LA VIEILLE DAME INDIGNE

Affiche la vieille dame indigneFilm de René Allio
(Comédie dramatique – France – 1965 – 1h34)
Avec: Sylvie, Victor Lanoux, Jean Bouise …
Film programmé dans le cadre du cycle « mémoire du cinéma » en partenariat avec [Les Écrans.

Mme Berthe vient d’avoir 70 ans lorsque son mari meurt. Son existence a toujours été terne et laborieuse, entièrement consacrée au travail et à sa famille. Les enfants de la vieille dame se réunissent autour d’elle et se demandent ce qu’elle va devenir. Mais Mme Berthe décide à la stupéfaction générale de changer complètement ses habitudes et de vivre une vie nouvelle. Elle se met à sortir, fréquente les restaurants et les cinémas, se lie d’amitié avec une serveuse délurée et avec Alphonse, un cordonnier anarchiste…

« Porté par l’interprétation mémorable de Sylvie, ce premier long-métrage savoureux de René Allio bénéficie d’une restauration de premier plan, permettant de redécouvrir des images majestueuses du Marseille populaire des années 60. Quelque part à mi-chemin entre les innovations de la nouvelle vague et le régionalisme développé à cette époque par des cinéastes – par ailleurs écrivains – tels que Marcel Pagnol ou encore Jean Giono, René Allio se place pour son premier long-métrage sous le haut patronage de Bertold Brecht dont il adapte ici une nouvelle. Bien entendu, il actualise totalement le propos et délocalise l’action afin de filmer sa bonne ville natale de Marseille, et plus particulièrement le quartier populaire de l’Estaque, près de vingt ans avant Robert Guédiguian, avec qui il entretient un certain goût pour le réalisme social et la description sans artifice des petites gens. Ce qui frappe immédiatement à la vision de ce premier essai, c’est la volonté du réalisateur d’opposer l’ancien et le moderne à chaque plan. Si la vieille dame incarne au début du film une France encore ancrée dans un système patriarcal issu du monde rural, celle-ci va finalement se muer en femme libre, tentée par la société de consommation qui s’abat alors sur l’Hexagone à la faveur des Trente Glorieuses. Le cinéaste prend son temps pour décrire une métropole en pleine mutation : aux vieux quartiers traditionnels où réside Madame Bertini, il oppose les grandes barres d’immeubles où s’entassent les familles ouvrières. De même, il met en avant à travers l’histoire de cette vieille dame qui s’éveille à la vie après plus de soixante ans de servitude, l’explosion d’une société plus individualiste recherchant avant tout son bonheur matériel et personnel. […] Le réalisateur se fait avant tout le témoin d’un monde en pleine mutation et il ne profère de jugement qu’à l’encontre de ceux qui jugent le comportement de la vieille femme. C’est d’ailleurs l’éclosion à la vie de cette dame qui touche profondément le spectateur, d’autant que celle-ci est incarnée par l’exceptionnelle Sylvie qui fut un éternel second couteau du cinéma français. Elle trouve ici assurément son meilleur rôle, épaulée brillamment par une brochette d’acteurs tous plus naturels les uns que les autres. Réalisé avec les moyens du bord dans des conditions spartiates, La vieille dame indigne retrouve une véritable jeunesse grâce à la version restaurée. Une occasion rêvée de (re)découvrir un premier film, certes parfois maladroit, mais plein d’une fraîcheur qui ravigote le cœur. »
Virgile Dumez – A voir-A lire

Séances

Vernoux (espace culturel Louis Nodon)
dimanche 21 septembre à 20h30
lundi 22 septembre à 18h

Lamastre (centre culturel)
mardi 23 septembre à 21h

Bande annonce

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