de la dérision, celui de la pègre de bas étage. Car Rebecca est sans foi, ni loi. Pour se comporter en business woman des trafics en tous genres, elle use de toutes les postures masculines. Elle se fait conduire en mini-décapotable, elle aime flamber, choisir ses partenaires comme bon lui semble et surtout détenir le pouvoir. L’impeccable Jisca Kalvanda porte à merveille le personnage de cet effrayant garçon manqué. Au milieu de ces filles à la personnalité pétaradante, c’est Djigui, un jeune danseur que Dounia contemple, cachée dans les cintres du théâtre et dont elle tombe secrètement amoureuse. qui apportera une note de féminité. Tout comme Dounia, il souhaite s’élever mais lui a choisi l’élévation spirituelle, suggérant discrètement et sans doute un peu naïvement que l’art peut servir d’alternative à l’argent quand il s’agit de se réaliser. Néanmoins les scènes de danse, harmonieusement chorégraphiées, apportent la part de rêve nécessaire.

Ce qui n’empêchera pas l’histoire de se diriger inexorablement vers une tragédie qui finira par happer cette jeunesse fragile blackboulée par un monde bien plus dur qu’elle ne l’avait imaginé.
La banlieue et ses zones d’ombre ont toujours inspiré le cinéma, mais jamais encore aucun film n’avait réussi à trouver ce juste équilibre entre innocence et cynisme, entre fraîcheur et réalisme. Un film qui, en plus d’être humain et bouleversant, nous offre pleinement le charisme, la générosité et le talent de la toute jeune Oulaya Amamra, petite sœur de la réalisatrice. Un duo prometteur que le cinéma a intérêt à ne pas perdre de vue.

Claudine Levanneur – A Voir à Lire

tombes-du-nidCe film est précédé du court métrage

TOMBES DU NID
Film de Loic Espuche
Animation – France – 2015 – 4’19

Fabio et Dimitri se rendent à la Chicha pour que Dimitri puisse peut-être enfin aborder Linda. Sur le chemin, ils rencontrent une cane et ses petits.

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