THE LOBSTER

Affiche The LobsterFilm de Yorgos Lanthimos
(Comédie dramatique – Grèce – 2015 – 1h58 – V.O.S.T.)
Avec: Colin Farrell, Rachel Weisz, John C. Reilly, Ben Whishaw, Léa Seydoux …
Prix du jury – Cannes 2015
Avertissement:
certaines scènes sont de nature à choquer un jeune public.

Dans un futur proche… Toute personne célibataire est arrêtée, transférée à l’Hôtel et a 45 jours pour trouver l’âme soeur. Passé ce délai, il sera transformé en l’animal de son choix. Pour échapper à ce destin, un homme s’enfuit et rejoint dans les bois un groupe de résistants ; les Solitaires.

« Adepte d’un cinéma, pas tant radical que mal-aimable,Yorgos Lanthimos a frappé un grand coup sur la Croisette avec The Lobster. Si déjà, en 2010, son Canine avait secoué Un Certain Regard, on a été enchantés et bluffés que son entrée dans la compétition se fasse avec ce film étrange, jusqu’au-boutiste et étrangement accessible. The Lobster est un film d’horreur sur le sentiment amoureux aussi hilarant qu’angoissant. Au-delà de son pitch taré, extrêmement bien tenu, le film construit un univers froid, réglé, où le sentiment n’est plus quelque chose qui transcende mais bien qui se contrôle et s’organise. À l’heure de Tinder et de Meetic, difficile de ne pas voir la portée sarcastique d’un film qui décrit le totalitarisme amoureux et l’obligation du couple. Si l’on ricane un temps devant cet hôtel étrange où l’on vous apprend « qu’être deux c’est toujours mieux », le film saisit aussi très bien l’angoisse du solitaire dans un monde qui fonctionne par paire. Des rangées de tables unitaires face à des couples qui roucoulent, la gaucherie d’un thé dansant où l’on cherche à être aimé, la juxtaposition des chambres d’hôtel au lit single, Lanthimos distille graphiquement une peur sourde que la menace de la transformation finale renforce. C’est étrange, absurde évidemment, mais sacrément séduisant et efficace. Le film réussit à rendre compte de la violence quotidienne que produit une société où l’Amour est un Idéal nécessaire. Mais le réalisateur a l’intelligence d’aller un peu plus loin, quitte même à prendre le risque de sortir de la zone de confort que la première partie brillante de son film lui offrait. Tandis que son personnage s’échappe, le film s’amuse à prendre le contrepoint, c’est-à-dire à interroger la haine du couple. On pourrait trouver ça facile, d’annuler ainsi les points de vue. Pas si simple! La seconde partie, certes plus faible, réussit à dépasser la dimension totalitariste et dystopique du film pour creuser plus profondément encore dans les recoins sombres du sentiment. Don de soi, espoir, mensonge, cruauté, The Lobster interroge la relation à l’autre en montrant que tout tient d’un engagement compliqué et peut-être éphémère. La love story qui naît dans ce milieu hostile en devient doucement émouvante. Comme si ces célibataires résignés (résurrection totale de Colin Farrell, bluffant en héros sans qualité) s’offraient un dernier tour de piste, en faisant semblant d’y croire à nouveau. La force du film tient finalement dans son étrange acuité, dans sa manière de transformer les blessures narcissiques amoureuses en un univers cinématographique retors et entêtant. »
Renan Cros – Cinéma Teaser

Ce film est précédé du court métrage
L’ÈRE BÊTE
Film de Thomas Caudron, Laurent Mériaux, Ingrid Menet et Clément Tissier
(Animation – France – 2011 – 06’46)

Au Moyen-Âge, un gueux et sa truie sont invités à un carnaval où des hommes masqués jugent les animaux comme si c’était des humains. Nos deux héros sont emprisonnés puis jugés à leur tour…

Séances

Vernoux (espace culturel Louis Nodon)
vendredi 27 novembre à 21h
samedi 28 novembre à 18h
lundi 30 novembre à 20h30

Lamastre (centre multimédia)
jeudi 26 novembre à 20h30
mardi 01 décembre à 20h30

Bande annonce

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