LE GRAND HOMME

affiche Le Grand HommeFilm de Sarah Leonor
(Drame – France – 2014 – 1h47)
Avec: Jérémie Renier, Surho Sugaipov, Ramzan Idiev …

Détachés en Afghanistan pour 6 mois, les légionnaires Markov et Hamilton sont pris en embuscade lors d’une expédition non autorisée par leur hiérarchie. Markov sauve Hamilton, grièvement blessé par des tirs rebelles, mais quitte la Légion sans les honneurs. De retour à Paris, Hamilton, convalescent, souhaite rester légionnaire, tandis que Markov, désormais civil et sans papiers, tente de s’en sortir avec son fils Khadji. Hamilton prête son identité civile à son ami tchétchène, pour qu’il puisse travailler légalement. Mais un jour, Markov disparaît, laissant Hamilton désorienté et Khadji seul au monde.

« Aux grands hommes, la patrie n’est pas toujours reconnaissante. Il n’est pas question ici du taux – élevé – de remplissage du monument de la montagne Sainte-Geneviève, mais bien de la définition moderne du qualificatif : c’est quoi, aujourd’hui, un grand homme ? Sarah Leonor prend tout son temps pour répondre à la question contenue dans le titre du film, curieusement aussi anodin en apparence qu’entêtant dans le déroulement du récit. Ils sont trois à postuler à la distinction. Deux amis, Hamilton (Jérémie Renier) et Markov (Surho Sugaipov), sous-officiers dans la Légion étrangère qui bravent le danger dans un avant-poste d’Afghanistan pour tromper l’ennui et mesurer leur bravoure. Le troisième est un enfant, Khadji, le fils de Markov, que son père a confié à des amis le temps de finir ses cinq années de service sous les drapeaux. A la clé, un enjeu de taille : la nationalité française et la fin des ennuis. Chacun de ces trois individus, au cours du récit, mérite amplement qu’on lui reconnaisse le titre de «grand homme». Markov parce qu’il sauve son ami, Hamilton parce qu’il démontre sa gratitude avec un panache admirable et enfin le jeune Khadji parce rien n’est plus difficile pour un enfant que d’avoir à prendre des décisions d’adulte, et de devoir s’y tenir. Pour construire ce récit traversé par des problématiques de société qui font rarement les grands films (sans-papiers, exil, surdité des institutions…), Sarah Leonor a mis dans le mille de la modernité et du romanesque. Elle s’est inspirée de l’Epopée de Gilgamesh, légende antique de Mésopotamie qu’elle a découverte dans sa traduction française alors qu’elle venait de vivre deux deuils : celui de son père et celui de Guillaume Depardieu, avec lequel elle avait réalisé le dernier film du jeune comédien, le magnifique Au voleur. Le mythe, qui explore les mystères de la vie et de la finitude au travers des aventures du jeune roi Gilgamesh et de son jumeau antagoniste, Enkidu, a trouvé en elle un écho intime et violent. La transposition du mythe dans le Paris d’aujourd’hui, encadré de deux épisodes solaires en Afghanistan et à Marseille, n’a rien d’un artifice. Les deux soldats revivent, sans le savoir, et sans qu’il n’en soit jamais fait mention, l’amitié fusionnelle du roi de Mésopotamie et de son double, faisant l’apprentissage douloureux de la séparation, voyant leurs illusions d’immortalité et de jeunesse fracassées par l’expérience de la mort de l’un d’eux. Souviens-toi que tu vas mourir… Outre la délicatesse de la mise en scène, le Grand Homme doit aussi beaucoup à son trio de comédiens, Jérémie Renier, en dépit d’une filmographie bien remplie (33 ans, 50 films), réussissant une fois encore le tour de force de surprendre, ici dans le registre du dur-à-cuire. Construit en segments de durée sensiblement équivalente, manière de dire qu’aucun des personnages n’est réellement le héros de cette histoire, le film déroule alors une mécanique de tragédie où les héros, faute de mieux, se mesurent aux rouages rouillés d’une société à bout de souffle. Les épreuves n’en sont pas moins dures et, finalement, la leçon est toujours aussi cruelle. Etre un homme, un grand homme, c’est comprendre que l’on va mourir, et que personne d’autre que soi-même ne pourra reconnaître sa bravoure et son sens de l’honneur. »
Bruno Icher – Libération

Ce film est précédé du court métrage
CARN
Film de Jeffig Le Bars
(Animation – France – 2012 – 05’20)

Un enfant, perdu en montagne dans un froid glacial doit prêter serment à une louve pour sauver sa peau…

Séances

Vernoux (espace culturel Louis Nodon)
samedi 13 septembre à 21h
dimanche 14 septembre à 18h
lundi 15 septembre à 21h

Lamastre (centre culturel)
jeudi 11 septembre à 20h30
vendredi 12 septembre à 21h

Chalencon (salle polyvalente)
dimanche 14 septembre à 20h30

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