LES NOUVEAUX SAUVAGES

affiche Les Nouveaux SauvagesFilm de Damián Szifron
(Comédie – Argentine – 2015 – 2h02 – V.O.S.T.)
Avec: Ricardo Darín, Oscar Martinez, Leonardo Sbaraglia …
Avertissement: certaines scènes sont susceptibles de heurter la sensibilité du public.
Séance unique à l’occasion de l’après midi « Argentine », en partenariat avec la Communauté de Communes du Pays de Vernoux

Une œuvre sombre, à mi-chemin entre comédie et tragédie, qui parle d’amour, de trahison, du retour du passé et de la violence sous-jacente dans notre quotidien. Ballottés par des bouleversements imprévisibles qui affectent leur vie, les personnages du film sont attirés par l’abîme et s’abandonnent au plaisir indéniable consistant à lâcher prise, finissant par franchir la frontière ténue entre civilisation et barbarie.

« Six contes aussi cruels que poilants de l’Argentin Damián Szifron. Un film-spectacle à la grossièreté assumée. Les Nouveaux Sauvages est un recueil de nouvelles dont il est difficile d’interrompre la lecture, tant chaque histoire ouvre l’appétit pour la suivante. Film à sketches de l’Argentin Damián Szifron, en compétition officielle à Cannes en mai dernier, le long métrage enchaîne six fragments reliés autour d’une catchline grossière : «On peut tous péter les plombs.» Les «sauvages», ce sont des anonymes, vieux ou jeunes, riches ou pauvres, qui se mettent à dériver et s’engouffrent tête baissée dans une spirale violente. Szifron filme avec délectation la brutalité de ses héros, la furie avec laquelle ils se mettent à canarder leur voisin. Son sujet n’est pas la société argentine qui sert de décor au film, ni même les raisons qui poussent ses personnages à tuer leur prochain (les comportements mafieux, les trahisons conjugales, l’administration enkystée et corrompue, la connerie tout court), mais bien la férocité en elle-même. Elle est un fil très mince mais assez solide entre chacun des six contes cruels. Dans le dossier de presse du film, le réalisateur écrit : «Ces histoires émergent de la zone la plus libre de mon imagination. […] Il est toujours question de catharsis, de vengeance et de destruction. Je pense souvent à notre société occidentale et capitaliste comme une sorte de cage transparente qui amenuise notre sensibilité et dénature nos rapports. [Le film] opère sur un ensemble d’individus qui vivent dans cette cage tout en ignorant son existence.» Et qui passent à l’acte. Six sketches donc, qui couvrent un champ très large de la violence et de la veulerie du genre humain. […] Tout ici manque de finesse, assume une grossièreté franche. L’image n’est pas très belle, la mise en scène semble ne s’être fixée que l’efficacité comme objectif. Et c’est justement ce qui fait le charme du film. Szifron s’inscrit – quasiment ouvertement – dans la lignée de l’Italien Dino Risi et ses Monstres, film à sketches de 1963 avec Vittorio Gassman, exercice de style sur la minabilité de l’âme humaine. Le même Risi affirmait : «Je déteste le moralisme et je préférerais toujours être cruel plutôt que de dire la « bonne » parole ou montrer la « bonne » attitude.» Szifron est un héritier de cette attitude, avec ses déluges de sales coups et de mesquineries. Il esquisse un cinéma qui s’insère dans un socle très divers de valeurs : les séries B, les films des années 70 tellement peu nobles qu’ils chatouillaient l’underground, voire tout le catalogue de René Chateau Vidéo. Mais, à cet esprit déjà très digéré par la cinéphilie mondiale – grâce notamment à Paul Verhoeven -, il ajoute une forme de halo très années 2010, des craquages en direct dans les émissions de télé-réalité ou des ados furax sur YouTube. Avec humilité, Szifron réinvente un panorama de références impures, partagées avec ses coproducteurs, les frères Almodóvar, et délivre un film-spectacle rempli de numéros sanguinolents, admirables et surtout très amusants. »
Clément Ghys – Libération

Séances

Vernoux (espace culturel Louis Nodon)
dimanche 15 mars à 16h

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