LES BÊTES DU SUD SAUVAGE

affiche Les Bêtes du sud sauvageFilm de Benh Zeitlin
(Drame – USA – 2012 – 1h32 – V.O.S.T.)
Avec: Quvenzhané Wallis, Dwight Henry, Levy Easterly …
Grand Prix de Sundance
Caméra d’Or 2012 à Cannes

Hushpuppy est seule. Dans sa maison de bric et de broc, où elle conserve toutes sortes de reliques qui lui rappellent sa mère décédée, elle fait cuire du ragoût dans une casserole. Elle n’a que 6 ou 7 ans mais, au beau milieu du bayou de Louisiane où elle vit avec son père et une communauté de reclus refusant de céder aux menaces d’expulsion, elle a dû apprendre à se débrouiller. Après que son père l’a engueulée, elle décide d’ignorer la menaçante fumée qui sort de sa marmite en surchauffe ; mieux, elle attise le feu, par colère, par dépit, par défi aussi sans doute, sans se rendre compte de ce que son geste va provoquer. Et tandis que son taudis s’enflamme, elle trouve refuge sous un carton, d’où elle dessine, avec un bout de charbon, son histoire, “pour que dans un million d’années, les scientifiques puissent la retrouver et la raconter aux enfants”. Un carton contre les flammes, du charbon contre l’oubli : voilà exactement le genre d’équations sur lesquelles repose Les Bêtes du Sud sauvage, premier long métrage exaltant de Benh Zeitlin, jeune homme de 30 ans auréolé du grand prix à Sundance et de la Caméra d’or à Cannes. Cette scène, située tôt dans le film, le résume parfaitement, en ce qu’elle pose la subjectivité du regard de son héroïne, gamine rêveuse et revêche, comme instance de résistance face à la fin d’un monde. C’est une maison en tôle qui part en fumée, c’est un marais qu’une tempête noie sous les eaux, c’est une ville que l’explosion d’une digue livre aux inondations, c’est la mort de parents qui signe, trop tôt, la fin de l’enfance, mais c’est, au fond, toujours la même question : le crépuscule approche, que nous reste-t-il ? Et, surtout, sur quelles bases tout reconstruire ? Les Bêtes du Sud sauvage fonctionne sur un principe organique. Comme si chaque élément du film, plutôt que de faire avancer une intrigue réduite à peau de chagrin, participait d’un grand tout atmosphérique et labile, un bouillon primitif à partir duquel recomposer l’ensemble du puzzle. Produit en indépendant à La Nouvelle-Orléans, Les Bêtes du Sud sauvage réussit à faire beaucoup avec très peu. À l’image de ses pouilleux sublimes, qui existent et vivent, à peu de choses près, dans les conditions dévoilées par le film. À partir d’une réalité sociale d’extrême pauvreté, Zeitlin crée un univers cinématographique riche, à base de pellicule super-16, d’accessoires de brocanteur et d’effets spéciaux d’étudiant malicieux. Entre odyssée fantastique, fable naturaliste et film apocalyptique, le jeune cinéaste invite à une expérience cinématographique unique : choc visuel garanti, un voyage émotionnel d’une intensité rare.

Ce film est précédé du court métrage:
EGARO
Film de Bruno Salamone , Benoit Delaunay , Maïwenn Le Borgne , Anaelle Moreau , Alexia Provoost , Simon Taroni (Animation – France – 2011 – 06’09 »)

Mélancolique et solitaire un petit monsieur reclu dans sa maison au-dessus de laquelle stationne un nuage noir, entouré de fantômes, rêve d’avoir le courage de sortir à la rencontre de la femme qu’il aime. L’orage gronde, la pluie tombe. Il met un masque poilu, et sort à reculons dans la tourmente.

Bande annonce

Séances

Vernoux (salle Louis Nodon)
samedi 19 janvier à 18h
dimanche 20 janvier à 17h
lundi 21 janvier à 20h30

Lamastre (centre culturel)
jeudi 17 janvier à 21h
vendredi 18 janvier à 21h

Chalencon (salle polyvalente)
dimanche 20 janvier à 20h30

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