LES GARÇONS ET GUILLAUME À TABLE!

affiche les garcons et Guillaume a tableFilm de Guillaume Gallienne
(Comédie – France – 2013 – 1h25)
Avec: Guillaume Gallienne, André Marcon, Françoise Fabian, Diane Kruger …

Le premier souvenir que j’ai de ma mère c’est quand j’avais quatre ou cinq ans. Elle nous appelle, mes deux frères et moi, pour le dîner en disant : « Les garçons et Guillaume, à table ! » et la dernière fois que je lui ai parlé au téléphone, elle raccroche en me disant : « Je t’embrasse ma chérie » ; eh bien disons qu’entre ces deux phrases, il y a quelques malentendus.

“Ah, le rire ! Aussi subjectif que le goût ou le désir. Il y a quelque chose d’indiscutable et de pulsionnel dans le rire, qui dépasse la réflexion ou les critères esthétiques. On rit ou on ne rit pas. (…) Faire rire sans faire honte, faire rire avec et non contre (ou alors, tout contre), c’est sans doute l’art le plus difficile. (…) Si le style visuel de Gallienne n’est pas novateur, son écriture, son timing et son jeu sont renversants. Il y a du cinéma dans Les Garçons…, mais c’est dans les personnages, les acteurs, le tempo et le rapport à l’autobiographie qu’il faut le chercher (et qu’on le trouve), comme chez Guitry, Allen ou Moretti. Guillaume, c’est donc cet ado qui vit avec ses grands bourgeois de parents et ses deux frères. Guillaume possède une petite singularité dans son milieu social ultra normé : il a des manières efféminées, aime jouer à la poupée ou se déguiser en impératrice Sissi. Ses frères se moquent de lui, sa mère le couve avec amour et sévérité, le considérant comme la fille qu’elle n’a pas eue, et tout le monde est persuadé qu’il est homo. Pas besoin de ressortir son vieux Bergson pour voir se dérouler ici un florilège de tous les types d’humour, du comique de caractère au comique de situation, du trait d’esprit langagier au comique d’action. Guillaume Gallienne rejouant une version fictionnée de sa propre jeunesse, c’est très drôle. Ça l’est d’autant plus que l’acteur s’est dédoublé pour jouer aussi sa maman, avec la même verve. C’est intéressant aussi, puisque l’acteur-scénariste-réalisateur repasse par son passé en adoptant tous les points de vue : le sien, celui de sa mère, celui des autres. Intérieur, extérieur, en soi et sur soi. C’est par le rire et la prise de distance à soi-même que l’on apprend à vivre avec ses blessures et (petits) drames passés. Sous ses dehors farcesques, Guillaume… est aussi un film politique, sociétal. Sans commettre de spoiler, on peut dire que la grande révélation tardive du film, c’est que malgré sa forte part féminine, Guillaume aime et désire les femmes. Il serait erroné de voir dans ce retournement un triomphe final de la norme. D’abord, parce que la mère est surprise et presque déçue, elle qui s’était tellement habituée à ce que son fils soit comme sa fille. On convoquera Bergson encore : l’inversion est l’un des processus du rire et de sa portée critique (l’enfant qui fait la leçon aux parents, le prévenu qui fait la morale au juge, etc). En inversant ici le majoritaire et le minoritaire en matière de genre et de sexe, Gallienne fait valser les repères et renvoie les préjugés dans un néant d’où ils n’auraient jamais dû sortir. En faisant rire d’un coming-out hétéro, il tend un miroir subtil et impitoyable à l’homophobie, à son ridicule et à sa bêtise. Ce qui compte, c’est l’épanouissement de l’individu libre, pas la conformité à ce que les autres attendent de lui, tel semble être le message de cette brillante fantaisie placée sous le double signe de Cocteau (cultive tes défauts) et d’Almodóvar (une des premières séquences se passe en Espagne). Comme le roi de la movida, Gallienne réussit le mariage du rire et de l’émotion, du progressisme et de l’universel, il rapproche la marge du centre en abordant des questions lourdes de façon légère. L’essence d’une vraie comédie populaire. »
Serge Kaganski – Les Inrocks

Ce film est précédé du court métrage:
SKALLAMANN
Film de Maria Back
(Fiction – Norvège – 2011 – 11’52  – V.O.S.T.)

Une comédie musicale sur l’importance d’être qui l’on est et d’aimer qui l’on veut. Un jeune homme en quête d’amour et d’acceptation rapporte à ses parents qu’il est enfin heureux depuis qu’il a rencontré l’âme sœur. Son compagnon est chauve, ce qui panique sensiblement ses parents. Ce film parle des amours défendus et du risque de tout perdre quand un choix va à l’encontre de la norme.

Séances

Vernoux (salle Louis Nodon)
samedi 14 décembre à 18h
dimanche 15 décembre à 17h
lundi 16 décembre à 20h30

Lamastre (centre culturel)
jeudi 12 décembre 20h30
vendredi 13 décembre à 21h

Chalencon (salle polyvalente)
dimanche 15 décembre à 20h30

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