LA ISLA MINIMA

Affiche La Isla MinimaFilm de Alberto Rodriguez
(Policier – Espagne – 2015 – 1h44 – V.O.S.T.)
Avec: Raúl Arévalo, Javier Gutiérrez (II), Antonio de la Torre …
Avertissement: certaines scènes de ce film sont de nature à heurter un jeune public.

Deux flics que tout oppose, dans l’Espagne post-franquiste des années 1980, sont envoyés dans une petite ville d’Andalousie pour enquêter sur l’assassinat sauvage de deux adolescentes pendant les fêtes locales. Au coeur des marécages de cette région encore ancrée dans le passé, parfois jusqu’à l’absurde, et où règne la loi du silence, ils vont devoir surmonter leurs différences pour démasquer le tueur.

« C’est un paysage insolite, jusqu’ici négligé par le cinéma. Et pourtant, quel potentiel dramatique ! Le delta du Guadal­quivir, avec ses milliers d’hectares de marécages couverts de rizières, est un véritable labyrinthe végétal et aquatique. On s’y cache, on s’y perd, on y trafique toutes sortes de biens plus ou moins ­licites. Dans le sixième film d’Alberto Rodríguez, grand triomphateur des derniers Goya (les César espagnols) et polar le plus excitant de l’été, on y tue, aussi, avec un raffinement pervers. C’est dans cet univers sauvage, à quelques kilomètres de Séville et de la « civilisation », que deux policiers venus de Madrid débarquent au début des années 1980 pour enquêter sur la disparition de deux adolescentes aux mœurs soi-disant légères. La transition démocratique que vit alors l’Espagne n’a pas encore conquis l’Andalousie profonde. Dans leur chambre d’hôtel, les deux flics découvrent des photos de Franco et de Hitler accrochées au crucifix. Et dans les champs de riz, le système presque féodal des latifundios a de beaux restes : ­le grand propriétaire terrien est au-­dessus des lois, avec la bénédiction des autorités, qui préfèrent réprimer les ouvriers agricoles en grève… Cette injustice, Pedro, le plus jeune des deux enquêteurs, ne peut s’y résoudre, même si son idéalisme lui a déjà coûté cher : il a écopé d’une mutation disciplinaire, quelques années plus tôt, pour avoir dénoncé un supérieur corrompu. Son partenaire a plus de bouteille (dans tous les sens du terme !) et moins de scrupules : Juan est le genre de flic qui tape d’abord pour discuter ensuite, et ne s’embarrasse pas trop des subtilités du code de procédure pénale. L’opposition de style entre le « good cop » et le « bad cop » est un classique, ­sinon un cliché du polar. La Isla mínima la rend plus complexe, dévoilant aussi bien la part d’ombre du « gentil » Pedro que la séduction ambiguë du cynique Juan. A l’image des marais, où la fange sommeille sous l’eau trouble, les frontières entre la loi et le crime, entre le bien et le mal deviennent floues. Alberto Rodríguez utilise à plein ce surprenant décor naturel, tantôt écrasé par un soleil aveuglant, tantôt noyé sous le déluge d’un orage dantesque. Images étonnantes et scènes d’action spectaculaires : notamment la splendide poursuite automobile dans la poussière, sur les chemins étroits des canaux… Les visions oniriques d’oies sauvages dans le ciel, les apparitions répétées d’une «voyante» autoproclamée donnent, par moments, au film une dimension surnaturelle : il y a du True Detective, la formidable série de Nic Pizzolatto, dans cette traque au tueur en série qui réveille les fantômes du passé…  »
Samuel Douhaire – Télérama

Ce film est précédé du court métrage
BLIND SPOT
Film de Simon Rouby , Yvon Jardel , Cécile Dubois Herry , Olivier Clert , Nicolas Chauvelot et Johanna Bessiere
(Animation – France – 2007 – 03’16 – Sans dialogue)

Un voleur entre dans une épicerie pour faire un hold-up. Dans le magasin, une vieille grand-mère qui voit mal fait ses courses tant bien que mal. Soudain, tout s’enchaîne dans une confusion totale.

Séances

Vernoux (espace culturel Louis Nodon)
samedi 22 août à 21h
dimanche 23 août à 18h
lundi 24 août à 21h

Lamastre (centre culturel)
vendredi 21 août à 21h
mardi 25 août à 21h

Chalencon (salle polyvalente)
dimanche 23 août à 20h30

Bande annonce

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