L’ÉCUME DES JOURS

affiche l'écume des joursFilm de Michel Gondry
(Comédie dramatique – France – 2013 – 2h05)
Avec : Romain Duris, Gad Elmaleh, Omar Sy,  Audrey Tautou, Charlotte Le Bon …

L’histoire surréelle et poétique d’un jeune homme idéaliste et inventif, Colin, qui rencontre Chloé, une jeune femme semblant être l’incarnation d’un blues de Duke Ellington. Leur mariage idyllique tourne à l’amertume quand Chloé tombe malade d’un nénuphar qui grandit dans son poumon. Pour payer ses soins, dans un Paris fantasmatique, Colin doit travailler dans des conditions de plus en plus absurdes, pendant qu’autour d’eux leur appartement se dégrade et que leur groupe d’amis, dont le talentueux Nicolas, et Chick, fanatique du philosophe Jean-Sol Partre, se délite. Certains livres sont faits, dit-on, pour tel ou tel metteur en scène. Mais lorsque ce dernier finit par l’adapter, après l’avoir longtemps « porté » en lui, il arrive souvent que le résultat soit décevant, compassé, empêché par trop de respect pour l’oeuvre. Rien de tel ici : le fameux roman de Boris Vian stimule l’imaginaire de Gondry, tout en le contraignant à une certaine rigueur qui lui faisait parfois défaut encore. Ici priment les humeurs et le non-sens poétique. On plonge dans la pure fantasmagorie. Celui d’un Paris rétro-futuriste qui mêle les époques, où la matière même des objets et des décors, mouvante, capricieuse, dicte l’action. C’est l’idée forte de Michel Gondry : faire en sorte que la moindre substance, de l’aliment à la voiture en passant par le « pianocoktail », soit un personnage doué de vie. Un vecteur de fragi­lité. Qui sont alors Colin, Chloé et les autres ? Des spectateurs, surtout, curieux de tout, éblouis, intrigués. Qu’ils se rendent à une conférence de Partre ou qu’ils pique-niquent, rien ne se passe jamais comme prévu. Tout est vraiment bizarre, comme dans un rêve. On évolue dans un monde où ce qui est féerique recèle un absurde, qui va croître jusqu’à être oppressant — les murs des pièces se resserrent. Une angoisse filtre, une impuissance face au temps qui se dérègle, face aux êtres aimés, de plus en plus lointains. L’addiction de Chick, la maladie de Chloé, tout cela transparaît et transpire à l’écran, à travers la décomposition, le pourrissement des choses. L’Ecume des jours est un film organique, biologique, de lymphes, d’humus et de bile noire. Où il est difficile de distinguer le règne végétal, animal, minéral. La mise en scène, très artisanale sinon archaïque, porte sur le concret du quotidien. Le réalisateur ne s’attarde jamais sur ses inventions, il les filme comme en passant. C’est cette magie furtive, souterraine, qui séduit. A l’exemple du traitement chromatique. Au fil des séquences, sans qu’on s’en aperçoive forcément, les couleurs, déjà un peu jaunies, un peu ternies, s’estompent. Lentement mais sûrement…

Ce film est précédé du court métrage:

RUBIKA
Film de Margaux Vaxelaire , Caroline Roux , Florent Rousseau , Chaos Ma , Julien Legay , Mickaël Krebs , Ludovic Habas , Claire Baudean
(Animation- France – 2010 – 3′58′)

Bienvenue sur Rubika, une planète à la gravité fantaisiste. Rien ne va plus au royaume des pixels ! Obéissant à une attraction tantôt verticale tantôt horizontale, de petits playmobils se voient bien malmenés par une équipe de jeunes réalisateurs qui s’amuse à refaire le monde, mettant Galilée et Newton directement à la corbeille. La planète Rubika possède ses propres lois physiques pour le plus grand plaisir des spectateurs. Fruit d’une collaboration inédite initiée par le Laboratoire d’images entre de jeunes étudiants de l’école d’animation Supinfocom et des artistes tel Guillaume Plantevin, illustrateur spécialisé dans le Pixel Art, Rubika fait l’effet d’une petite météorite dans le monde bien policé de l’animation 3D.

Séances

Vernoux (salle Louis Nodon)
samedi 25 mai à 18h
dimanche 26 mai à 17h
lundi 27 mai à 21h

Lamastre (centre culturel)
jeudi 23 mai à 21h
vendredi 24 mai à 21h

Chalencon (salle polyvalente)
dimanche 26 mai à 20h30

Bande annonce

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