HIPPOCRATE

Affiche HippocrateFilm de Thomas Lilti
(Comédie dramatique – France – 2014 – 1h42)
Avec: Vincent Lacoste, Reda Kateb, Jacques Gamblin, Marianne Denicourt …

Benjamin va devenir un grand médecin, il en est certain. Mais pour son premier stage d’interne dans le service de son père, rien ne se passe comme prévu. La pratique se révèle plus rude que la théorie. La responsabilité est écrasante, son père est aux abonnés absents et son co-interne, Abdel, est un médecin étranger plus expérimenté que lui. Benjamin va se confronter brutalement à ses limites, à ses peurs, celles de ses patients, des familles, des médecins, et du personnel. Son initiation commence.

« Les succès d’audience à la télé de Dr House et de Grey’s Anatomy l’ont prouvé : les Français, s’ils ont une peur bleue de l’hôpital, adorent les séries médicales américaines. A ces fictions spectaculaires et glamour, très éloignées de la réalité, Hippocrate propose un contrepoint séduisant dans un registre très français : le récit initiatique sur fond de chronique sociale. Thomas Lilti, cas rare (unique au monde ?) de cinéaste qui soit aussi médecin, a prélevé dans ses souvenirs de carabin la chair de son deuxième long métrage. Brillamment reçu au concours de l’internat, un fils de médecin choisit d’effectuer son premier stage professionnel aux côtés de son père, mandarin réputé dans un hôpital parisien. Benjamin a une haute opinion de lui-même, et pas mal d’ambition. Mais ce Rastignac en blouse blanche va vite déchanter en découvrant le sacerdoce éprouvant des praticiens hospitaliers dans la France en quasi-faillite des années 2010. Comme l’explique Abdel, son binôme et mentor (Reda Kateb, toujours juste) : «Médecin, ce n’est pas un métier, c’est une malédiction». Le film trouve la bonne distance pour décrire l’hôpital comme une microsociété de castes, où des médecins étrangers, sans cesse plus nombreux, sont exploités par leurs collègues français. Où le personnel soignant passe plus de temps à remplir des paperasses qu’à s’occuper des malades. Et où l’absence de lits conduit une chef de service (Marianne Denicourt, formidable) à prendre des décisions inhumaines. A l’exception d’une scène d’assemblée générale trop démonstrative dans les dernières minutes du film, la précision documentaire du constat ne prend jamais le dessus sur la dimension romanesque. L’apprentissage de Benjamin passe ainsi par l’acceptation de sa responsabilité dans la mort de deux patients. La première, involontaire, à cause… d’une machine en panne. La seconde, programmée, afin de soulager une vieille femme lasse de trop souffrir — manière émouvante et digne d’évoquer les difficultés d’application de la loi Leonetti relative aux droits des malades et à la fin de vie. Le chemin vers la maturité de Benjamin est aussi celui de son interprète, Vincent Lacoste, pour la première fois dans un rôle qui n’est pas 100 % comique. A plusieurs reprises, l’acteur révélé par Les Beaux Gosses retrouve la démarche un peu gauche, les mimiques un peu niaises des ados du film de Riad Sattouf, puis l’air fanfaron du « kakou » dragueur qu’il caricaturait dans Le Skylab, de Julie Delpy. Mais les épreuves traversées par son personnage lui permettent d’exprimer une palette de jeu et de sentiments inexploitée jusqu’ici. Il excelle à incarner les petites lâchetés et les doutes existentiels d’un héros ambigu, pas toujours aimable, mais attachant jusqu’au bout. »
Samuel Douhaire – Télérama

Ce film est précédé du court métrage
SUPERVENUS
Film de Frédéric Doazan
(Animation – France – 2013 – 02’38 – Sans dialogue )

Un chirurgien plastique fabrique en temps réelle une nouvelle Vénus.

Séances

Vernoux (espace culturel Louis Nodon)
mercredi 24 septembre à 20h30
dimanche 28 septembre à 18h
lundi 29 septembre à 21h

Lamastre (centre culturel)
jeudi 25 septembre à 20h30
vendredi 26 septembre à 21h

Chalencon (salle polyvalente)
dimanche 28 septembre à 20h30

Bande annonce

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