JEUNE & JOLIE

affiche jeune & jolieFilm de François Ozon
(Drame – France – 2013 – 1h34)
Avec: Marine Vacth, Géraldine Pailhas, Frédéric Pierrot, Charlotte Rampling…
Interdit aux moins de 12 ans

Le portrait aujourd’hui d’une jeune fille de 17 ans en 4 saisons et 4 chansons.

« […] Jeune & jolie, c’est l’observation délicate et pudique d’une métamorphose, l’espace de quatre saisons pleines de bruit et de fureur. Le personnage qui subit cette transformation est une lycéenne parisienne issue d’un milieu gentiment bourgeois, contexte névrotique dont le cinéma français a mille fois exploré les recoins sombres. La beauté d’Isabelle (Marine Vacth) atteint une telle perfection qu’elle en est intimidante, autant pour les garçons qui croisent son chemin que pour Ozon lui-même, qui la met en lumière avec d’infinies précautions. Isabelle est à l’instant de sa vie où elle se tient au bout du plongeoir, basculant dans le grand bain, sans savoir si elle aura pied ou non. Ce qui préoccupe évidemment la jeune fille, c’est le cortège de questions liées à la séduction, au sexe et au rapport avec autrui. Après s’être débarrassée d’un encombrant pucelage avec un joli mais pas très adroit touriste allemand pendant les vacances, elle a la désagréable surprise de constater que cela n’a en rien changé le cours de son existence. Alors, à la rentrée des classes, Isabelle se lance dans la prostitution de luxe, séchant un cours par-ci par-là pour faire des passes dans des hôtels chics. Avec beaucoup de modestie, le film évite parfaitement tous les pièges que lui tendait ce sujet calibré pour les émissions de télé bêtement voyeuristes. Jeune & jolie n’offre pas de leçon moralisatrice et n’affirme rien sur une génération qu’on définit souvent à la légère comme désenchantée. Isabelle n’est ni une folle matérialiste (l’argent qu’elle entasse ne l’intéresse pas), ni une gamine frappée d’une forme d’autisme affectif. Au fond, elle ignore pourquoi elle s’inflige cette violence, si ce n’est que, pour la première fois de sa vie, elle n’a de comptes à rendre à personne, sauf à elle-même. Dans le registre que maîtrise parfaitement Ozon, entre gravité jamais feinte et légèreté des situations, le film est également un portrait glacial des hommes dont, comme disait Pierre Bourgeade, «au fond d’eux coule un torrent d’obscénité». Un seul, parmi eux, saura entrevoir chez Isabelle la nature du trouble mais, faute de connaître lui-même la réponse, continuera à la payer pour la retrouver dans sa chambre d’hôtel. Ce mystère qui traverse et structure le film a un petit quelque chose à voir avec Elephant, de Gus Van Sant. Les deux gamins qui massacraient leurs condisciples n’avaient aucune idée de ce qui les poussait à passer à l’acte meurtrier. Isabelle, elle non plus, ne sait pas. Et c’est ce qui la rend aussi bouleversante. »
Bruno Icher – Libération

Ce film est précédé du court métrage:
I’M YOUR MAN
Film de Keren Ben Rafeal
(Fiction – France – 2011 – 15′)

Bruno a enfin décidé de s’installer avec sa nouvelle copine, Camille. Mais le jour de leur déménagement, Mia, son ex, débarque chez lui. Et Bruno couche avec elle. Seulement, au moment où il veut se retirer, impossible de séparer les deux corps.

Séances

Vernoux (salle Louis Nodon)
samedi 14 septembre à 21h
dimanche 15 septembre à 17h
lundi 16 septembre à 21h

Lamastre (centre culturel)
jeudi 12 septembre à 21h
vendredi 13 septembre à 21h

Chalencon (salle polyvalente)
dimanche 15 septembre à 20h30

Bande annonce

Laisser votre avis