SAMBA

affiche SambaFilm de Eric Toledano & Olivier Nakache
(Comédie – France – 2014 – 1h58)
Avec: Omar Sy, Charlotte Gainsbourg, Tahar Rahim, Izia Higelin …

Samba, Sénégalais en France depuis 10 ans, collectionne les petits boulots ; Alice est une cadre supérieure épuisée par un burn out. Lui essaye par tous les moyens d’obtenir ses papiers, alors qu’elle tente de se reconstruire par le bénévolat dans une association. Chacun cherche à sortir de son impasse jusqu’au jour où leurs destins se croisent… Entre humour et émotion, leur histoire se fraye un autre chemin vers le bonheur. Et si la vie avait plus d’imagination qu’eux ?

« En apparence, Samba reconduit exactement la formule d’Intouchables, le précédent carton du tandem Toledano-Nakache, qui affola les curseurs du box-office en 2011 et dont on avait pu dire, à l’époque, combien son rire démagogique et son traitement maladroit sinon cynique des rapports de classes nous avaient paru insupportables. Sur le même air de fable réconciliatrice et thérapeutique, ce nouveau film entreprend à son tour de raconter la France, mais cette fois-ci par le biais d’une rencontre amoureuse. On y découvre le personnage de Samba (Omar Sy), un immigré sénégalais installé à Paris depuis dix ans, qui multiplie les jobs précaires et vit sous la menace permanente d’une expulsion. Arrêté après un contrôle policier, il fait la connaissance d’une bénévole d’association, Alice (Charlotte Gainsbourg, dont l’exigence du regard est pour beaucoup dans l’intérêt du film), une bourgeoise en plein burn-out qui a quitté son boulot afin de venir en aide aux immigrés. Elle et lui se rapprocheront, s’aideront et s’aimeront enfin, selon le protocole œcuménique si cher au duo Toledano-Nakache, qui consiste en un gommage utopique des différences de classes et d’origines. Mais si la finalité de Samba rejoint a priori celle d’Intouchables, c’est dans leur démonstration que les films diffèrent, et que le dernier trouve une certaine profondeur. La nouveauté se joue ici d’abord dans la manière quasi documentaire dont les cinéastes abordent leur sujet : de l’accent étudié d’Omar Sy à ses scènes de travail, nombreuses et détaillées, le film saisit avec acuité un Paris ouvrier et clandestin. Bien sûr, pour remplir le cahier des charges du feel-good movie, les auteurs ne peuvent s’empêcher des écarts fantaisistes, mais ils choisissent de baigner leur fable dans une eau plus réaliste, donc complexe. Et cet effort ne se niche pas que dans les détails ; il innerve aussi l’écriture des cinéastes, qui osent une ambiguïté inattendue. Samba raconte en définitive la même histoire qu’Intouchables : celle d’un bourgeois blanc handicapé (l’infirmité est ici affective, le personnage de Charlotte Gainsbourg étant dépressif et solitaire) qui, au contact d’un prolétaire, noir, retrouvera sa vitalité. La nouveauté est que cette vision utilitaire des rapports humains n’avance plus masquée. Il y a quelque chose d’un mépris de classe, d’un égoïsme qui résiste chez Alice, tandis que le personnage d’Omar Sy n’est pas qu’une béquille rigolarde, un bon Noir, mais un homme parfois trouble, capable de trahison, lui-même lucide sur le bénéfice qu’il peut tirer de son union avec une bourgeoise. Cette ambiguïté se diffuse jusque dans le versant romantique du film : la première scène de sexe est trop maladroite, trop sèche, pour ne pas y lire la conscience d’exploitation réciproque qui hante les personnages. On pourrait discuter de cette morale individualiste et cynique, mais la mise à nu de ses rouages, l’audace d’assumer une part d’obscurité au cœur d’un feel-good movie populaire constitue une vraie surprise. »
Romain Blondeau – Les Inrocks

Séances

Vernoux (espace culturel Louis Nodon)
vendredi 31 octobre à 21h
samedi 01 novembre à 18h
lundi 03 novembre à 18h
mercredi 05 novembre à 20h30
vendredi 07 novembre à 21h
samedi 08 novembre à 18h

Lamastre (centre culturel)
mercredi 29 octobre à 20h30
jeudi 30 octobre à 20h30
mardi 11 novembre à 18h

Chalencon (salle polyvalente)
dimanche 09 novembre à 20h30

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