MISS PEREGRINE ET LES ENFANTS PARTICULIERS

affiche-miss-peregrinneFilm Tim Burton
Aventure fantastique USA, Belgique, GB – 2016 – 2h07 – VF
Avec Eva Green, Asa Butterfield, Samuel L. Jackson, Judi Dench, Rupert Everett
2D & 3D
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Tim Burton retrouve ici intact l’art de nous émerveiller, de nous toucher au coeur, de nous angoisser et de nous faire accepter un monde impossible, comme à son âge d’or d' »Edward aux mains d’argent’. Qu’il en soit remercié sans réserve.
L’Ecran Fantastique

Un film époustouflant, qui peut faire peur et rire dans la même scène ! 
Le Parisien

Il se dégage dès les premières minutes de Miss Peregrine un sentiment d’étrangeté. Et c’est ce sentiment un rien déroutant qui fait aussi l’attrait du film, au-delà de la découverte d’un univers « particulier », des bizarreries de chacun.
Bande à Part

SYNOPSIS

À la mort de son grand-père, Jacob découvre l’existence d’un monde mystérieux. Plusieurs indices le mènent dans ce lieu magique : la Maison de Miss Peregrine pour Enfants Particuliers. Mais le mystère et le danger s’amplifient quand il apprend à connaître les résidents, leurs étranges pouvoirs… et leurs puissants ennemis. Finalement, Jacob découvre que seule sa propre « particularité » peut sauver ses nouveaux amis.

CRITIQUE

Todd McCarthy, critique de cinéma américain au Hollywood Reporter, écrit que Miss Peregrine aurait pu être un des meilleurs films de son auteur – une histoire originale et bien racontée – s’il n’avait pas versé dans une débauche d’effets spéciaux manufacturés dignes de n’importe quel blockbuster stupide. Cette opposition entre «bien fait» et «surfait» n’a malheureusement aucun sens devant un film de Tim Burton, cinéaste de l’effet spécial. Chez lui, le trucage n’est pas là pour rendre possible le récit, mais l’inverse : c’est la fable qui vient, comme en second lieu, donner un sens à l’artifice. Ses idées spéciales se trouvent des histoires à leur mesure, comme de purs effets qui, pour redoubler d’un plaisir artificiel, s’inventent des causes. Toutes ces histoires sont toujours la même, une fable unique qui transpose ou réfléchit, sur le plan du récit et sur le corps des personnages, le processus de fabrication des films. La question «comment un effet spécial peut-il prendre vie ?» devient, dans sa version narrative ou existentielle, «comment vivre quand on est spécial ?». Et plus Burton étend cette question à un maximum de dimensions (en faisant primer sur le reste l’effet spécial comme seule explication de tout ce qui existe), meilleurs sont ses films : ainsi, par exemple, le très lisse Charlie et la chocolaterie, génial de non-profondeur, était une fable sur la féerie de la marchandise dans un monde tout aussi lisse et entièrement composé d’effets spéciaux, notre monde au stade le plus avancé du fétichisme de la friandise.

Monstres géants et tentaculaires

Et voici Miss Peregrine et les enfants particuliers, une nouvelle histoire d’enfants spéciaux (adaptée d’un best-seller américain publié à l’attention de ces derniers) et du monde qui leur correspond. C’est l’aventure d’une découverte toute burtonesque, celle que fait un jeune garçon, Jake, vivant de nos jours en Californie, quand il constate qu’il fallait prendre à la lettre toutes les histoires que lui racontait son grand-père : aussi bien les «monstres» sanguinaires qui lui ont fait fuir l’Europe dans les années 30-40 que le foyer pour enfants «différents», doués de pouvoirs surnaturels, où il a trouvé refuge en Angleterre. Ces fables étaient des récits exacts, et non pas les métaphores édulcorées d’un temps historique de guerres et de massacres. Les monstres sont bien des monstres géants et tentaculaires, et les enfants sont, sans nul doute, invisibles, ou plus légers que l’air, ou doués d’une force titanesque, ou remplis d’abeilles, entre autres étrangetés et facultés plus ou moins utiles. Evénements réels donc, mais surtout actuels, puisqu’ils peuplent un temps parallèle encore accessible. Un temps spécial fait de la répétition en boucle de ces événements. Jake pénètre depuis notre époque dans cet autre temps (situé un seul jour précis de 1943) au moment où la répétition est menacée et attaquée de l’extérieur.

Le film tourne entièrement autour de cette idée de science-fiction bien connue qu’est la boucle temporelle ou «time loop», une figure à laquelle correspond en général un pessimisme historique grossier, la malédiction du retour du Même dans l’histoire. Dans Miss Peregrine, au contraire, la boucle temporelle où l’orphelinat subsiste, intact, est un refuge, un abri ouvert dans le temps linéaire catastrophique – qui est quant à lui peuplé de forces mauvaises, cherchant à rattraper et dévorer ce temps non linéaire pour percer le secret de la vie éternelle.

Le secret semble détenu par le personnage de Miss Peregrine (Eva Green), qui remonte tous les soirs le temps de vingt-quatre heures pour préserver ses protégés d’une bombe allemande, dont la chute est sur le point de dévaster le bâtiment.

Conséquences sans cause

Elle actionne un effet spécial, qui est le centre du film et dont procèdent les nombreux autres effets. S’ils sont tous plus spectaculaires les uns que les autres, c’est moins en raison de leur réussite technique que des possibilités infinies qu’ils offrent dans la vie – puisque le film raconte la découverte de leur existence réelle dans un monde ordinaire. Or, l’inversion temporelle est un effet spécial très simple, vieux comme le cinéma qui l’a rendue effectivement possible pour la première fois. L’obus remonte vers l’avion (il n’y a qu’au cinéma que le temps se sauve de lui-même) quand Eva Green remonte sa montre.

Burton trouve en elle un nouvel alter ego, dont le point commun avec Johnny Depp est d’être une actrice à effets – de ce type d’artificiers qui n’en feront jamais trop pour donner vie à de pures conséquences sans cause. Miss «Peregreen» et Tim Loop règnent ensemble sur leur orphelinat pour effets particuliers, un refuge pour effets sans parents. Ils ouvrent des boucles où il ne s’agit plus de remonter le temps pour modifier un événement et en conjurer les conséquences, comme dans la bonne vieille science-fiction causale, mais de quelque chose de plus intéressant, de plus proche du «film d’action», où il s’agit de faire avec – ou contre – ce qui arrive, indépendamment de son origine (et un effet spécial n’a pas d’explication hors de lui-même). Cette fable ne dit pas pour autant que l’histoire se répète sans qu’on puisse rien y faire, mais au contraire qu’il est possible de tordre le temps actuel pour en transformer et en multiplier les effets. N’est-ce pas ce que les blockbusters stupides et les programmes d’histoire scolaire ne racontent jamais aux enfants ?

Luc Chessel – Libération

Ce film est précédé du court métrage

johnny-expressJOHNNY EXPRESS
Film de Woo Kyungmin
Animation – Corée du sud – 2014 – 5’20

En 2150, Johnny, un facteur de l’espace plutôt paresseux, traverse le cosmos pour livrer ses colis. Son vaisseau se pose bientôt sur une très petite planète…

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