TALE OF TALES – (LE CONTE DES CONTES)

Affiche Tale of TalesFilm de Matteo Garrone
(Fantastique – Italie- 2015 – 2h13 – V.O.S.T.)
Avec: Salma Hayek, Vincent Cassel, Toby Jones …
Avertissement: certaines scènes de ce film sont de nature à heurter un jeune public.

Il était une fois trois royaumes voisins où dans de merveilleux châteaux régnaient rois et reines, princes et princesses : un roi fornicateur et libertin, un autre captivé par un étrange animal, une reine obsédée par son désir d’enfant… Sorciers et fées, monstres redoutables, ogre et vieilles lavandières, saltimbanques et courtisans sont les héros de cette libre interprétation des célèbres contes de Giambattista Basile.

« Tale of Tales (Le Conte des Contes) partage avec Gomorra (précédent film de Matteo Garonne sur la mafia napolitaine) une ambition foutraque, une narration éclatée au service d’un récit foisonnant. Sous la forme d’un conte dont plusieurs histoires s’entrecroisent, le réalisateur s’attaque à la mythologie (où nous retrouvons les sempiternels ogres, reines-sorcières, princesses et autres vagabonds) et évoque avec modernité les arcanes du pouvoir où se déploient des ego démesurés. Un pouvoir qui corrompt et qui rend ces despotes dénués de tout discernement, obnubilés par leurs obsessions. Car derrière l’aspect suranné de ces histoires que l’on se raconte, Matteo Garonne s’affirme une nouvelle fois comme un cinéaste satirique. Trois rois donc, interprétés par Vincent Cassel, Toby Jones et John C. Reilly, et une reine (Salma Hayek). […] Des despotes que rien n’arrête dans leur quête effrénée de contentement personnel, poussés dans un élan de trahison à leur future perte. Entre réalité et fantasmagorie, Tale of Tales est un objet étrange dans lequel il faut accepter de se perdre. Matteo Garonne explique : « Les histoires racontées dans le Cunto de li cunti passent en revue tous les opposés de la vie : l’ordinaire et l’extraordinaire, le magique et le quotidien, le royal et l’obscène, le simple et l’artificiel, le sublime et le sale, le terrible et le tendre, des bribes de mythologie et des torrents de sagesse populaire. » Le film oscille entre la production heroic fantasy (et ses décors rococos) et l’univers de David Cronenberg également obsédé par la transformation des corps et des organismes. C’est d’ailleurs l’un des chefs opérateur du cinéaste canadien qui officie dans Tale of Tales, Peter Suschitzky, qui rend grandiose ces paysages pittoresques italiens et monstrueux les personnages qui muent tout au long du film. Tout cela bercé par les thèmes musicaux hors du temps mi-corde, mi-idiophone composés par Alexandre Desplat. Comme dans tous contes, il existe plusieurs niveaux de lecture et l’on prend un malin plaisir à suivre les péripéties des protagonistes. La porte d’entrée la plus évidente du film est liée à l’imagerie fantastique dont le spectateur se délectera volontiers s’il a gardé un peu de son âme d’enfant. De rebondissements en rebondissements, Tale of Tales ne déçoit jamais, tant sur le plan visuel que narratif. La profusion fellinienne du récit nous transporte au-delà des rêves, un cinéma baroque comme il s’en fait aujourd’hui trop peu. Seulement trois histoires ont été adaptées de l’ouvrage original de Giambattista Basile qui regorge encore de récits inexploités au cinéma mais qui ont inspiré les chefs d’œuvre des frères Grimm, Hans Christian Andersen et Charles Perrault. Les ingrédients sont là : les jeux de pouvoir et la puissance évocatrice de la fresque antique, un monde improbable que convoque régulièrement le cinéma mais aussi la télévision qui, avec Game of Thrones, a atteint le panthéon de la création. Car la forme narrative du film est sa plus grande force, en usant du montage parallèle pour insuffler un contre-rythme propre à celui des séries. Le Conte des Contes creuse ainsi son sillon, à la fois hyper-réaliste et artificiel, horrifique et flamboyant, renouant avec le spectacle pur du cinéma de Méliès.  »
Guillaume Louradour – àVoir – àLire

Ce film est précédé du court métrage
SAISON MUTANTE
Film de Jimmy Audoin & Delphine Chauvet
(Animation – France – 2009 – 04’30 – Sans dialogue)

Une bête sortie de nulle part déambule seule dans l’univers. Elle y subira d’inquiétantes métamorphoses et sera à l’origine de la naissance d’une étrange petite planète.

Séances

Vernoux (espace culturel Louis Nodon)
samedi 01 août à 21h
dimanche 02 août à 18h
lundi 03 août à 21h

Lamastre (centre culturel)
vendredi 31 juillet à 21h
mardi 04 août à 21h

Chalencon (salle polyvalente)
dimanche 02 août à 20h30

Bande annonce

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