LES HERITIERS

affiche Les HéritiersFilm de Marie-Castille Mention-Schaar
(Comédie dramatique – France – 2014 – 1h45)
Avec: Ariane Ascaride, Ahmed Drame, Noémie Merlant …

Lycée Léon Blum de Créteil, une prof décide de faire passer un concours national d’Histoire à sa classe de seconde la plus faible. Cette rencontre va les transformer.

« […] En touchant au thème ardent des banlieues ghettos, des établissements scolaires qui fabriquent l’échec scolaire à la chaîne, au repliement communautaire, à la montée de l’intégrisme dans notre société, Marie-Castille Marion-Schaar s’emploie à se battre pour une cause […]. Elle traite avec finesse, réalisme et dévotion, des enjeux sociétaux qui dépassent chacun, pour ne plus faire que la Une des chaînes d’infos en continue lors de dérapages. […] Elle s’insinue « entre les murs » pour capter la gouaille d’une génération, sans repères, entre incivilités et comportements primaires quand le cadre n’est pas là pour leur signifier intelligemment, non seulement les valeurs de la République, mais l’importance de l’Histoire et du devoir de mémoire pour mieux sortir de l’obscurantisme qui s’installe en coin de rue. La thématique est actuelle, et passer après La journée de la jupe et Entre les murs n’était sûrement pas une mince affaire non plus. Mais la démarche en retrait de la réalisatrice est exemplaire et lui permet de livrer une œuvre, peut-être pas aussi intense, mais au moins aussi importante. Elle laisse, sur des images de cinéma plutôt belles, la parole à de jeunes personnalités de différentes origines ethniques, attachantes, parfois hystériques, souvent explosives, mais toujours dans une forme de souffrance qui se manifeste de façon plus ou moins violente à l’adolescence, en fonction de l’environnement social, familial et de l’individualité du jeune. Son sens de l’écoute, la véracité du dialogue, la justesse du regard sur ce public dit difficile, rend pertinent cette approche qui aurait pu pourtant souffrir d’une volonté de la recherche d’émotions faciles face à une thématique casse-gueule : confronter des jeunes, pour certains de confession musulmane, à la Shoah. L’évolution des protagonistes, joués par des jeunes gens formidables de vérité, a pour miroir la détermination d’une prof à la foi inébranlable jouée par la toujours solide Ariane Ascaride, plus prof que nature. L’actrice semble être dans son milieu, au milieu d’une jeunesse qu’elle emmène sur les chemins glaçants de l’Holocauste pour une meilleure compréhension du monde contemporain qu’ils réfutent dans leur aveuglement. Mais celui-ci ne leur a-t-il pas été imposé par une société tout aussi sectaire dans son refus de l’ouverture ? N’y a-t-il pas à Paris-même des écoles elles-mêmes composées à plus de 80% de jeunes gens défavorisés alors qu’à 500 mètres l’on sélectionne pour satisfaire les grandes espérances des parents ? Les Héritiers, derrière ses valeurs fédératrices, abordent de nombreux thèmes complexes, sans jugement arbitraire, mais toujours avec l’envie d’élever les discussions. Un grand remerciement donc à la réalisatrice qui cherche à démocratiser sereinement le débat, afin qu’il ne se cantonne pas aux plateaux de télévision avec chroniqueurs politiques stériles ou à des discussions de quartier qui semblent perdues d’avance face à l’aveuglement des pouvoirs successifs qui n’ont jamais proposé de plans banlieues d’envergure, alors que les extrêmes montent de toute part. Les Héritiers est donc une œuvre salvatrice qui saura séduire les plus fermés au sujet. »
Frédéric Mignard – àVoir – àLire

Séances

Vernoux (espace culturel Louis Nodon)
vendredi 16 janvier à 20h30
samedi 17 janvier à 18h
lundi 19 janvier à 18h

Lamastre (centre culturel)
dimanche 18 janvier à 14h30
mardi 20 janvier à 20h30

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