LONE RANGER, NAISSANCE D’UN HEROS

affiche Lone RangerFilm de Gore Verbinski
(Western / Aventure – USA – 2013 – 2h29 – V.F.)
Avec: Johnny Depp, Armie Hammer, Tom Wilkinson, Ruth Wilson…

Dans Lone Ranger, naissance d’un héros, le célèbre héros masqué américain prend vie d’une manière inédite. Tonto, l’Indien plein de sagesse, raconte l’histoire méconnue qui a transformé John Reid, un ancien défenseur de la loi, en un justicier légendaire. Le tandem fait des étincelles et entraîne le public dans un tourbillon de surprises et d’humour. Ces deux héros à part vont devoir apprendre à faire équipe pour affronter le pire de la cupidité et de la corruption.

« Étrange film que ce Lone Ranger, à la fois conforme à ce qu’on peut attendre d’une production Verbinski/ Bruckheimer/Disney – c’est-à-dire une overdose de marketing, d’ironie, d’explosions, de Johnny Depp grimé… –, et néanmoins capable de nous surprendre constamment. Dix ans après Pirates des Caraïbes – La malédiction du Black Pearl, première adaptation cinématographique d’un manège de parc d’attractions, le trio infernal (le bon, la brute et les truands ?) s’attaque ici à un mythe de la culture populaire américaine, un western d’abord radiophonique dans les années 30, puis télévisuel à partir des années 50. Avant de devenir un justicier masqué nommé Lone Ranger, John Reid était un pied-tendre, préférant John Locke à la Bible (tiens donc), avocat urbain venu rejoindre son frère et sa belle-famille dans un Far West à peine desservi par le chemin de fer. Dans le train, il assiste à l’évasion du criminel Butch Cavendish (délicieux William Fichtner et sa trogne de vautour), et fait la connaissance de Tonto, un Comanche solitaire et mystique, auquel Johnny Depp prête ses yeux exorbités, ses pas alambiqués et son phrasé chamarré. C’est la première bonne surprise du film : l’acteur de Dead Man n’en fait pas trop, et la joue bien plus low profile que pour son Jack Sparrow. Associé à l’altier Armie Hammer, Depp ressort ses mille mimiques venues du muet, mais le fait ici avec une grâce inégalable. Il n’y a pas que Dead Man qui est évoqué : c’est la deuxième bonne surprise réservée par Verbinski. Celui-ci enchevêtre, avec une frénésie quasi tarantinienne, un nombre incalculable de références. Défilent ainsi devant nos yeux : Little Big Man (le récit en flash-back raconté par un vieil Indien), Il était une fois dans l’Ouest (la mafia du chemin de fer), La Prisonnière du désert (le ranger à la recherche de sa belle-famille enlevée), L’homme qui tua Liberty Valance (la justice versus la vengeance), La Horde sauvage (le massacre à la Gatling, au ralenti), Le Mécano de la General (ahurissante course-poursuite en train) – liste loin d’être exhaustive. Cette volonté de résumer tous les westerns en un, si elle est un peu bourrative – le film est beaucoup trop long, parfois brouillon –, est surtout réjouissante en ce qu’elle vise au spectacle total, candide plus que roublard. Lancé comme un train sans pilote, Lone Ranger s’enivre de lui-même et la joie finit par y dépasser le calcul. Enfin, la dernière surprise, la plus grande, tient au discours étonnamment progressiste, surtout de la part du très droitier producteur Jerry Bruckheimer. Surprend en effet la virulence avec laquelle il est affirmé que l’Amérique est fondée sur la spoliation et le massacre illégitime des Indiens, puis l’exploitation des immigrés chinois pour la construction du train, au nom d’un capitalisme rapace et d’une religion zinzin, tout ceci avec l’aval du soi-disant droit – auquel, d’ailleurs, le héros finit par ne plus croire, pour préférer la clandestinité et l’action directe. Deux hypothèses : ou bien Bruckheimer n’a pas lu le scénario, ou bien il s’est coltiné les intégrales de Karl Marx et Howard Zinn pendant l’hiver. Les paris sont lancés. »
Jacky Goldberg – Les Inrocks

 

Séances

Vernoux en Vivarais (salle Louis Nodon)
mercredi 21 août à 18h
samedi 24 août à 18h
dimanche 25 août à 21h
lundi 26 août à 18h

Lamastre (centre culturel)
vendredi 23 août à 21h30
lundi 26 août à 21h

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