KILLER JOE

Film de William Friedkin
(Thriller / Policier – USA – 2012 – 1h42 -V.O.S.T.)
Avec: Matthew McConaughey, Emile Hirsch, Juno Temple, Thomas Haden Church …
Attention: film interdit aux moins de 12 ans

Chris, 22 ans, minable dealer de son état, doit trouver 6 000 dollars ou on ne donnera pas cher de sa peau. Une lueur d’espoir germe dans son esprit lorsque se présente à lui une arnaque à l’assurance vie. Celle que sa crapule de mère a contractée pour 50 000 dollars. Mais qui va se charger du sale boulot ? Killer Joe est appelé à la rescousse. Flic le jour, tueur à gages la nuit, il pourrait être la solution au problème. Seul hic : il se fait payer d’avance, ce qui n’est clairement pas une option pour Chris qui n’a pas un sou en poche. Chris tente de négocier mais Killer Joe refuse d’aller plus loin. Il a des principes…jusqu’à ce qu’il rencontre Dottie, la charmante sœur de Chris. Alors Killer Joe veut bien qu’on le paye sur le fric de l’assurance si on le laisse jouer avec Dottie. Après le monumental Bug qui propageait la paranoïa comme un virus, le réalisateur William Friedkin et le scénariste Tracy Letts ne pouvaient pas en rester là. Killer Joe scelle leur seconde collaboration et évidemment il promet de marquer le spectateur au fer rouge. Tel quel, il s’agit d’une descente aux enfers convulsive, un opéra white trash allant très loin dans l’outrance, une bonne blague provocatrice et dérangeante. Cette description abrasive de l’Amérique péquenaude peut donner l’impression d’avoir été mille fois vue, notamment chez Tennessee Williams, mais Friedkin réussit à renouveler le thème de l’ambiguïté morale – son sujet de prédilection – en lui donnant une complexité inédite. Et il n’y va pas de main morte. Rien à faire du bon goût, de la sensibilité et autres sornettes. La violence, il en a filmé les effets séduisants et détestables tout au long de films à succès légèrement démodés (The French Connection), et parfois bien meilleurs que leur réputation (Le Convoi de la peur, remake du célèbre Salaire de la peur, d’Henri-Georges Clouzot). En bon moraliste — tous les Américains le sont peu ou prou —, les progrès du Mal en l’homme l’ont toujours fasciné, parce que, dit-il, « c’est une lutte constante pour nos anges de gagner la bataille ». Chez lui, ils la perdent souvent… De la pièce de Tracy Letts, il tire une farce. Une charge. Sur une famille qui, par monstruosité autant que par bêtise, plonge dans un piège qui va la détruire. Sur un monde sans repères, aussi, que domine ce flic sans loi, soudain amoureux. Célèbre pour exacerber les scènes d’hystérie, le cinéaste, curieusement, a toujours, revendiqué un goût pour l’épure : « Une pièce, deux acteurs : le strict minimum me plaît. » Comme, ici, le clic-clac du briquet du shérif assassin… Chez Friedkin, un simple petit bruit, répété à satiété, fait naître la tension. Ce curieux suspense tragi-comique. Et puis, brutalement, il lâche les chiens. La conjuration des imbéciles s’effondre. Tout explose. La folie douce devient furieuse. Et soudain, c’est l’enfer… Killer Joe appartient à ces films sans happy-end que l’on regarde suspendu dans le vide, les yeux en spirale, entre rire et effroi.

Ce film est précédé du court métrage:
LA GRAN CARRERA (LA GRANDE COURSE)
Film de Kote Camacho (Fiction – Espagne – 2010 – noir et blanc – 07′ – V.O.S.T.)

1914. L’hippodrome de Lasarte présente une course avec un prix jamais vu pour le cheval gagnant. Les huit meilleurs chevaux du monde sont inscrits. Des amateurs et d’importants parieurs du monde entier se réuniront pour participer à ce grand événement : le Grand Prix du Demi Million.

Bande annonce

Séances

Lamastre (centre culturel) :
jeudi 08 novembre à 21h
vendredi 09 novembre à 21h

Vernoux (salle Louis Nodon) :
samedi 10 novembre à 18h
dimanche 11 novembre à 17h
lundi 12 novembre à 21h

Chalencon (salle polyvalente) :
dimanche 11 novembre à 20h30

St Jean Chambre (espace Balmont) :
mardi 13 novembre à 20h30

Les commentaires sont fermés.