LE DISCIPLE

affiche-le-discipleFilm de Kirill Serebrennikov
Drame
Russie – 2016 – 1h58 – VOST
Avec Petr Skvortsov, Victoria Isakova, Svetlana Bragarnik, Anton Vasiliev, Yuliya Aug

Mise en scène splendide, entre onirisme et épure, faite de plans-séquen­ces et d’audaces visuelles (…). Ce film, qui terrifie et subjugue, en fait un cinéaste majeur.
Télérama

Plongée glaçante dans la radicalité obsessive d’une crise fanatique, « Le Disciple » décline en longs plans-séquences les étapes d’une escalade promise au désastre, sur fond de délitement idéologico-social, entre réévaluation de l’héritage stalinien, relents antisémites et homophobie constitutive dûment pointés.
Libération

Ce film (…) est une réussite éprouvante : il parvient à nous révolter contre la plus imbécile des révoltes, le fantatisme religieux, dont on a pourtant fait le tour ici depuis Voltaire.
Positif

SYNOPSIS

Veniamin, un adolescent pris d’une crise mystique, bouleverse sa mère, ses camarades et son lycée tout entier, par ses questions.
– Les filles peuvent-elles aller en bikini au cours de natation ?
– Les cours d’éducation sexuelle ont-ils leur place dans un établissement scolaire ?
– La théorie de l’évolution doit-elle être enseignée dans les cours de sciences naturelles ?
Les adultes sont vite dépassés par les certitudes d’un jeune homme qui ne jure que par les Écritures. Seule Elena, son professeur de biologie, tentera de le provoquer sur son propre terrain.

CRITIQUE

Il est beau, jeune, ardent, charismatique. Les filles le regardent, les garçons, aussi, mais voilà que Veniamine (Petr Skvortsov) vire chrétien. Pas du genre à tendre la joue quand on le frappe. Non : sa foi est folle, délirante, vengeresse. A coups de citations de la Bible, apprises par coeur et crachées à la gueule de ceux qui tentent de le raisonner, il fulmine, rugit, condamne. Qui ? Les faibles, les lâches, les tièdes. Sa mère, qui a péché contre l’enseignement du Christ en divorçant. Contre les filles qui s’exhibent à la piscine en « bikini » : mot qui semble le révulser comme s’il était frôlé par Satan lui-même. Contre les homos qui se cachent et ceux qui osent vivre leur vice. Contre les prêtres orthodoxes qui ont failli à leur mission et les profs qui l’ont depuis longtemps trahie. « Aucun chrétien n’est prêt à mourir pour sa foi, tonne-t-il, tandis que d’autres osent »…

Le pire, chez cet ado de feu et de flamme, que son idéalisme rend particulièrement dangereux, c’est ce qu’il révèle d’une société russe au moins aussi effrayante que lui. Où certains profs enseignent aux élèves que Staline, en dépit de quelques excès, serait, aujourd’hui, « un excellent manager ». Où d’autres n’hésitent pas à contester fermement les théories de Darwin. Où l’antisémitisme et l’homophobie, toujours tapis dans l’ombre, s’enflamment à la moindre étincelle.

Ce monde, devenu sans foi ni loi, résiste difficilement à l’ado ravageur, séduisant comme pouvait l’être le héros de Théorème. Mais Pier Paolo Pasolini utilisait la sexualité comme une arme pour mieux révéler à ses personnages leurs frustrations et leurs interdits. La religion, chez Kirill Serebrennikov, les accentue. Très vite, Le Disciple devient un duel à mort entre un ange purificateur — même si exterminateur — et une prof, seule à oser lui tenir tête. « Il faut utiliser les mêmes armes que lui », dit-elle. Et elle s’y emploie avec détermination. Curieusement, ce n’est pas l’ado, presque dérouté par ce détracteur à sa mesure, qui la terrasse, mais son entourage : ses confrères, les parents d’élèves, tout un ramassis de lâches et de pleutres qui, subitement, la condamnent elle, qui se battait, pourtant, pour la liberté, la tolérance et la raison.

Mise en scène splendide, entre onirisme et épure, faite de plans-séquen­ces et d’audaces visuelles : notamment l’apparition, dans l’appartement de l’ado, d’un immense Christ en croix, qu’il a rapporté du lycée, et à qui il demande, en vain, secours et protection… Seuls les amateurs de théâtre connaissaient jusqu’ici Kirill Serebrennikov : ses transpositions sur scène de films ­célèbres (Les Idiots, de Lars von Trier, Rocco et ses frères, de Luchino Visconti, Tous les autres s’appellent Ali, de Rainer Werner Fassbinder). Sans oublier, cette année, son ébouriffante adaptation des Ames mortes, de Gogol, présentée au Festival d’Avignon. Ce film, qui terrifie et subjugue, en fait un cinéaste majeur.

Pierre Murat – Télérama

Ce film est précédé du court métrage

si-jetais-le-bon-dieuSI J’ETAIS LE BON DIEU
Film de Cordell Barker
Animation – Canada – 2015 – 08’28

En disséquant une grenouille durant le cours de biologie, un garçon de douze ans imagine ce qu’il ferait s’il était Dieu.

SÉANCES

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