MAGIC IN THE MOONLIGTH

affiche Magic in the moonligthFilm de Woody Allen
(Comédie romantique – USA – 2014 – 1h38 – V.O.S.T.)
Avec: Colin Firth, Emma Stone, Marcia Gay Harden, Hamish Linklater, Simon Mcburney …

Stanley Crawford, prestidigitateur anglais arrogant et grognon, ne supporte pas les soi-disant médiums qui prétendent prédire l’avenir. Se laissant convaincre par son fidèle ami Howard Burkan, il se rend chez les Catledge qui possèdent une somptueuse propriété sur la Côte d’Azur et se fait passer pour un homme d’affaires, du nom de Stanley Taplinger, dans le but de démasquer la jeune et ravissante Sophie Baker, une prétendue médium, qui y séjourne avec sa mère.

« En plein coeur des années 1920, Wei Ling Soo est le magicien le plus célèbre du monde. Sur scène, il vous fait disparaître un éléphant en moins de deux et téléporte instantanément son assistante d’un sarcophage à un fauteuil pivotant. Le grand public ne se doute évidemment pas que ce masque de Fu Manchu cache un Anglais encore plus british que le Pr Higgins de My fair lady. Snob, docte, arrogant, « aussi charmant que le typhus », comme dit son copain. Et c’est lui, précisément, le copain qui vient supplier Stanley Crawford (Colin Firth) de l’aider à sauver des amis. Là-bas, dans le Midi de la douce France, une aventurière américaine qui se prétend médium menace de se faire épouser par le fils de famille et financer par la mère, toute heureuse de parler, grâce à elle, à son mari défunt. Peut-être parce qu’il se masque lui-même, Stanley adore démasquer les charlatans. Les escrocs. Les adeptes des tables tournantes, les dingues de l’au-delà. «Le seul être vraiment surnaturel, grince-t-il, est celui qui vient vous surprendre, un jour, une faux à la main»… Sophie (Emma Stone) est mignonne. Visiblement douée. Et même impressionnante : un don incroyable pour deviner ce qu’elle ne sait pas… Peu à peu, Stanley sent la terre s’ouvrir sous ses pieds. Quoi, il se serait trompé sur toute la ligne : l’invisible existerait. Il y aurait un lien entre les vivants et les morts. La vie aurait donc un sens ? Mais alors, mais alors : l’univers, répondant à un dessein précis, impliquerait la possibilité de l’existence… de Dieu ! Nietzsche lui avait pourtant réglé son compte, à celui-là ! Abasourdi, éperdu, Stanley en arrive, dans un moment de découragement absolu, à implorer la miséricorde divine… Voir, chez Woody, un homme prier, ça cause un choc. Aurait-il, sur le tard, été saisi par la grâce, comme Paul Claudel derrière son pilier de Notre-Dame ? Qu’on se rassure, il demeure aussi cynique que jadis et plus sombre que jamais. Mais il n’est plus, désormais, le moraliste misanthrope d’Annie Hall, d’Hannah et ses sœurs et de Crimes et délits. Il ne cherche plus à faire entendre raison aux hommes, mais les accepte tels qu’ils sont, contra­dictoires et extravagants. Bien sûr, à ses yeux, ce sont les pessimistes qui sont dans le vrai : notre passage sur terre est un désastre, l’avenir ne peut être que funeste et l’éternité, on le sait bien, c’est très long, surtout vers la fin. Mais, à l’image de Stanley, les pessimistes n’offrent aux autres que leur cafard permanent, leur mal-être décourageant et des grognements plaintifs sur leur existence atroce. Pas terrible… Les optimistes, eux, sont des crétins absolus, totalement dépourvus de raison, de logique et de bon sens. Ils ressemblent — c’est terrifiant ! — au vieux couple observé à la fin d’un de ses derniers films, Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu : deux doux dingues, enfermés dans leur niaiserie comme dans un paradis factice et grotesque… Mais il existe, et Woody l’admet avec ce film, des êtres comme Sophie. Ce n’est pas un être candide, pour ça non. Ni pervers. Elle n’est qu’une magicienne utilisant son charme, ses pouvoirs pour rendre un rien plus plaisante la vie de ceux qui ont la chance de lui plaire. Elle est le je-ne-sais-quoi qui rend indispensable le presque rien. Et comme tout est faux ici-bas (ailleurs aussi, sans doute, à condition que cet ailleurs existe), pourquoi ne pas accepter le secours non de la religion, comme autrefois, mais de l’illusion… Magic in the moonlight est un film délicieux. Le plus délicieux des récents Woody. La lumière de Darius Khondji y est resplendissante. On y découvre, surprenante dans l’œuvre du cinéaste, une fête à la Gatsby. On y retrouve les silhouettes farfelues qu’il ­affectionne : ce grand dadais riche ­(Hamish Linklater), composant pour sa belle d’atroces ballades à l’ukulélé. ­Colin Firth, souvent fade, s’y révèle séduisant au possible face à Emma Stone, qui pétille d’intelligence. Les vingt dernières minutes du film sont dignes du théâtre de Marivaux. Et du cinéma d’Ernst Lubitsch, un superbe badinage autour du sentiment amoureux. Quant à l’opinion de Woody sur l’homme, suffisant et stupide, elle se résume à cette métaphore : «Le poisson rouge ignore qui change l’eau de son bocal.» »
Pierre Murat – Télérama

Ce film est précédé du court métrage
DANCING IN THE MOON
Film de Dave Fleischer
(Animation – USA – 1935 – 07’59 – V.O.S.T. )

Un voyage sur la lune est organisé pour les jeunes mariés. Les couples les plus variés se précipitent à l’embarcadère pour ne pas manquer le départ…

Séances

Vernoux (espace culturel Louis Nodon)
samedi 15 novembre à 21h
dimanche 16 novembre à 17h
lundi 17 novembre à 20h30

Lamastre (centre culturel)
jeudi 13 novembre à 20h30
vendredi 14 novembre à 21h

Chalencon (salle polyvalente)
dimanche 16 novembre à 20h30

Bande annonce

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