REPARER LES VIVANTS

affiche-reparer-les-vivantsFilm de Katell Quillévéré
Drame
France – 2016 – 1h43
Avec Tahar Rahim, Emmanuelle Seigner, Anne Dorval, Bouli Lanners, Kool Shen

La beauté du film tient pour beaucoup à cette tonalité continue, ouatée, mélancolique, sonnée ; à cette façon de se positionner juste à la lisière entre le désespoir et la joie, entre la nuit et le matin, entre la vie et la mort, entre le songe et l’éveil.
Les Fiches du Cinéma

On est face à un mélodrame pudique, à l’émotion subtile, « Réparer les Vivants » bouleverse non pas par la tristesse des évènements mais la lumière qui les traversent.
Culturopoing.com

Le don d’organe n’est pas le sujet le plus aisé, mais Katell Quillévéré réussit un film sensible et, paradoxalement, solaire, jamais morbide.
Télé 7 Jours

SYNOPSIS

Tout commence au petit jour dans une mer déchaînée avec trois jeunes surfeurs. Quelques heures plus tard, sur le chemin du retour, c’est l’accident. Désormais suspendue aux machines dans un hôpital du Havre, la vie de Simon n’est plus qu’un leurre. Au même moment, à Paris, une femme attend la greffe providentielle qui pourra prolonger sa vie…

CRITIQUE

Sorti il y a seulement deux ans en librairie, en 2014, le roman de Maylis de Kerangal a remporté plusieurs prix littéraires et a fait beaucoup parler de lui, pour son propos, le trajet d’un cœur, de son donneur décédé, au patient transplanté. La question est toujours sur la sellette en France, au même titre que la transfusion sanguine ou la vaccination qui font débat. Pas facile d’adapter pour l’image un sujet qui met sur le tapis tant d’affect et un présupposé scénaristique de taille, puisque la famille du donneur et le récepteur doivent restés anonymes l’un pour l’autre, sans jamais se rencontrer. Avec entre les deux, tout le processus et parcours médical ad hoc, médecins, hospitaliers, administrateurs…

Ce n’est pas le moindre des défis relevés par Katell Quillévéré que d’être parvenue à sensibiliser son public à ce sujet si lourd, sans tomber dans le pathos. Ecueil qu’elle évite de tous les instant, en valorisant une sobre et élégante mise en images, tout en faisant preuve d’une belle inventivité dans la mise en scène, avec des acteurs inspirés autant qu’impliqués dans le projet. Emmanuelle Seigner et Kool Shen en couple dévasté par la perte de leur fils, Anne Dorval en cardiaque en phase terminale, Tahar Rahim en négociateur délicat entre les médecins et les parents du donateur…

Si « Réparer les vivants » joue la carte du réalisme, tant dans la psychologie des personnages que celui du milieu hospitalier et des images chirurgicales, le film ne tombe jamais dans le démonstratif et ce qui aurait pu être peu ragoutant à l’image, n’inspire jamais la répulsion tout en restant frontal. Katell Quillévéré joue d’une note graphique non négligeable en prise avec son sujet. Tout devient organique : la séance de surf visualise une mer aqueuse comme des fluides corporels, les rouleaux de vague sont comme des veines vues de l’intérieur, les couloirs d’hôpitaux, les tunnels urbains évoquent quelque circuits physiologiques… Une approche que ne dénigrerait pas un David Cronenberg, cinéaste de la chair et du corps.

Le milieu médical et hospitalier fascine. On ne compte plus le nombre de séries consacrées au sujet, d' »Urgence » à « Doctor House », ni les films, de « La Maladie de Sachs » à « Hippocrate ». Il inspire le romanesque car il met en équation la vie matériel et la mort métaphysique, avec au centre les sentiments. Les médecins et chirurgiens sont comme des messagers, des passeurs, investis d’une mission, que l’on assimile souvent à des prêtres, auxquels l’on se confie, pour ne pas dire se confesse, et remet sa vie entre leurs mains. Katell Quillévéré n’y déroge pas en auscultant toutes étapes du processus de transplantation, de la décision de la famille des donneurs à celle de la transplantée, en passant par les contraintes administratives, le rôle et l’investissement du personnel hospitalier, ainsi que le voyage qu’effectue l’organe de son point d’origine à son point de chute. On est toutefois loin du documentaire, le film étant imprégné d’une forte dimension dramatique, voire de suspense. « Réparer les vivants » fait du bien à l’âme.

Jacky Bornet – Culture Box

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