STATES OF GRACE

affiche states of graceFilm de Destin Cretton
(Drame – USA – 2014 – 1h36 – V.O.S.T.)
Avec: Brie Larson, John Gallagher Jr., Kaitlyn Dever …

Sensible et déterminée, Grace est à la tête d’un foyer pour adolescents en difficulté. Parmi les jeunes membres de son équipe, diversement expérimentés, la solidarité et le bon esprit sont de mise. Jusqu’à l’arrivée soudaine d’une fille tourmentée qui ignore les règles du centre et renvoie Grace à sa propre adolescence… pas si lointaine.

« Petit bijou sorti dans un flot de dithyrambes aux USA durant l’été 2013, Short of term 12 (titre original) retrouve toute la grâce et la délicatesse du cinéma indépendant américain des années 90, quelque part entre les univers profondément fascinants de Hal Hartley, de Victor Nunez (Ruby in Paradise)… Ces productions lunaires desquelles on ressortait les yeux rougis, profondément émus, amoureux des protagonistes, allaient être systématisés par le cinéma de Sundance dans les années 2000, avec beaucoup de talent (Little Miss Sunshine) et surtout beaucoup d’esbroufe (Juno). Pour son premier long, Destin Cretton adapte un court métrage qui s’inspire de sa propre histoire d’éducateur, un job d’étudiant qui l’a profondément changé dans son rapport aux jeunes et au monde qui s’ouvrait à lui. Le métier éminemment social a forgé son caractère et visiblement son talent. Avec une finesse de psychologie qui donne tout son sens au métrage, il aborde les gros bobos de la vie qui prennent formes durant l’enfance et qui accentuent les failles de l’âme une fois adulte lorsque l’on doit se cimenter la carapace pour faire face aux difficultés d’être une grande personne. Le décor est posé avec légèreté lors des premières scènes. Un centre pour jeunes gens déphasés, hypersensibles, en proie aux grandes violences mentales qui secouent leurs petits êtres cabossés. L’humour de l’un des éducateurs et la maladresse du nouvel employé un peu dépassé par les premières crises allègent le ton, alors que le portrait d’ados criants de naturel dans leur détresse, appose une gravité réelle. L’espoir de meilleurs lendemains semble reposer sur le personnage féminin central joué par l’étonnante Brie Larson. Son approche, sa perception, sa compréhension des souffrances adolescentes dissimulent un lourd secret qui enfle progressivement, exacerbé par l’arrivée d’une jeune rebelle les nerfs à fleur de peau. Celle-ci ravive des angoisses existentielles que l’on pourrait qualifier de névroses qui vont nuire au couple de l’éducatrice et à l’équilibre de la jeune femme sur laquelle tout le film repose… Simple, mais infiniment gracieuse, la réalisation de Destin Cretton possède des vertus thérapeutiques, qui, accompagnée par la très belle composition musicale de Joel P. West, apaise les esprits après les avoir troublés non sans grande émotion. States of Grace possède ainsi toutes les qualités de ces petites œuvres précaires et délicates qui s’insinuent dans l’esprit pour dépasser les plus beaux espoirs de cinéma. Indéniablement un auteur à suivre. »
Frédéric Mignard – À voir-À lire.com

Séances

Vernoux (espace culturel Louis Nodon)
vendredi 23 mai à 21h
samedi 24 mai à 18h
dimanche 25 mai à 20h30
lundi 26 mai à18h

Bande annonce

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