RAN

affiche-ranFilm de Akira Kurosawa
Drame – France, Japon – 1985 – 2h45 – VOST
Avec Tatsuya Nakadai, Nezu Jinpachi, Masayuki Yui
Ciné-mémoire

La splendeur des couleurs, le luxe des costumes, l’extraordinaire complicité (…) des paysages et des âmes, font de Ran une expérience très singulière et salutaire.
Le Monde

Ran n’est pas un film à lire, c’est un film à voir, une peinture en mouvement.
Télérama

SYNOPSIS

Dans le Japon du XVIe siècle, le seigneur Hidetora Ichimonji décide de se retirer et de partager son domaine entre ses trois fils, Taro, Jiro et Saburo. Mais la répartition de cet héritage va déchirer la famille.

CRITIQUE

Akira Kurosawa était fasciné par l’histoire de Motonari Mori, chef de guerre du xvie siècle, légendaire au Japon pour avoir su transmettre sa fougue, son courage, mais aussi sa sagesse à ses descendants. La genèse de Ran répond à cette interrogation : quel aurait été l’avenir de la famille Mori si les fils s’étaient opposés à leur père et s’étaient déchirés ? Le projet va ainsi glisser de la fresque médiévale à la tragédie shakespearienne, par une adaptation exemplaire du Roi Lear. Kurosawa transforme les filles de la pièce en fils, développe certains thèmes seulement esquissés par le dramaturge anglais (notamment la responsabilité du vieux monarque dans la folie autodestructrice de ses enfants), fusionne certains personnages secondaires et en imagine d’autres, saisissants — comment ne pas être impressionné par l’impitoyable Kaede, qui évoque autant Lady Macbeth que la femme-serpent du théâtre kabuki ? Les pentes du mont Fuji deviennent la scène d’un théâtre de bruit et de fureur, où les passions humaines conduisent inexo­rablement à la désolation. Les cadavres criblés de flèches s’en­tassent, un amputé tient son bras coupé avec sa main valide, les servantes se poignardent par fidélité envers leur seigneur et maître déchu (Tatsuya Nakadai, dont le jeu réussit la synthèse du réalisme occidental et de la stylisation du théâtre nô). Kurosawa organise ce chaos (ran, en japonais) en peintre du clair-­obscur et du rouge sang qui connaît son Caravage et son Paolo Uccello sur le bout du pinceau. Et le spectacle de l’horreur devient œuvre d’art.

Samuel Douhaire – Télérama

SÉANCES

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