THE PLACE BEYOND THE PINES

affiche the place beyond the pinesFilm de Derek Cianfrance
(Thriller – USA – 2013 – 2h20 – V.O.S.T.)
Avec : Ryan Gosling, Bradley Cooper, Eva Mendes …

Que trouve-t-on au-delà des pins, dans cet endroit mystérieux annoncé par le titre du film ? Une certaine idée de l’Amérique, la vraie. Celle de la violence héréditaire et de la pauvreté, où les hommes turbinent dans des garages miteux de l’eastern sauvage et les femmes s’épuisent au diner, tandis que les fils illégitimes noient leur chagrin dans la dope. Celle, aussi, qui sert de décor à l’existence minable d’un cascadeur à moto, Luke (Ryan Gosling), qui circule dans tout le pays avec une foire itinérante, pour cinq minutes de show, quelques dollars et l’illusion de la célébrité. Un jour qu’il fait escale dans l’une de ces villes désertées, où le temps semble suspendu, Luke apprendra d’une ancienne conquête (Eva Mendes) qu’il est père d’un jeune garçon. Lui qui avait toujours œuvré pour n’avoir aucune attache, pour se maintenir à côté de la vie et de ses contingences, décidera alors d’assumer ses responsabilités et de pourvoir aux besoins de sa nouvelle famille ; mais il le fera à sa manière, c’est-à-dire à la manière d’un garçon sans éducation ni conscience : par la bande, les braquages et le petit gangstérisme. À ce moment du film, on voit bien se profiler une suite au Drive de Nicolas Winding Refn, une autre love story croisée de polar vintage, cette fois-ci déplacée au centre de l’Amérique white trash. Ce que l’on n’avait pas prévu,c’est une violente rupture narrative qui vient éclairer le film d’une toute autre ambition. Soit un récit qui abandonne très vite son personnage principal, Luke, pour se consacrer à celui d’un flic zélé, lui aussi jeune père (Bradley Cooper), avant qu’un autre twist nous entraîne, quinze ans plus tard, vers le portrait de leur descendance. De l’infime romance à la tragédie majuscule, The Place Beyond the Pines dévie ainsi en puissante saga familiale, dépliant les trajectoires accidentées de ses nombreux personnages le long d’une fresque qui saute d’une époque à l’autre, digresse, et s’étourdit dans un vertige romanesque. Au cœur de cet écheveau d’histoires, dont la question majeure pourrait être “Que lègue-t-on à nos fils ?”, c’est bien sûr la faillite de l’american way of life qui s’écrit une nouvelle fois. Une saga 
pleine d’éclat, de drame 
et de nostalgie ; un film noir 
sur l’Amérique profonde 
dont le véritable intérêt 
et la particularité sont de relier des récits successifs mais distincts par le biais des liens 
du sang. On s’approche alors, sur 
un mode assez trivial, 
de certains mythes grecs, comme celui d’œdipe. Tout un bazar mythologique revisité avec foi par Derek Cianfrance, qui gravit un échelon après son Blue Valentine dont on retrouve ici le style paradoxal : ce mélange fragile de coquetteries indé et d’ultra-réalisme, de joliesse et de rugosité, comme une tension permanente entre le cliché et la fulgurance documentaire.

Ce film est précédé du court métrage:

NULLARBOR
Film de Alister Lockhart & Patrick Saurell (Animation- Australie – 2011 – 10′ – sans dialogue)

Un jeune punk bravache et un vieux mineur décontracté traversent la plaine de Nullarbor dans un road movie animé sans destination. Dans ce cadre aussi immense qu’aride, tout ce qu’il vous reste, c’est l’autre.

Séances

Vernoux (salle Louis Nodon)
samedi 04 mai à 18h
dimanche 05 mai à 17h
lundi 06 mai à 21h

Lamastre (centre culturel)
jeudi 02 mai à 21h
vendredi 03 mai à 21h

Chalencon (salle polyvalente)
dimanche 05 mai à 20h30

Bande annonce

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