GONE GIRL

Affiche Gone GirlFilm de David Fincher
(Thriller – USA – 2014 – 2h29 – V.O.S.T.)
Avec: Ben Affleck, Rosamund Pike, Neil Patrick Harris …
Avertissement : une scène particulièrement difficile est susceptible de heurter la sensibilité du public

Le jour de leur 5ème anniversaire de mariage, Nick Dunne signale la disparition de son épouse Amy. Sous la pression de la police et du déchaînement médiatique, l’image de couple heureux donnée par Nick commence à s’effriter. Bientôt, son comportement étrange éveille les soupçons : et si l’époux éploré avait tué sa femme ?

« Où est Amy ? Disparue, le ­matin de son cinquième anniversaire de mariage. Au domi­cile conjugal, impeccable maison suburbaine, tout est calme, en ordre. Tout, sauf le salon, table basse ren­versée, chaos de verre brisé. Les jours passent. Le mystère arrache la petite communauté locale du Missouri à son ennui mortel, puis gagne le pays entier, contamine les journaux, la télé… Où est Amy ? La question mute peu à peu comme une cellule cancéreuse, sous l’effet de la fausse compassion, du voyeurisme. La si jolie, si blonde épouse était-elle heureuse ? Et surtout, de quel bois, vert ou pourri, se chauffait son couple ? Nick, le mari, est toujours à côté de la plaque, incapable de jouer pour les caméras son rôle d’homme brisé par l’angoisse. On lui en attribue vite un autre : suspect idéal. En adaptant Les Apparences, le polar de Gillian Flynn, David Fincher excelle dans l’un de ses hobbies préférés : s’approprier des récits clés en main (de Millénium, d’après Stieg Larsson, à la série politique House of cards, remake de la version britannique), avec un diabolique talent de conteur, une science exacte de la manipulation des images. Pas de sous-sols glauques où déverser sa rage, comme dans Fight Club. Pas de suintante descente aux enfers, comme dans Seven. Dans Gone Girl, l’horreur est bien là, mais elle se cache sous une ligne claire, dans la fluide succession de plans larges, d’une élégance soyeuse. Comme dans Zodiac, il adopte le temps et l’ampleur de la fresque (deux heures et demie) pour peindre l’un des plus excitants trompe-l’œil de ces dernières années. La mécanique du thriller est parfaitement huilée, pleine d’ingénieux tiroirs secrets. Mais le jeu des « apparences » se poursuit bien au-delà du simple divertissement policier, au bord de la schizophrénie. Tout se dédouble et se contredit. La disparue elle-même possède un encombrant alter ego de fiction, « l’épatante Amy », célèbre héroïne d’une ­saga écrite par ses parents. Le film entier est une incursion au pays du toc et des identités mouvantes, incertaines, où la réalité abdique devant sa représentation. Rien n’échappe à cet examen jouissif et glacé. Première cible, les médias tout-puissants, qui, juges et partie, remodèlent le réel à leur convenance. Mais, à travers eux, c’est l’hypocrisie de toute une société que le film épingle : le quartier résidentiel d’Amy et , d’une surnaturelle propreté, sert ainsi de paravent aux ruines de la crise économique — un grand centre commercial désaffecté, hanté par les sans-abri. Autopsie chirurgicale d’un amour, en tout cas d’un mariage, Gone Girl n’épargne pas non plus ses personnages. Le couple, encore un décor, thé­âtre de séduction et de convenances, de désillusions et de pouvoir. Le premier plan annonce d’emblée la couleur : Amy, au lit, de dos, ses cheveux lisses et brillants formant un rideau protecteur. En voix off, son mari se demande ce qu’il verrait s’il faisait brusquement éclater ce joli crâne. Amy, sa petite femme, avec ses crayons à pompons roses et son journal intime, où elle se raconte à son tour. D’elle à lui, le point de vue bascule, tangue jusqu’à la nausée. Les comédiens jouent le jeu avec une formidable ambiguïté : Ben Affleck a enfin trouvé le rôle parfait pour sa beauté plastifiée, curieusement neutre. Et personne n’a jamais joué une « disparue » aussi présente, aussi mémorable que Rosamund Pike, la divine révélation du film. Dans cette valse des monstres, c’est elle qui donne le pas. »
Cécile Mury – Télérama

Ce film est précédé du court métrage
THE VOORMAN PROBLEM
Film de Mark Gill
(Fiction – Angleterre – 2011 – 13′ – V.O.S.T. )

Le docteur Williams est convoqué pour examiner l’énigmatique M. Voorman, un prisonnier atteint d’un mal étrange : il croit qu’il est un Dieu.

Séances

Vernoux (espace culturel Louis Nodon)
samedi 08 novembre à 21h
dimanche 09 novembre à 17h
lundi 10 novembre à 20h30

Lamastre (centre culturel)
jeudi 06 novembre à 20h30
vendredi 07 novembre à 21h

Bande annonce

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