LE PROCÈS DE VIVIANE AMSALEM

affiche le procès de Viviane AmsalemFilm de Shlomi & Ronit Elkabetz
(Drame – Israël – 2014 – 1h55 – V.O.S.T.)
Avec: Ronit Elkabetz, Menashe Noy, Simon Abkarian …
Sélection de la Quinzaine des Réalisateurs – Cannes 2014

Viviane Amsalem demande le divorce depuis trois ans, et son mari, Elisha, le lui refuse. Or en Israël, seuls les Rabbins peuvent prononcer un mariage et sa dissolution, qui n’est elle-même possible qu’avec le plein consentement du mari. Sa froide obstination, la détermination de Viviane de lutter pour sa liberté, et le rôle ambigu des juges dessinent les contours d’une procédure où le tragique le dispute à l’absurde, où l’on juge de tout, sauf de la requête initiale.

« Est-il un mauvais mari ? L’a-t-il jamais battue, trompée ?… Privée du nécessaire ? Non. Alors, pourquoi Viviane Amsalem tient-elle tant à divorcer ? Plantés derrière leur table de juges, comme les piquets d’une barrière, les trois rabbins chargés du dossier ne comprennent pas. Les arguments de l’épouse et de son avocat sont balayés d’un revers de barbe. Le désamour ? Futile. La mésentente, l’usure ? Irrecevable : un bon ménage n’est pas affaire de sentiments, c’est un ciment social. En Israël, pas de mariage civil. On se sépare devant un tribunal rabbinique, et uniquement si le mari consent à « répudier » sa femme. Or, dans cette bataille tragi-comique qui nous occupe, il s’y refuse obstinément… Après Prendre femme (2005) et Les Sept Jours (2008), les frère et sœur Ronit et Shlomi Elkabetz poursuivent l’examen du même couple : Ronit Elkabetz joue toujours l’épouse, avec ce beau masque d’âpreté tragique qu’on lui connaît. Quant à Eliahou, l’insupportable et pourtant touchant mari, beau spécimen de « victime » passi­ve-agressive, il est toujours incarné par ­Simon Abkarian. Les deux premiers films, déjà très forts, évoquaient une ­relation conjugale malade. Cette fois, il s’agit d’en montrer l’agonie. Lente, très lente. Durant presque deux heures — et cinq ans de la vie des personnages ! —, les cinéastes nous enferment dans le huis clos du tribunal et de sa salle d’attente. Ce dispositif crée un ­véritable langage visuel : on touche, presque physiquement, les murs d’une société machiste, étouffée par des lois archaïques. De convocations en renvois d’audience, le mari s’accroche. A une femme qu’il aime encore, mais aussi à sa respectabilité, à ses repères, même s’ils sont saccagés, obsolètes. On subit, autant que l’héroïne, cette obstination de plus en plus torturante, cette procédure de plus en plus absurde. Autopsie d’un couple, d’un système, le récit tire sa force de ce qui pourrait apparaître comme son principal défaut : sa fixité. Ankylose juridique, affective, narrative… Nous ne voyons jamais l’extérieur, mais l’extérieur vient à nous, par bourrasques successives : voisins, beaux-frères, copines, toute la classe moyenne séfarade israélienne semble rassemblée — et croquée — pour témoigner, se mentir, s’engueuler, dans un formidable concours de mauvaise foi, souvent très drôle, toujours cruel. Un grand film sur la condition féminine. La condition humaine, en général. »
Cécile Mury – Télérama

Ce film est précédé du court métrage
NUE
Film de Catherine Bernstein
(Documentaire – France – 2008 – 07’58)

Une femme est nue. Elle est filmée par sa fille qui s’attarde sur des détails de son corps. Sentant ce regard sur son corps adulte, marqué par les années, la femme raconte son histoire à travers celle de ses sourcils, de ses yeux, de ses seins, de son ventre, de ses jambes… Ce corps en morceaux devient petit à petit un tout.

Séances

Vernoux (espace culturel Louis Nodon)
samedi 19 juillet à 21h
dimanche 20 juillet à 18h
lundi 21 juillet 21h

Lamastre (centre culturel)
vendredi 18 juillet à 21h
mardi 22 juillet à 21h

Chalencon (salle polyvalente)
dimanche 20 juillet à 20h30

Bande annonce

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