NO

affiche NOFilm de Pablo Larrain
(Drame / historique – Chili – 2013 – 1h57 – V.O.S.T.)
Avec : Gael García Bernal, Antonia Zegers, Alfredo Castro …

Chili, 1988. Lorsque le dictateur chilien Augusto Pinochet, face à la pression internationale, consent à organiser un référendum sur sa présidence, les dirigeants de l’opposition persuadent un jeune et brillant publicitaire, René Saavedra, de concevoir leur campagne. Avec peu de moyens, mais des méthodes innovantes, Saavedra et son équipe construisent un plan audacieux pour libérer le pays de l’oppression, malgré la surveillance constante des hommes de Pinochet. Voici un film qui donne la pêche, dont on ressort le sourire aux lèvres. A la fin de No (réponse que fit l’électorat chilien au referendum d’Augusto Pinochet), le mal est vaincu, la démocratie a triomphé. Pablo Larrain est au cinéma ce que le héros de No, René Saavedra, est à la communication politique. Un artiste en pleine possession de ses moyens. Ce qui lui permet de cacher soigneusement les effets secondaires de son film, qui se manifestent plus tard. Une fois dissipée l’euphorie que procure le spectacle de la chute d’une dictature, toutes les questions que l’on a maintenues à l’arrière-plan ressurgissent et No devient un autre film, plein de doutes et d’ambiguïtés, une œuvre politique qui déjoue les pièges du cinéma militant pour tendre ceux du scepticisme et de l’inaction civique. René Saavedra est issu d’une famille militante de gauche, mais affiche son apolitisme. Il est résolu à amener son pays jusqu’à la modernité qui, pour lui, s’exprime par la consommation allègre et massive de produits superflus que ses campagnes ont transformés en nécessités premières. Il est presque pris au dépourvu lorsqu’un vieux dirigeant de gauche le contacte pour lui demander d’élaborer la campagne télévisée de l’opposition démocratique. Il s’agit alors de surmonter la méfiance et l’apathie de l’électorat, qui est convaincu que les dés sont pipés, que le général sanguinaire s’est assuré de la victoire avant d’avoir engagé le combat. Saavedra accepte, en partie pour faire la nique à son patron de droite, Lucho Guzman. Le film mêle ensuite des séquences d’actualité, des extraits des vraies campagnes que menèrent alors les deux camps, et les efforts de René Saavedra pour convaincre les forces démocratiques chiliennes des vertus de la communication moderne. Ce que décrit Larrain de cette manière est en apparence une marche à la victoire. Et de fait, on jubile au spectacle des déconvenues successives du clan Pinochet, qui découvre que ce jeune homme dispose de moyens invincibles pour renvoyer les militaires dans leurs casernes. Ce film, passionnant de bout en bout, ne manque pas d’ironie. No, au contraire de son titre, est un film enthousiasmant, souvent drôle (avec une amertume palpable), galvanisant, qui clame le pouvoir de la communauté, du collectif et de l’humour.

Ce film est précédé du court métrage:

THE GREEK CRISIS EXPLAINED
Film de Nomint Motion Design (Animation- Grèce – 2010 – 2’44 » – V.O.S.T.)

Grèce, une jeune fille gâtée se fait dévorer par Dette, un énorme monstre. L’UE ne peut à elle seule aider Grèce. Et quand tout espoir est perdu, arrive le FMI…

Séances

Vernoux (salle Louis Nodon)
samedi 30 mars à 17h
dimanche 31 mars à 17h
lundi 01 avril à 21h

Lamastre (centre culturel)
jeudi 28 mars à 21h
vendredi 29 mars à 21h

Chalencon (salle polyvalente)
dimanche 31 mars à 20h30

Bande annonce

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