FRANKENWEENIE

Film de Tim Burton
(Animation – USA – 2012 – 1h27 – 3D – V.F.)
Film tout public à partir de 10 ans

Pourquoi donc Tim Burton est-il allé déterrer ce court métrage de 1984, réalisé à l’époque où il travaillait pour Disney, pour en faire un remake flambant neuf, en animation image par image et en très élégante 3D ? Le parallèle entre l’intrigue du film et la carrière de son auteur est trop tentant pour ne pas être évoqué : ce chien chéri, écrasé par une voiture et ressuscité illico par son propriétaire, le petit Victor Frankenstein, ne serait-ce pas, au fond, le cinéma de Burton ramené ici à sa vigueur originelle ? Le cinéaste touffu demeure dans son jardin d’enfant, bien décidé à nous montrer chacun de ses jouets : Vincent Price, Boris Karloff, Ed Wood, les horror movies de la Universal, Edgar Allan Poe, Godzilla, les Gremlins, la banlieue conformiste d’Edward aux mains d’argent, on en passe. Il aura donc fallu au réalisateur ce retour aux sources de son art pour que la flamme revienne. Et de quelle manière! Frankenweenie, conte fantastique, prouve que Burton est plus que jamais un prodige de l’image, un roi de l’animation. Mais aussi un créateur hors pair qui détient la sagesse de regarder d’où l’on vient et de rendre hommage à ces aînés. En cela, Frankenweenie est un film brillant, échevelé, drôle et touchant. Le seul véritable ajout par rapport au film original (outre le passage à l’animation) est la multiplication des monstres, qui donne au dernier acte des allures de grand parc d’attraction. Pas un plan qui n’en rappelle un autre, donc, et pourtant l’impression demeure d’être face à quelque chose de neuf, du moins garanti sans pourriture. Un monstre de Frankenstein sain de corps et d’esprit, en somme – soit très exactement la nature du chien Sparky une fois ramené à la vie. L’intrigue file à toute allure, le découpage est précis comme rarement, l’animation merveilleusement fluide, et l’ensemble émeut par sa grâce et sa sincérité. Frankenweenie est ainsi ce drôle de film miraculeux qui, sans rien changer en apparence à la recette, parvient à lui redonner la saveur que nos palais croyaient définitivement perdue. Avec ce retour aux sources, une boucle semble ainsi bouclée, et la seule chose qu’on puisse désormais souhaiter à Tim Burton est de trouver de nouveaux chemins plutôt que d’anciens corps à réanimer.

Bande annonce

Séances

Vernoux (salle Louis Nodon) :
mercredi 05 décembre à 14h & 16h (3D)
samedi 08 décembre à 14h & 16h (3D)
dimanche 09 décembre à 15h (3D)

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