JACK ET LA MÉCANIQUE DU CŒUR

affiche Jack et la mécanique du coeurFilm de Stéphane Berla & Mathias Malzieu
(Animation – France – 2014 – 1h34)
Avec les voix de: Mathias Malzieu, Olivia Ruiz, Grand Corps Malade …
Film tout public à partir de 6 ans

Jack est un jeune garçon peu ordinaire. Né le jour le plus froid du monde avec le coeur gelé, il est doté d’une horloge mécanique en guise de coeur. En toute circonstance, il doit respecter trois règles : ne pas toucher ses aiguilles, maîtriser sa colère et surtout ne jamais tomber amoureux ! Sa rencontre avec Miss Acacia, petite chanteuse de rue, précipite la cadence de ses aiguilles. N’écoutant que le tic-tac de son coeur, il se lance dans un incroyable voyage à la découverte des autres et de lui-même…

« La mère de Jack l’abandonne, et il fait si froid à Edimbourg en cet hiver 1874 que le coeur du gamin gèle. Pour le maintenir en vie, une femme médecin, le Dr Madeleine (c’était le pseudonyme de Jean Valjean, dans Les Misérables), lui greffe une horloge mécanique : elle bat comme elle peut. Pour continuer à vivre, Jack n’a pas trois voeux à exaucer, mais trois règles à suivre, impératives, sous peine de mort : ne pas toucher aux aiguilles, éviter toute colère et, surtout, ne jamais tomber amoureux. Impossible, bien sûr, dès lors qu’il rencontre miss Acacia, la toute menue chanteuse myope que courtise le sombre et détestable Joe… C’est un film étonnant. Né de l’imagination du chanteur Mathias Malzieu (Dionysos) dans un disque de chansons, d’abord, puis dans un album illustré par sa complice, Nicoletta Ceccoli. Avec l’aide d’un troisième larron à la réalisation, ils ont inventé ces personnages aux grosses têtes et aux yeux emplis de tristesse. On sent, très visible, l’admiration des auteurs pour Tim Burton mais, après tout, autant s’inspirer des meilleurs. On sent aussi leur goût pour les romantiques anglais à la Mary Shelley — même si ce n’est pas la créature de Frankenstein que l’on croise, mais Jack l’Eventreur, le temps d’une chanson ­interprétée par Alain Bashung. L’hommage le plus fervent, le plus touchant, néanmoins, est celui qu’ils rendent à un art nouveau que nul, à l’orée du XXe siècle, ne prend encore trop au sérieux : le cinéma. Car, dans sa quête pour retrouver la femme de sa vie, Jack rencontre Méliès, comme lui victime des intermittences du coeur, mais toujours amoureux des femmes, au point de s’éprendre, dans un parc d’attractions andalou où il projette ses petits films, d’une fille à deux têtes, chacune aussi ensorcelante que l’autre… Dans ce film qui célèbre avec ferveur et extravagance la magie du rêve règne une sourde mélancolie. Car tous les personnages restent à jamais des inguérissables, des éclopés, des rejetés : Jack et son palpitant artificiel, miss Acacia, dont le corps se couvre d’épines à la moindre frayeur, ou encore Arthur, le poète alcoolique qui squatte la maison isolée du bon Dr Madeleine. Ils ont tous ce charme fragile, désuet des survivants malgré eux se déplaçant tant bien que mal dans un monde hors du temps. D’où ce dénouement romanesque qui tranche avec la joie forcée, souvent artificielle, des films d’animation habituels. L’émotion qu’il suscite rappelle les larmes délectables que l’on versait en voyant, sur un écran, s’éteindre doucement dans la neige la petite marchande d’allumettes filmée par Jean Renoir.. »
Pierre Murat – Télérama

Séances

Vernoux (espace culturel Louis Nodon)
samedi 11 avril à 18h
dimanche 12 avril à 11h
lundi 13 avril à 16h

Lamastre (centre culturel)
mercredi 08 avril à 9h30 (scolaires)
dimanche 12 avril à 16h30

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