TOUR DE FRANCE

affiuche-tour-de-franceFilm de Rachid Djaïdani
Comédie dramatique
France – 2016 – 1h35
Avec Gérard Depardieu, Sadek, Louise Grinberg, Nicolas Marétheu, Mabo Kouyaté

« Tour de France » est un film simple, évident, un conte moderne contre les idées rances. Il est bon de se l’entendre raconter.
Studio Ciné Live

L’émotion sous-jacente et la délicatesse de certaines scènes (…) débarrassent le récit de tous les clichés dans lesquels aurait pu se fourvoyer cet appel à la tolérance et au brassage des cultures.  
A Voir à Lire

« Tour de France » dit avec simplicité comment l’incompréhension peut devenir un lien fort. Ce n’est jamais mièvre. Le jeune Sadek est impeccable. Depardieu porte ce message avec une élégante efficacité.
Le Parisien

SYNOPSIS

Far’Hook est un jeune rappeur de 20 ans. Suite à un règlement de compte, il est obligé de quitter Paris pour quelques temps. Son producteur, Bilal, lui propose alors de prendre sa place et d’accompagner son père Serge faire le tour des ports de France sur les traces du peintre Joseph Vernet.
Malgré le choc des générations et des cultures, une amitié improbable va se nouer entre ce rappeur plein de promesses et ce maçon du Nord de la France au cours d’un périple qui les mènera à Marseille pour un concert final, celui de la réconciliation.

CRITIQUE

En 2012, Rachid Djaïdani nous secouait avec Rengaine, un premier film fauché et buissonnier en banlieue. Il y a encore plus d’ambition dans ce Tour de France, où la forme populaire du road-movie devient un manifeste pour le dialogue et la réconciliation.

Farouk, jeune rappeur au flow prometteur (Sadek), se voit forcé de quitter Paname pour ne pas se faire « fumer » par un concurrent — un petit caïd qui confond le rap et la mitraille. Il accepte de servir de chauffeur à Serge (Gérard Depardieu), un ancien ouvrier devenu peintre du dimanche et décidé à faire le tour de tous les ports de France à la manière de Joseph Vernet, peintre du xviiie siècle. Entre le beauf misanthrope, raciste, et le rappeur issu de l’immigration, le contact est d’abord difficile. Serge ne loupe pas une occasion de stigma­tiser « les Arabes » et considère le rap comme du bruit. « Du bruit pour ceux qui font la sourde oreille », rétorque ­Farouk, qui en as ras la casquette de la discrimination, et pour lequel le 18e est, avant tout, un arrondissement ! Ambiance… Mais le jeune homme connaît aussi le répertoire de Serge Lama et se révèle un assistant éclairé pour aider l’« artiste » à choisir ses points de vue. Serge, quant à lui, se livre de plus en plus : son islamophobie viendrait, avant tout, d’une blessure filiale… Au fil d’une route qui mène à la Méditerranée, ponctuée d’incidents de parcours qui soudent — une panne de moteur, un contrôle d’identité où Serge prend, pour la première fois, « la défense d’un Arabe » —, l’empathie mutuelle va naître. C’est d’ailleurs en partageant une cellule de prison que les deux hommes ­s’accordent, pour la première fois, sur leurs maux, avec les mêmes mots : ceux d’un poème de Baudelaire.

Naïf ? Oui, mais justement. Rachid Djaïdani use d’une arme bouleversante : la candeur. Pourquoi n’y aurait-il pas une fraternité entre ces damnés de la terre, survivants d’un monde ouvrier désintégré ou représentants d’une jeunesse jamais intégrée ? Avec l’image d’une flaque de peinture azur sur du béton, le cinéaste rêve d’une France non plus bleu marine, mais bleu ciel… Ce Tour de France est aussi, et surtout, un tour de force grâce à son casting. Gérard Depardieu rappelle qu’il est une fusion sans égale d’impudeur et de délicatesse, improvisant un rap furieux sur la Marseillaise (séquence d’anthologie) ou pleurant, de dos, en écoutant Mon enfant, mon amour, de Serge Reggiani. Face à lui, le rappeur Sadek s’impose, pudique et inébranlable. Son rap qui « cultive l’espoir » donne ses lettres de noblesse au happy end de ce film, où la poésie supplée à la politique pour lutter contre les « gouffres amers ».

Guillemette Odicino – Télérama

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