LES GRANDES ONDES (À L’OUEST)

affiche les grandes ondesFilm de Lionel Baier
(Comédie – Suisse / France / Portugal – 2014 – 1h24)
Avec: Valérie Donzelli, Michel Vuillermoz, Patrick Lapp …

Avril 1974. Deux journalistes de la radio sont envoyés au Portugal pour réaliser un reportage sur l’entraide suisse dans ce pays. Bob, technicien proche de la retraite, les accompagne à bord de son fidèle combi VW. Mais sur place, rien ne se passe comme prévu : la tension est à son comble entre Julie, la féministe, et Cauvin le reporter de guerre roublard. La bonne volonté de Pelé, le jeune traducteur portugais, n’y fait rien : la petite équipe déclare forfait. Mais le vent de l’Histoire pousse le Combi VW en plein cœur de la Révolution des Œillets, obligeant cette équipe de Pieds nickelés à prendre part, et corps, à cette folle nuit du 24 avril 1974.

« Cauvin, grand reporter, vieux briscard de la Radio suisse romande, parle couramment portugais. Enfin, presque. Devant l’autochtone, il a tout de même tendance à improviser. Par exemple pour demander son chemin, il hasarde : « Lusitania, deusa mula ? » (Lusitania, la déesse mule ?). Voilà le genre de fantaisie décalée, de folie douce qu’on capte sur ces Grandes Ondes électrisantes. Le sujet à lui seul vaut son pesant d’emmental. En avril 1974, trois Suisses — pas la firme de vente par correspondance, mais une équipe de reportage — sont envoyés au Portugal. Sujet : que font ces braves gens « sous-développés » avec le soutien économique de l’opulente Confédération helvétique ? Des logements, des écoles ? Pas folichon, comme mission. D’autant que, sur place, nos Pieds Nickelés ont beau sillonner les routes, entassés dans un combi Volkswagen 100 % seventies, ils dénichent peu de preuves de ladite générosité suisse : une horloge et un robinet mélangeur par-ci, un terrain vague par-là… Or, pendant qu’ils battent vainement la campagne, un événement historique majeur se prépare à leur ­insu : la révolution des œillets, qui mettra fin à des décennies de dictature ­salazariste. De cette quête brinquebalante, de ce « rien » qui débouche sur un heureux bouleversement politique, le réalisateur (suisse) Lionel Baier fait un road-movie rythmé, une étude de caractères pleine de vivacité et de tendresse. Un film « d’époque » qui préfère capter la vie au présent et l’impact enivrant d’une révolution inattendue à une reconstitution nostalgique des années 1970. Avec les personnages, on goûte une certaine innocence joyeuse, et la fraîcheur de l’espoir, dans cette décennie militante et rêveuse. D’ornières en déconvenues, de coups de gueule en gags inventifs, ces héros embellissent malgré eux. Ils deviennent plus poétiques, plus attachants. En particulier Cauvin, le pro de la traduction surréaliste, le vétéran de toutes les guerres, hâbleur, vantard et macho se révèle un homme à bout, ­fêlé par la solitude, fêlé tout court. Sa mémoire s’effiloche, et les efforts qu’il fait pour tenter de la retenir sont infiniment touchants. Dans ce rôle délicat, où le comique se nimbe d’émotion, Michel Vuillermoz est magnifique. Il se délecte visiblement de la belle partition qu’on lui offre, tout comme ses complices, Patrick Lapp et Valérie Donzelli : en adorable « emmerdeuse », telle une Katharine Hepburn libre et féministe, elle fait des étincelles. »
Cécile Mury – Télérama

Séances

Vernoux (salle Louis Nodon)
mercredi 19 mars à 20h30
vendredi 21 mars à 20h30
samedi 22 mars à 16h
dimanche 23 mars à 20h30

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