LA CHAMBRE BLEUE

affiche la chambre bleuFilm de Mathieu Amalric
(Policier – France – 2014 – 1h15)
Avec: Mathieu Amalric, Léa Drucker, Stéphanie Cléau …
Film présenté dans la catégorie « Un Certain Regard » au Festival de Cannes 2014

Un homme et une femme s’aiment en secret dans une chambre, se désirent, se veulent, se mordent même. Puis s’échangent quelques mots anodins après l’amour. Du moins l’homme semble le croire. Car aujourd’hui arrêté, face aux questions des gendarmes et du juge d’instruction, Julien cherche les mots. Que s’est-il passé, de quoi est-il accusé ?… Pour son cinquième long métrage, Mathieu Amalric adapte le roman de Georges Simenon « La chambre bleue ».

« Alors que Mathieu Amalric travaillait depuis plusieurs années à une nouvelle adaptation du « Rouge et le noir de Stendhal », projet coûteux très difficile à concrétiser, l’acteur-réalisateur a fini par jeter l’éponge et par se tourner vers un autre roman, plus simple à adapter pour une somme modique. Il s’agit d’une œuvre courte de Georges Simenon datant des années 60 et s’inscrivant dans la grande tradition des amants diaboliques, thème maintes fois repris dans la littérature policière et adapté au cinéma, que ce soit par Claude Chabrol ou encore par Clouzot. Adapté en un temps record, le bouquin donne lieu à un petit film resserré (1h15) que l’on pourrait aisément qualifier de série B s’il n’y avait une volonté artistique forte de se démarquer du tout-venant par une attention constante envers le cadre et la narration. […] Mathieu Amalric trouve là l’occasion d’épurer au maximum sa réalisation et de toucher ainsi à l’essence même du cinéma et de ses personnages. La première scène située dans la chambre bleue du titre peut apparaître comme programmatique puisqu’elle établit dès le départ la charte stylistique d’une œuvre constituée de plans fixes relativement courts, mais toujours très composés. A la manière de peintres, Mathieu Amalric et son chef opérateur Christophe Beaucarne jouent sur le cadre pour instaurer une atmosphère trouble où les personnages n’apparaissent jamais dans leur totalité (ce qui est renforcé par l’image carrée), mais plutôt par bribes. Au lieu de rendre sa réalisation fluide par d’amples mouvements de caméra, Amalric choisit au contraire de donner du rythme par le montage de plans fixes rapprochés. Il établit ainsi un choc sensoriel de chaque instant en heurtant parfois le spectateur par la succession de gros plans et de cadres plus larges, inscrivant ses personnages dans un milieu qui semble constamment trop étroit pour eux. Mais la grande force du cinéaste est de parvenir à raconter une histoire somme toute banale – il s’agit d’un simple fait divers – en éclatant la narration sans que le spectateur soit perdu. Bien au contraire, ce stream of consciousness permet de pénétrer au plus profond de la psychologie torturée du personnage principal incarné avec talent par un Mathieu Amalric habitué à ce type de composition (on pense bien évidemment à son rôle dans L’amour est un crime parfait). Il est d’ailleurs parfaitement secondé par l’excellente Stéphanie Cléau et des seconds rôles attachants comme Léa Drucker ou encore Laurent Poitrenaud. Aidé par une musique de Grégoire Hetzel largement sous influence de Bernard Herrmann, Amalric nous fait ressentir avec force le trouble de protagonistes qui seraient comme les témoins de leur propre déchéance. Au final, il parvient à retrouver l’essence même de l’œuvre de Simenon en évitant la surenchère. Il suffit d’ailleurs d’un seul regard pour que l’intrigue se dénoue devant les yeux ébahis du spectateur, sans qu’aucune confirmation verbale ne vienne interférer pour lui imposer une version unique des faits. Cette maîtrise parfaite de la narration par l’image fait de La chambre bleue le film le plus abouti de son auteur à ce jour. Et de loin. »
Virgile Dumez – àVoir à Lire.com

Ce film est précédé du court métrage:
POUR LE RÔLE
Film de Pierre Niney
(Fiction – France – 2013 – 13’26)

François se présente pour passer un casting. Au terme d’un entretien très étrange, il découvre qu’il est en réalité au c’ur d’une mise en scène mystérieuse à laquelle il va être forcé de prendre part….

Séances

Vernoux (espace culturel Louis Nodon)
mercredi 28 mai à 20h30
lundi 02 juin à 20h30

Lamastre (centre culturel)
jeudi 29 mai à 20h30
vendredi 30 mai à 21h

Chalencon (salle polyvalente)
dimanche 01 juin  à 20h30

Bande annonce

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