LE HOBBIT: LE VOYAGE INATTENDU

affiche Le hobbitFilm de Peter Jackson
(Fantastique – USA / Nouvelle Zélande – 2012 – 2h45 – V.F. – 2D & 3D)
Avec: Ian McKellen, Martin Freeman, Richard Armitage, Ken Stott …

Bilbon, le hobbit, mène une vie tranquille dans sa douillette résidence de Cul-de-Sac. Calmes lectures, enthousiastes ripailles, aimable voisinage lui font un quotidien de choix, avec lequel il n’a aucune envie de rompre. Mais un soir, alors qu’il fume sa pipe sur le pas de la porte, la haute silhouette de Gandalf le magicien vient lui cacher le spectacle familier du village dans ses premières somnolences. Et Gandalf lui parle d’Aventure. Le mot est lâché : tout s’enchaîne. D’abord récalcitrant, le hobbit se retrouve membre de la compagnie d’un prince nain, Thorin Ecu-de-Chêne, lancé dans une folle croisade pour reconquérir le royaume perdu d’Erebor, où dort depuis des lustres – peut-être est-il mort ? – le dragon Smaug… Après Le Seigneur des anneaux, adaptation des livres éponymes de J. R. R. Tolkien, c’est aux origines de l’histoire que le réalisateur Peter Jackson revient avec Le Hobbit. Quelques années avant de se lancer dans l’épopée de l’Anneau, c’est sous la forme de contes que Tolkien avait esquissé la Terre du Milieu : espace d’évasion pour lui-même, lors de sa convalescence pendant la première guerre mondiale, puis espace de rêves pour ses enfants. Peter Jackson a choisi d’adapter Tolkien à rebours de son écriture : après avoir mis en images l’épopée, place au conte qui en portait les germes. Et c’est bien en conte qu’il faut voir ce Hobbit : certaines situations, certains personnages trouveraient aisément leur place dans un livre d’histoires merveilleuses pour tout-petits. Mais, surtout, Le Hobbit met en scène la naissance d’un conteur. Il s’ouvre sur un portrait de Bilbon vieilli, commençant d’une main un peu moins sûre que naguère le récit qu’il destine à son neveu Frodon, celui qui portera l’anneau jusqu’à la montagne du Destin. Et ce récit même est celui d’une initiation à l’art de conter. Au fil de son périple, Bilbon s’intègre à la compagnie de Thorin en écoutant l’histoire du peuple nain le soir autour du feu : au milieu de nulle part, le temps suspend son cours, et le rite initiatique de la veillée s’opère. En adaptant en trois volets le petit livre de Tolkien, Peter Jackson n’a rien fait d’autre que prendre le temps d’en raconter l’histoire. Si Le Seigneur des anneaux jouait déjà sur une alternance entre rythme impitoyable de l’épopée et séquences contemplatives, Le Hobbit tout entier doit se comprendre dans la parenthèse temporelle du conte. La Terre du Milieu nous est désormais connue. Les tours de Gandalf nous sont familiers, ceux de Peter Jackson aussi : il l’assume, jusqu’à refaire exactement le plan le plus célèbre de La Communauté de l’anneau (une file d’hommes avançant sur une ligne de crête) pour célébrer l’avancée de la compagnie de Thorin.  Ce monde, il le connaît, il se l’est approprié des années durant. Chaque lieu y a sa musique, chaque geste ses cadres, ses ralentis, son éclat. Le style Peter Jackson, comme la plume de Tolkien, est épique. « Toute bonne histoire mérite qu’on l’embellisse » : cette leçon de Gandalf à Bilbon n’est guère tombée dans l’oreille de sourds. Ne reste plus qu’à s’asseoir pour retrouver les trois conteurs : l’écrivain, le hobbit, le réalisateur. L’aventure qu’ils racontent reste sans pareille. Le temps indéfini de la veillée commence, et les contours de la Terre du Milieu se redessinent : l’espace devant l’oeil est ouvert.

Bande annonce

Séances

Vernoux (salle Louis Nodon)
mercredi 09 janvier à 16h (3D)
vendredi 11 janvier à 20h30 (2D)
samedi 12 janvier à 20h30 (3D)
dimanche 13 janvier à 14h (2D)

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