ON VOULAIT TOUT CASSER

affiche on voulait tout casserFilm de Philippe Guillard
(Comédie dramatique – France – 2015 – 1h26)
Avec: Kad Merad, Charles Berling, Benoît Magimel, Vincent Moscato…

Cinq amis depuis plus de trente ans, ayant renoncé depuis longtemps à leurs rêves d’adolescents, découvrent un beau jour que le plus assagi de la bande plaque tout pour faire son tour du monde en bateau. En comprenant ce que cache cette décision soudaine, cela réveille leurs plus vieux rêves… Où sont passés leurs 20 ans… Ceux de l’époque où ils voulaient tout casser.

« L’histoire ne le dit pas, mais on ne s’étonnerait guère que Christophe dit « Kiki », l’un des héros d’On voulait tout casser, ait vu Les Petits Mouchoirs. Dans le film de Guillaume Canet, sorti en 2010, l’un des personnages, Ludo, est victime d’un accident de la route. Très gravement blessé, Ludo attendra seul la mort sur son lit d’hôpital tandis que ses amis, considérant qu’ils n’y peuvent de toutes façons « pas grand-chose », partent comme prévu passer leurs vacances ensemble. Peut-être est-ce pour éviter cela que Kiki (Kad Merad) n’a pas dit aux siens qu’il avait un cancer, et qu’il ne lui restait que quelques mois à vivre. Et pour être vraiment sûr de ne pas mourir sur un lit d’hôpital, il s’achète un bateau, et annonce son départ pour un tour du monde dont il est seul à savoir qu’il ne reviendra pas. Prudent, Kiki ? Sans doute, mais plus encore soucieux d’adoucir le seul deuil dont ses amis ne se remettront jamais. Car l’amitié est tout pour Kiki, Bilou (Charles Berling), Gérôme (Benoît Magimel), Tony (Vincent Moscato) et Pancho (Jean-François Cayrey). A l’exception de Pancho, ils ont tous été malheureux en amour, et s’en sont plutôt bien remis. Leur amitié leur fait tout traverser, tout vaincre, les divorces et les galères, au point qu’on ne s’étonnerait qu’à moitié si elle guérissait les cancers. Peut-être Kiki a-t-il vu seul Les Petits Mouchoirs. S’ils l’ont vu ensemble, ils n’ont pas dû se sentir bien proches de ces relations amicales si troubles qu’on a souvent du mal à croire qu’elles en méritent le nom. Vrai film de potes, On voulait tout casser met au service de son éloge de l’amitié tant de vieilles ficelles que c’en est presque embarrassant. La musique y distribue ses pesantes faveurs en pilotage automatique : violons emportés quand Kad Merad, loin des siens, affronte la maladie, guitare mélancolique ou enjouée pour faire sonner les retrouvailles. On s’y taquine autour de bonnes bouffes, et on s’y tape dessus pour rire. On se tait presque toujours quand il faudrait parler, parce qu’on est des hommes, des vrais, et qu’on ne va pas faire dans le mélo. Mais la chorégraphie des accolades, bourrades et tapes sur l’épaule semble vouloir en dire plus long que les mots. Disons-le tout net : ce n’est pas franchement réussi. Mais ça l’est pourtant presque à force d’essayer. Jonglant difficilement entre la légendaire pudeur sentimentale des hommes et l’envie folle de se déclarer encore plus follement à travers ses personnages, le réalisateur Philippe Guillard (Le Fils à Jo) s’abandonne progressivement à la seconde pour arriver à un final d’un lyrisme que le film de potes n’avait peut-être jamais osé. On voulait tout casser est alors au seuil du ridicule achevé, et c’est à ce moment précis qu’il lui échappe : la digue cède sous de l’énormité sentimentale, et la vague emporte sur son passage le bon goût avec le mauvais. Qu’on ne s’étonne pas de poser alors un regard indulgent sur les grosses ficelles : l’état de choc, sans doute, ou la tentation partagée avec Kiki d’oublier Les Petits Mouchoirs. Ou la conscience béate que l’amitié, c’est beau, même quand ça se dit sans finesses. »
Noémie Luciani  – Le Monde

Séances

Vernoux (espace culturel Louis Nodon)
vendredi 03 juillet à 21h
samedi 04 juillet à 21h
lundi 06 juillet à 18h

Lamastre (centre culturel)
samedi 04 juillet à 21h
mardi 07 juillet à 21h (séance annulée)

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