FUOCOAMMARE PAR-DELA LAMPEDUSA

affiche-fuocoammareFilm de Gianfranco Rosi
Documentaire France, Italie – 2016 – 1h49 – VOST
Mois du documentaire
Partenariat semaine solidarité internationale

Ours d’or Berlinale 2016

Un choc salutaire face à la menace de l’indifférence.
Libération

Gianfranco Rosi, lui, a vécu là plus d’un an. Il a regardé, écouté, filmé, puis monté les images de vie, de mort, sans commentaire. Elles dessinent un monde terrifiant dont, après avoir vu « Fuocoammare » (ours d’or à Berlin), nul ne pourra oublier qu’il est le sien.
Le Nouvel Observateur

A voir absolument.
L’Express

SYNOPSIS

Samuele a 12 ans et vit sur une île au milieu de la mer. Cette île s’appelle Lampedusa et c’est une frontière hautement symbolique de l’Europe, traversée ces 20 dernières années par des milliers de migrants en quête de liberté.

CRITIQUE

Il y a plus de six mois que ce documentaire fait sensation, depuis son Ours d’or au festival de Berlin. En Italie, le chef du gouvernement, Matteo Renzi, en a fait faire des copies DVD pour ses vingt-sept homologues européens. Même le pape a demandé à voir Fuocoammare et à rencontrer Gianfranco Rosi. Un homme de cinéma étonnant qui rejette le principe habituel de l’interview et tout ce qui peut ressembler à du reportage. Au lieu de s’effacer devant la réalité, il impose son style. Pour regarder l’île de Lampedusa, où l’arrivée de migrants génère des situations d’urgence sans fin, il a choisi la patience. Au fil de plans lents, méditatifs, il construit une vision différente, décisive : à un sujet souvent couvert par les télévisions, il réussit à donner une dimension inédite.

A partir de quelques portraits seulement — un médecin, un animateur d’une radio locale et la famille d’un garçon de 12 ans nommé Samuele —, une sorte de récit s’élabore. Quand les chansons s’arrêtent, la radio parle de naufragés, de réfugiés qui ont péri au large. Le médecin les a vus de près, ces morts. Et la grand-mère de Samuele lui raconte comment les hommes, pendant la guerre, avaient peur de s’embarquer la nuit sur une mer rendue rouge par les bombardements. La chanson Fuocoammare, « la mer en feu », date de cette époque. Et au moment où la grand-mère parle à Samuele, le tonnerre surgit à Lampedusa… Gianfranco Rosi établit des résonances subtiles, jamais soulignées. Autour de la mer, des échos très forts se répercutent. La réalité gronde. Et quand le cinéaste part lui-même au large avec les équipes de secours, il filme la mort d’aussi près que le médecin l’a vue. Une expérience terrible dont celui-ci dit : « Ça laisse comme un trou, un vide à l’intérieur. » Ce vide, on le ressent tout au long de Fuocoammare. Car c’est aussi le silence qui trouve un écho à travers ces images que n’accompagne aucun commentaire. Au milieu d’une mer immense, ce film éclaire, comme une fusée de détresse, un désert de réactions.

Frédéric Strauss – Télérama

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