TOM A LA FERME

affiche Tom à la fermeFilm de Xavier Dolan
(Thriller – France / Canada – 2014 – 1h42)
Avec: Xavier Dolan, Pierre-Yves Cardinal, Lise Roy …
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Un jeune publicitaire voyage jusqu’au fin fond de la campagne pour des funérailles et constate que personne n’y connaît son nom ni la nature de sa relation avec le défunt. Lorsque le frère aîné de celui-ci lui impose un jeu de rôles malsain visant à protéger sa mère et l’honneur de leur famille, une relation toxique s’amorce bientôt pour ne s’arrêter que lorsque la vérité éclatera enfin, quelles qu’en soient les conséquences. À beau mentir qui vient de loin…

« Enfantin, ce titre : il serait parfait sur un album pour la jeunesse ou sur une boîte de jeu. Mais cette innocence est évidemment trompeuse chez Xavier Dolan, l’enfant terrible du cinéma québécois. En quatre ans et quatre films, il a créé un univers où les sentiments flamboient avec style, qu’ils soient coupants (J’ai tué ma mère), idéalisés et irrésolus (Les Amours imaginaires), secrets et lyriques (Laurence Anyways). S’il prend, aujourd’hui, le chemin de la ferme, c’est pour y poursuivre son exploration des passions. Tout en se dépaysant vraiment. A la campagne, le jeune dandy urbain s’offre un frisson nouveau : prendre le risque de se retrouver face à l’inconnu… Voici, donc, Xavier Dolan, blond et déphasé, dans le rôle de Tom, un jeune publicitaire de Montréal roulant à travers champs pour rejoindre une énorme exploitation agricole. Il va y rencontrer une femme dévastée, mère d’un garçon qui vient de mourir et qu’il aimait, Guillaume. Le temps de cette visite à la ferme, Tom mettra sa propre vie entre parenthèses. Il ne dit rien de sa peine, ni de sa relation avec le disparu. Qu’il fait même passer pour l’amoureux fougueux d’une certaine Sara. La mère de Guillaume est heureuse : en entendant parler de son fils, elle retrouve le sourire. Tom va pouvoir repartir. Mais non, il choisit de rester. Sans l’avoir décidé vraiment, happé par un jeune homme : le frère de Guillaume, Francis. Qui a deux armes terribles pour le retenir. La terreur et la séduction. Avec Xavier Dolan, qui aime l’ambiguïté, peur et désir ne font qu’un. Il filme dans le noir le premier face-à-face entre Tom, endormi, et Francis, qui sort de l’ombre, le menace, se couche sur lui, l’étouffe presque. Ses intentions sont aussi obscures que la nuit. Tout en opposant d’emblée le gars des villes et le gars des champs, le film les réunit dans le mensonge. Chacun a renoncé à sa vérité. Tom la dissimule par pudeur et politesse. Francis cache la sienne par soumission aux conventions, mais surtout parce qu’il refuse d’admettre ce qui le rend violent, ce qui le pousse contre Tom, tout contre… Chacun semble être pour l’autre à la fois un ennemi, un nouveau frère, un amant. Attirance et répulsion attisent forcément la tension. Xavier Dolan en joue avec une maîtrise inattendue et un plaisir non dissimulé. Il rend hommage à Hitchcock à travers la partition, magnifique, composée par Gabriel Yared, mais aussi à travers la mère qui rappelle celles des Oiseaux et de Pas de printemps pour Marnie. Murée dans sa souffrance, qui peut virer à la colère, elle est la seule à représenter une folie, qui menace, en réalité, tout le monde. Cette femme autoritaire, possessive, a le don d’infantiliser aussi bien son fils que Tom : à son contact, ils semblent se complaire dans des comportements régressifs. Les voilà qui se courent après dans les maïs, comme des gamins. Mais la chamaillerie vire vite à la bagarre, qui dérape vers la tentative de meurtre. Tout en s’approchant, pour la première fois, du cinéma de genre, Xavier Dolan le subvertit. Construit comme un thriller psychologique, le film repose sur un duo-duel qui se révèle de plus en plus vénéneux, au fil d’un crescendo orchestré avec précision. Une méticulosité qui n’empêche pas une vigueur baroque. Soudain, Francis invite Tom à danser le tango dans une grange que l’on voyait plutôt comme le décor d’un piège brutal. Brusquement, une chanson sentimentale kitsch est jouée pendant les obsèques, sans nuire au climat inquiétant de la scène : l’église, lieu protecteur, devient une souricière. Xavier Dolan excelle dans cet art des mélanges à la fois audacieux et subtil. Et c’est en tant qu’acteur qu’il pousse le plus loin son envie de mixer des registres différents. Il donne à Tom l’allure d’un garçon rêveur, lunaire, puéril, fragile, mais fait de lui celui par qui le trouble arrive, et qui le provoque. Faux candide qui aime jouer avec le feu ou vrai naïf jeté dans la gueule du loup : le héros d’un film plaisamment périlleux. »
Frédéric Strauss – Télérama

Ce film est précédé du court métrage:
LA FEMME A CORDES
Film de Vladimir Mavounia-Kouka
(Animation – Belgique – 2010 – 15’16)
attention certaines images peuvent choquer le jeune public

Sébastien, un jeune homme d’une vingtaine d’années, entre dans un petit théâtre sur les conseils d’un inconnu. Gogol l’invite à regarder son show. Ce dernier s’amuse à malmener une femme devant un parterre médusé. Sébastien s’interpose, sans connaître les règles du jeu.

Séances

Vernoux (espace culturel Louis Nodon)
samedi 10 mai à 21h
dimanche 11 mai à 18h
lundi 12 mai à 20h30

Lamastre (centre culturel)
jeudi 08 mai à 20h30
vendredi 09 mai à 21h

Chalencon (salle polyvalente)
dimanche 11 mai à 20h30

Bande annonce

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