LE GARCON ET LA BETE

affiche-le-garcon-et-la-beteFilm de Mamoru Hosoda
(Animation, Aventure – Japon – 2016 – 1h58 – V.F.)
Avec: Koji Yakusho, Aoi Miyazaki, Shôta Sometani …
Film tout public à partir de 9 ans

Shibuya, le monde des humains, et Jutengai, le monde des Bêtes… C’est l’histoire d’un garçon solitaire et d’une Bête seule, qui vivent chacun dans deux mondes séparés. Un jour, le garçon se perd dans le monde des Bêtes où il devient le disciple de la Bête Kumatetsu qui lui donne le nom de Kyuta. Cette rencontre fortuite est le début d’une aventure qui dépasse l’imaginaire…

« En 2012, Les Enfants loups, son merveilleux troisième film, faisait connaître Mamoru Hosoda au public français et révélait déjà un possible maître de l’animation japonaise. Le Garçon et la Bête synthétise magnifiquement les thèmes de ses œuvres précédentes (la famille, l’éducation, la sauvagerie d’enfants pas tout à fait comme les autres) et son esthétique éclectique, entre énergie geek et pastels classiques. Une voix off insolente installe le décor : deux mondes parallèles, inconnus l’un de l’autre. Les Bêtes — une société médiévale grouillante de marchands et d’artisans — vivent en paix sous l’égide d’un lapin sage et souriant comme le maître de la série Kung-fu. Chez les humains — le Tokyo ultramoderne —, Ren, 9 ans, vient de perdre sa mère. Comme il refuse d’être confié à de lointains parents, il fugue. Dans sa fuite, il emprunte une ruelle labyrinthique et pénètre dans le monde des Bêtes. Kumatetsu, un ours mal léché, cherche désespérément un disciple pour succéder à son seigneur lapin. Il jette son dévolu sur ce gamin bravache. Entre le formateur braillard, qui n’écoute que sa force, et le jeune « morveux » insolent et sans famille, un long apprentissage commun commence. Mamoru Hosoda est un conteur à l’imagination foisonnante. Du premier accrochage entre le maître et le disciple jusqu’à la fin, émouvante et apaisée, dix ans s’écoulent, rythmés par mille et un rebondissements et allers-retours entre les deux mondes. Une séquence de quelques minutes — un voyage d’initiation chez des sages — contient, en germe, trois autres films potentiels. Et un plan splendide : un feu de camp sous un ciel étoilé à la Van Gogh. Dans le cinéma d’animation, la quête d’identité, la mythologie animale, le combat entre le bien et le mal sont des thèmes usés jusqu’à la corde. Mais Hosoda les revitalise. Il a le sens de l’épopée et de la légende. Pourtant, chez cet humaniste, le fantastique n’est qu’un outil pour souligner les petits miracles de la vie quotidienne et des rapports filiaux. Une seule question, éternelle, se pose, quand on est un jeune garçon ou une bête immature : comment devenir adulte ? En apprenant des autres (un fils fait aussi grandir son « père ») et en s’armant pour résister aux ténèbres qui menacent de nous engloutir. Hosoda a alors deux trouvailles merveilleuses. Pour symboliser l’ennemi intérieur d’un adolescent en manque de repères, il convoque Moby Dick, la baleine de Herman Melville, dans les rues de Tokyo. Puis il clôt ce grand film sur la transmission par un sacrifice « paternel » qui fait chaud au cœur, y compris au sens propre. Après presque deux heures de chamailleries comiques, de pics d’émotion et de duels homériques, une chose est sûre : le règne de Miyazaki terminé, l’animation japonaise a trouvé son nouveau seigneur. »
Guillemette Odicino – Télérama

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