HANNA ARENDT

affiche Hannah ArendtFilm de Margarethe Von Trotta
(Biopic – Allemagne – 2013 – 1h53 – V.O.S.T)
Avec : Barbara Sukowa, Axel Milberg, Janet McTeer …

196. La philosophe juive allemande Hannah Arendt est envoyée à Jérusalem par le New Yorker pour couvrir le procès d’Adolf Eichmann, responsable de la déportation de millions de juifs. Les articles qu’elle publie et sa théorie de “La banalité du mal” déclenchent une controverse sans précédent. Son obstination et l’exigence de sa pensée se heurtent à l’incompréhension de ses proches et provoquent son isolement.

« Faire un film, une fiction, une romance sur l’une des plus grandes controverses du XXe siècle, c’est audacieux. Et périlleux. Mission pratiquement impossible qui, bien sûr, ne pouvait qu’exciter la cinéaste allemande Margarethe von Trotta qui ne craint pas la polémique. Elle a bataillé pendant dix ans pour monter son Hannah Arendt, un portrait de femme forte, indépendante, seule contre tous, comme en raffole la cinéaste, qui avait déjà tourné un film sur une autre héroïne juive allemande, Rosa Luxembourg. Au point de l’aimer tant qu’elle fait un portrait enthousiaste de la philosophe, sans distance, sorte de Zorro intellectuel qui a raison contre son milieu, ses proches de la gauche new-yorkaise ou ses amis allemands sionistes installés en Israël. Même son amour de jeunesse pour le philosophe Martin Heidegger, qui rejoindra le parti nazi en 1933, est avant tout une passion sympathique, illustrée par de douces promenades dans les forêts ou la porte d’une chambre qui s’ouvre…  L’héroïne de Von Trotta est interprétée par la formidable Barbara Sukowa, qui parle surtout allemand et aussi anglais avec un fort accent. Après avoir fui l’Allemagne hitlérienne, Arendt s’est réfugiée à Paris. Puis elle a réussi à s’échapper, avec son mari, du camp français de Gurs (Pyrénées-Atlantiques), où l’on emprisonnait les juifs étrangers avant de les livrer à la déportation. Exilée en Amérique, la philosophe est devenue une star universitaire et intellectuelle dans le New York d’après-guerre ; elle a publié un livre fondamental, les Origines du totalitarisme, qui compare enfin les dictatures nazie et stalinienne. Elle fume, elle boit, elle enseigne, elle est heureuse.  Mais le film commence en 1960, quand l’histoire rattrape la philosophe. Les Israéliens ont retrouvé et enlevé Adolf Eichmann, l’exécuteur de la Solution finale, qui se cachait à Buenos Aires. Son procès, en 1961, sera le seul en Israël d’un grand responsable de l’extermination des juifs d’Europe. Arendt demande au New Yorker de l’envoyer couvrir le procès à Jérusalem. Ce seront cinq articles dans le magazine, puis le fameux livre Eichmann à Jérusalem qui déclenche, et provoque encore de violents débats autour de ses thèses : la plus importante, le concept de banalité du mal. Eichmann ne serait qu’un nobody, comme dit en anglais l’héroïne du film, un homme quelconque. Et la deuxième, les conseils juifs imposés par les nazis ont aidé à l’extermination, les juifs auraient dû se révolter ou, au moins, «ne rien faire». L’héroïne, malmenée, attaquée de toute part – surtout par les juifs -, résiste et défend courageusement sa pensée indépendante, comme l’explique la réalisatrice qui fusionne avec la philosophe, filme comme si nous étions, nous et elle, en 1961. «Comme Hannah Arendt, je ne veux jamais juger, je cherche juste à comprendre», dit Margarethe von Trotta. (…) S’il faut se mettre dans la peau de Hannah Arendt, ce sera celle qui écrit ces dernières lignes de son livre sur Eichmann : «Puisque vous avez soutenu et exécuté une politique qui consistait à refuser de partager la terre avec le peuple juif et les peuples d’un certain nombre de nations, on ne peut attendre de personne qu’il veuille partager la terre avec vous. C’est pour cette raison, et pour cette raison seule, que vous devez être pendu.» »
Annette Lévy-Willard – Libération

Ce film est précédé du court métrage:
LA QUARANTIÈME MARCHE
Film de Nicolas Saada
(Fiction – France – 2011 – 06′ – Noir & Blanc – sans dialogue)

Un fugitif se retrouve malgré lui invité surprise d’une réunion politique. Acculé, traqué, il s’improvise leader charismatique d’un soir.

Séances

Vernoux (salle Louis Nodon)
samedi 27 juillet à 21h
dimanche 28 juillet à 17h
lundi 29 juillet à 21h

Lamastre (centre culturel)
jeudi 25 juillet à 21h
mardi 30 juillet à 21h

Chalencon (salle polyvalente)
dimanche 28 juillet à 20h30

Bande annonce

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