PORTIER DE NUIT

affiche Portier de nuitFilm de Liliana Cavani
(Drame – Italie – 1974 – 1h58 – V.O.S.T.)
Avec: Dirk Bogarde, Charlotte Rampling, Philippe Leroy …
Film interdit au moins de 16 ans
Cycle « mémoire du cinéma » en partenariat avec Les Écrans

En 1974, le duo sulfureux du bourreau Dirk Bogarde et la victime Charlotte Rampling avait fait scandale à la sortie du film, qui fut ­interdit en Italie. Rampling torse nu et casquette de SS chantant Marlène devant une assemblée de nazis immobiles. La scène est là, intacte, troublante. ­Quarante ans plus tard, Portier de Nuit conserve son pouvoir de fascination, son parfum méphitique. Dans un hôtel viennois, en 1957, une ancienne déportée tombe sur son bourreau devenu veilleur de nuit. Regards échangés, frissons dont on ne sait s’ils sont d’angoisse ou de plaisir. Le mari chef d’orchestre ne se doute de rien. Au cours d’une représentation de La Flûte enchantée, les souvenirs remontent à la surface. C’était une demoiselle nue, fragile, apeurée. Lui, armé d’un revolver ou d’une caméra, la terrifiait et la protégeait. Leurs rapports défiaient la morale, les qualificatifs. Il était le bourreau, le sauveur. Elle était la proie, la victime. Le temps a passé. L’histoire recommence. Autour rôdent les anciens camarades de Max. Ils ne regrettent rien, essaient de se débarrasser de leur culpabilité. La méthode consiste à éliminer les témoins gênants. Max et Lucia se transforment en menaces. Leur amour est ­un scandale. Et ce film aussi, à l’époque. Avait-on le droit de résumer les camps de concentration à des repaires de ­sado-masochistes? Pouvait-on réduire le ­national-socialisme à une maladie? Vastes questions… Elles ne masquent pas la beauté sulfureuse de cette danse de mort. Avec ses cheveux teints et ses mines d’angelot pervers, Dirk Bogarde parcourt toute la gamme des sentiments, remords, angoisse, désir, violence. Charlotte Rampling médite allongée sur son lit, marche à quatre pattes comme un animal prisonnier, saute de l’innocence bafouée au vertige des sens. Avec ça, la panoplie funèbre: uniformes, brassards ornés de la svastika, bras tendus, manteaux de cuir, talons qui claquent. Ce Portier dérange toujours autant. La nuit n’en finit pas de se refermer sur le couple le plus décadent du cinéma.

Séances

Vernoux (salle Louis Nodon)
samedi 09 février à 20h30
lundi 11 février à 18h

Lamastre (centre culturel)
mardi 12 février à 20h30

Bande annonce

 

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