TEL PERE TEL FILS

affiche tel pere tel filsFilm de Hirokazu Kore-eda
(Drame – Japon – 2013 – 2h01 – V.O.S.T.)
Avec: Masaharu Fukuyama, Machiko Ono, Lily Franky …

Ryoata, un architecte obsédé par la réussite professionnelle, forme avec sa jeune épouse et leur fils de 6 ans une famille idéale. Tous ses repères volent en éclats quand la maternité de l’hôpital où est né leur enfant leur apprend que deux nourrissons ont été échangés à la naissance : le garçon qu’il a élevé n’est pas le sien et leur fils biologique a grandi dans un milieu plus modeste…

“(…) Les films de Kore-Eda sortent régulièrement en France depuis une quinzaine d’années (After Life, Nobody Knows, Still Walking, etc.), parfois avec un vif succès public. Tel père, tel fils est l’un de ses plus beaux et lui vaudra peut-être une solide et définitive reconnaissance. L’argument fera penser au Prince et le Pauvre de Mark Twain ou à La vie est un long fleuve tranquille d’Etienne Chatiliez. Deux familles japonaises (l’une grande bourgeoise et snob, l’autre ouvrière et plus simple) sont informées par la maternité que leurs enfants ont été malencontreusement échangés à la naissance. Problème, les nourrissons sont des garçons de 6 ans au moment de l’annonce. Faut-il les informer de la méprise ? Les échanger à nouveau ? Qu’est-ce que la filiation ? Le biologique doit-il l’emporter sur l’éducation ? Kore-Eda aborde cette constellation de lourdes questions sociétales avec infiniment de tact, de délicatesse, de subtilité, comme s’il parvenait à édifier une cathédrale d’allumettes avec d’épaisses bûches. Les qualités premières de sa mise en scène sont la précision, la minutie et la patience. Le cinéaste prend d’abord tout son temps pour nous immerger au sein de ces deux familles, décrivant leur quotidien, leur milieu social, leurs comportements, leurs gestes, et tout ce que Bourdieu dénommait l’habitus. Kore-Eda s’attache particulièrement aux pères : l’un, prototype du cadre supérieur ambitieux, matérialiste, qui élève son fils à la dure pour en faire un futur soldat d’élite du libéralisme ; l’autre, grand enfant blagueur, papa poule-copain, qui n’a d’autre projet pour ses enfants que de passer de bons moments avec eux. Tout cela pourrait verser dans le cinéma sociologique, sérieux comme un mandarin d’université, paré pour illustrer une émission “débat de société”, si Kore-Eda ne portait un regard aussi fin et humoristique. Pendant la phase expérimentale lors de laquelle les familles échangent les enfants, leur quotidien est tissé de décalages, de malaises, de quiproquos qui peuvent être aussi drôles que douloureux. Le tsunami familial ne bouleverse pas que les enfants, mais aussi les parents, frères, sœurs… L’écart de tempéraments et de classes sociales induit aussi une réflexion sur l’éducation, processus que chaque génération de parents doit réapprendre éternellement et dans lequel le brouillon n’existe pas. Mais Kore-Eda ne théorise ni ne surplombe et reste toujours à hauteur du sensible et du quotidien. Jamais ennuyeux, le film est néanmoins relativement long, selon une architecture patiente et complexe qui rétribue le spectateur au centuple dans la dernière partie. Sans spolier la dernière ligne droite, disons qu’elle atteint un degré d’émotion dans lequel tout père et/ou fils (et peut-être mère ou fille ?) aura du mal à contenir ses larmes. Larmes de qualité, parce qu’elles n’auront pas été extirpées au forceps mais provoquées par la tranquille maturation d’un récit et de ses personnages, comme chez Chaplin ou Ozu. Références peut-être écrasantes, mais Kore-Eda s’en montre digne et redonne toute sa hauteur au genre casse-gueule du film familial. »
Serge Kaganski- Les Inrocks

Ce film est précédé du court métrage:
FLEUVE ROUGE, SONG HONG
Film de François Leroy & Stephanie Lansaque
(Animation – France – 2012 – 14’52 – V.O.S.T.)

Vietnam : les premières heures à Hanoï de trois jeunes frères fraîchement débarqués de leur village natal. Autour du pont Long Biên, trait d’union entre ville et campagne, ils croisent la route d’un jeune flic et d’une vendeuse ambulante.

Séances

Vernoux (salle Louis Nodon)
mercredi 15 janvier à 20h30
dimanche 19 janvier à 17h
lundi 20 janvier à 20h30

Lamastre (centre culturel)
jeudi 16 janvier 20h30
vendredi 17 janvier à 21h

Chalencon (salle polyvalente)
dimanche 19 janvier à 20h30

Bande annonce

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