MARGUERITE

Affiche MargueritteFilm de Xavier Giannoli
(Drame – France – 2015 – 2h07)
Avec: Catherine Frot, André Marcon, Michel Fau …

Le Paris des années 20. Marguerite Dumont est une femme fortunée passionnée de musique et d’opéra. Depuis des années elle chante régulièrement devant son cercle d’habitués. Mais Marguerite chante tragiquement faux et personne ne le lui a jamais dit. Son mari et ses proches l’ont toujours entretenue dans ses illusions. Tout se complique le jour où elle se met en tête de se produire devant un vrai public à l’Opéra.

« Elle chante l’“Air de la Reine de la nuit” de Mozart, donne tout d’elle-même, mais sa voix est atrocement (ou génialement) fausse. C’est Marguerite Dumont, baronne du Paris des années 20, fondue d’art lyrique mais chanteuse nulle. Cet étrange être de fiction est inspiré par une certaine Florence Foster Jenkins, vraie cantatrice velléitaire qui avait déjà servi de modèle à un personnage de Citizen Kane. Xavier Giannoli semble reprendre ici un de ses thèmes favoris, l’imposture (A l’origine, Superstar…), mais il fait beaucoup plus et mieux que ça. Car l’imposteur est acteur conscient de sa duperie, alors que Marguerite ne sait pas qu’elle chante faux, et que son entourage se garde bien de le lui dire, par servilité ou par affection. Marguerite agite des questions complexes et cruelles. Que se passe-t-il quand on aime éperdument un art mais que celui-ci ne vous aime pas ? Déroger aux codes admis du beau n’est-il pas une forme de déconstruction, une mise en crise, un éclat dadaïste ? Est-il plus important de chanter parfaitement ou de s’investir totalement dans son désir (voire son délire) même si on est mauvais ? Giannoli brasse ce feuilleté de motifs avec virtuosité, fait de sa Marguerite un personnage aussi ridicule qu’émouvant et de son film autant une comédie qu’une tragédie. Il parvient à mener tout du long ces deux registres a priori contradictoires, tenant en haleine avec toute l’arborescence de son intrigue (va-t-elle apprendre à finalement bien chanter ? va-t-elle reconquérir son mari ? découvrira-t-elle la terrible vérité de sa voix ? si oui, comment la prendra-t-elle ?, etc). Au passage, Giannoli dresse le tableau vivace du Paris twenties (photo dé-saturée superbe), de ses marges artistiques, avant-gardes et freaks magnifiques, tout en effeuillant petit à petit le vrai sujet profond de son film : la libido féminine. Pour Marguerite, chanter est un acte existentiel et sexuel, c’est le substitut vital à un époux qui la délaisse mais auquel le film réservera aussi sa part de complexité. L’apprentissage du chant, c’est celui d’elle-même et de son corps, par lequel Marguerite devient femme, comme dirait Simone. Giannoli est servi par une Catherine Frot exceptionnelle, très bien entourée par le superbe cabotin Michel Fau, l’excellent André Marcon dans un registre plus intériorisé, ou encore le remarquable Denis Mpunga, qui incarne avec une sobriété souveraine le majordome aimant et protecteur de Marguerite. Drôle et bouleversante, cruelle et empathique, féministe et picturale : cette Marguerite, je l’aime un peu, beaucoup, passionnément. »
Serge Kaganski – Les Inrocks

Ce film est précédé du court métrage
AUBADE
Film de Mauro Carraro
(Animation – Suisse – 2014 – 05’25 – Sans dialogue)

Un soleil noir se lève sur le lac Léman. Dans un surréaliste contre-jour, plusieurs baigneurs et oiseaux aquatiques assistent au spectacle de l’aube, hypnotisés par la musique d’un contrebassiste.

Séances

Vernoux (espace culturel Louis Nodon)
samedi 10 octobre à 21h
dimanche 11 octobre à 18h
lundi 12 octobre à 21h

Lamastre (centre multimédia)
jeudi 08 octobre à 21h
vendredi 09 octobre à 21h

Bande annonce

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