L’HOMME IRRATIONNEL

Affiche l'homme irrationnelFilm de Woody Allen
(comédie dramatique – USA – 2015 – 1h35 – VOST & VF)
Avec: Joaquin Phoenix, Emma Stone, Parker Posey …

Professeur de philosophie, Abe est un homme dévasté et dépressif. Peu après son arrivée dans l’université d’une petite ville, il entame deux liaisons. D’abord, avec sa collègue Rita, puis avec Jill, sa meilleure étudiante. C’est alors que le hasard bouscule le destin de nos personnages dès lors qu’Abe et Jill surprennent la conversation d’un étranger. De nouveau à même de jouir pleinement de la vie, Abe va déclencher une série d’événements qui le marqueront, lui, Jill et Rita à tout jamais.

« Gena Rowlands, dans Une autre femme, l’un des chefs-d’œuvre de Woody Allen, était prof de philo à la fac. C’était une évidence, attestée par tous les signes de la mise en scène : instantanément, on ne pouvait que croire à la profession de cette héroïne. Joaquin Phoenix, lui aussi, est prof de philo en fac dans L’Homme irrationnel. Or, dès son apparition, Woody Allen le filme comme une rock star déglinguée, sifflant du whisky au volant de sa décapotable. Il y a un drôle de hiatus entre l’attitude et le rôle. Un jeu, comme on le dit en menuiserie. Ce décrochage en annonce d’autres. Dans la filmographie du maître, le film se rapproche de Crimes et délits et de Match Point, deux tragi-comédies diaboliques, avec engrenage fatal. Le jeu se joue aussi avec les genres de cinéma. Ça commence comme une romance, ou presque. Le prof de philo dépressif et alcoolique, mais auréolé d’une brillante réputation, s’installe sur le campus universitaire d’une charmante petite ville. Il se laisse aussitôt porter par une affinité élective avec son étudiante la plus douée (Emma Stone, jeune première singulière, à la voix grave). Or rien ne s’enclenche. Sans désir, l’homme résiste aux avances de son admiratrice et ressasse sa déchéance d’« intello à bite molle », lui qui voulait changer le monde, jadis. Puis le film négocie un spectaculaire virage vers la noirceur, tendance sardonique, quand l’enseignant envisage soudain de commettre un meurtre, aux motifs altruistes, se persuade-t-il. Aux antipodes de la bien-pensance, Woody Allen propose donc un improbable éloge du crime, comme unique remède au vide existentiel. Les effets bénéfiques du projet démoniaque se voient très vite sur le héros : regain d’appétit pour tous les plaisirs de la vie, sentiments de puissance et de liberté. Bien sûr, les choses n’en resteront pas là, et plus dure sera la chute. Mais il faudra alors constater que le sauvetage in extremis de la morale doit absolument tout au hasard… Un sommet de cynisme, au sens philo-sophique, bien sûr. C’est l’humanité irrationnelle (les herbes folles, aurait dit Alain Resnais) que le cinéaste montre, au-delà du personnage principal. Autour de lui, chacun paraît prêt, à des degrés divers, à la transgression, au coup de ­folie. Chacun se laisse envoûter et envahir avant même d’avoir eu le temps d’y penser. L’étudiante se met à parler sans cesse, avec exaltation, du nouveau prof non seulement à ses parents, mais aussi à son petit ami — il n’y a que Woody Allen pour faire de la cristallisation amoureuse un tel spectacle comique. La maîtresse quadra (Parker Posey, ancienne égérie de Hal Hartley, dans un superbe come-back) veut, elle, tout quitter pour le philosophe. A son cher mari en larmes, implorant des explications, elle oppose un effarant « Réglons juste les détails pratiques ! » La pulsion est plus forte que la raison. Les faits ne cessent de déjouer nos principes et nos projets. Comme son héros, bassinant ses étudiants avec les limites et les failles de toute doctrine, le cinéaste martèle que rien n’est stable. Que nous devenons souvent méconnaissables, y compris à nos propres yeux. Reflets déformants dans une galerie des glaces de fête foraine ou effets d’optique au coucher du soleil : l’image, signée par le grand chef opérateur Darius Khondji, le dit aussi. Quelque chose, toutefois, demeure extrêmement paradoxal dans cette affirmation. Car la légèreté et le brio du film sautent aux yeux. En somme, ce chaos de la vie qu’on ne peut réduire à une théorie ni mettre en forme, Woody Allen, lui, en fait toujours aussi adroitement son affaire. »
Louis Guichard – Télérama

Ce film est précédé du court métrage
PATO EXTRATERRESTRE
Film de Pedro Sancho
(Fiction – Espagne / France – 2014 – 08’42 – VOST)

‘Quelle est ma glace préférée ?’ Tout n’est pas toujours aussi réel qu’on le croit. Une jeune femme se rend compte que son compagnon, ne la connaît que superficiellement…

Séances

Vernoux (espace culturel Louis Nodon)
samedi 14 novembre à 21h (VF VOST)
dimanche 15 novembre à 17h (VOST)
lundi 16 novembre à 18h (VF VOST)
lundi 16 novembre à 20h30 (VOST)

Lamastre (centre multimédia)
jeudi 12 novembre à 20h30 (VOST)
vendredi 13 novembre à 21h (VF VOST)

Bande annonce

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