LES CHEBABS DE YARMOUK

affiche Les Chebabs de YarmoukFilm de Axel Salvatori-Sinz
(Documentaire – France – 2015 – 1h18 – V.O.S.T.)
Avant première en présence du réalisateur. Cette avant-première est mise en place grâce au concours des Écrans, des Toiles du Doc et du Conseil Général de l’Ardèche.

Les Chebabs sont un petit groupe de garçons et de filles qui se connaissent depuis l’adolescence. Aujourd’hui au seuil de l’âge adulte, ils ont une véritable soif de vivre et d’absolu, mais sont tous confrontés à des réalités complexes. Entre le besoin de liberté et l’appartenance au groupe, le désir de révolte et la perspective d’un vie bien rangée, les choix sont difficiles ; mais tout l’est plus encore quand on est réfugié palestinien dans le camp de Yarmouk, en Syrie. Les « chebabs » de Yarmouk, partagent leur quotidien, se cherchent un avenir. Troisième génération d’exilés, ils ne rêvent plus du retour en Palestine. Mais leur soif de vivre, leur désir de révolte se heurtent aux murs du camp. Au seuil de choix existentiels, l’Histoire les rattrape à nouveau. En mars 2011, éclate la Révolution en Syrie. Le camp sera en grande partie détruit, leur vie bouleversée. Le film, tourné juste avant, cristallise leurs derniers moments, ensemble, à Yarmouk.

« C’est beau, un passeport. Petit carnet de rien mais qui permet tout. Lorsqu’il leur est donné d’en tenir un entre les mains, Ala’a, Hassan, Samer, Tasneem et Waed le tournent et le retournent tour à tour, examinent la reliure, le grain du papier… Un passeport, c’est de la magie à l’état pur, le seul et unique sésame capable d’ouvrir leur horizon, de les arracher enfin à leur quotidien gris béton. Car Ala’a, Hassan, Samer, Tasneem et Waed vivent à Yarmouk, un gigantesque camp de réfugiés palestiniens situé dans la banlieue de Damas, en Syrie. Dans Les Chebabs de Yarmouk, Axel Salvatori-Sinz, qui signe là son premier film, ne montre pas de jeunes résistants tout entiers tournés vers la lutte contre l’occupant israélien. Il filme (remarquablement) des jeunes gens au carrefour de leur vie, qui échafaudent des plans pour repousser l’échéance du service militaire, obtenir un passeport, s’en aller vivre dans un pays qui autorise enfin leurs rêves artistiques. Et qui doutent parfois : et si leur place était ici, à Yarmouk, parmi les leurs ? Ils discutent, fument (énormément), plaisantent («quand le destin s’acharne, vaut mieux en rire qu’en pleurer!»). Ils méditent aussi. A moins qu’ils ne dépriment ? Souvent, ils ont le regard dans le vague, perdus dans des abîmes insondables. Ces séquences sont étonnamment «habitées ». Axel Salvatori-Sinz a un vrai talent pour donner chair à l’attente, pour incarner à l’image ces vies tenues entre parenthèses. Lorsque s’achève Les Chebabs de Yarmouk, on a la boule au ventre : on les quitte lorsque débutent les premiers mouvements populaires en Syrie. Trois ans plus tard, le camp de Yarmouk est détruit à 60 %, les appartements des jeunes gens ne sont plus que poussière. Et Hassan a été tué, sans doute torturé à mort par l’armée régulière syrienne. »
Marc Belpois – Télérama

Ce film sera suivi d’un court métrage du même réalisateur: CHER HASSAN, qui fait suite à ce documentaire.

La projection sera suivie d’un débat-discussion avec le réalisateur et la production. Un pot de clôture nous est proposé par le Département.

Séances

Vernoux (espace culturel Louis Nodon)
lundi 16 mars à 20h30

Bande annonce

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